Récit : La SaintéLyon 2018

Il s’agit bien de la plus difficile édition que j’ai faite. Ou tout du moins celle qui m’a demandé le plus d’effort. Je vous le dis finishers de cette SaintéLyon vous l’avez faite et vous avez fait preuve d’une volonté de fer pour franchir l’arche d’arrivée à la Halle Tony Garnier. Plus tard on fera référence à cette « édition 2018 de la SaintéLyon » comme d’une édition particulière, très éprouvante. Bref il s’agit d’un épisode que je qualifierais de dantesque.

C’est fini. Quel soulagement.

Je savais d’ores et déjà que j’étais moins préparé que les années précédentes pour cause d’une double infection contractée lors de mes 8 dernières semaines de prépa et pour cause de sommeil un peu haché par mes jumeaux de 15 mois très soucieux de m’apporter leur concours dans ma préparation à rester éveillé en pleine nuit. Je les en remercie.

Par ailleurs ce samedi matin sur les quais du Rhône après avoir retiré mon dossard en compagnie d’une grande star du Trail en la personne de Dawa Sherpa et alors que je m’apprête à aller chez Bernachon en voiture pour refaire mes réserves en tablettes et bonbons de chocolat / pralinés, je suis très contrarié par une cohorte de gilets jaunes me barrant la route sous mes yeux (cela s’est joué à 30 secondes). Je suis alors contraint d’annuler ma visite gourmande et de rebrousser définitivement chemin.

J’ai la chance de déjeuner au Sud invité par mon pote Sylvain. Bon je fais une petite erreur en choisissant un minestrone dont les haricots fermenteront dans mon tube digestif me causant une douleur / gêne jusqu’à Sainte Catherine. Je rentre chez ma belle mère à La Mulatière chez qui je loge dont la copro jouxte le parcours de la SaintéLyon (juste avant la descente vers l’escalier menant aux quais) si bien que l’on voit les coureurs passer devant les fenêtres à moins de 100 mètres à vol d’oiseau. 

Je ne me sens pas vraiment en forme. Je vais faire une sieste de près de 1h30 ce qui ne m’arrive jamais le jour d’une SaintéLyon. Le reste de la journée se déroule comme d’habitude : train pour Saint-Etienne et accueil par la famille à Villars pour une soirée hyper relaxante avec assoupissement de 21h à 22h. Cela dit, phénomène étrange, plus je m’assoupis plus je me sens crevé. Je me sens vraiment d’attaque pour … repasser sous la couette au plus vite courir une STL.

Avant le départ au chaud dans ma belle famille stéphanoise

C’est donc avec cette forme de titan, en carton, que j’intègre la première vague pour le départ à 23h30. Mon équipement est toujours très simple : un sac 1 L qui porte ma couverture de survie, mon gobelet et c’est tout. Mes flasques sont vides car je ne bois que lors des ravitos. Je porte une seule couche (maillot de corps) plus le Gore Tex impératif pour faire face à la pluie qui nous tombera sur la tête toute la nuit (ou presque). J’ai une batterie pour frontale car cette dernière est réglée sur 4 heures pour avoir une intensité de faisceau lumineux satisfaisant.

De Saint-Etienne à Saint-Christo en Jarez

Les sensations sont pourries. Je suis fatigué, mes jambes sont en coton et j’ai un estomac gonflé comme un ballon de baudruche (oui c’est de l’aérophagie). Je ne m’inquiète pas trop car je sais que mon temps de chauffe est d’au moins 2 à 3 heures sur tous mes trails et que bientôt j’aurai un ventre bien plat. C’est juste que je n’ai pas beaucoup de plaisir à arpenter cette première partie du parcours qui est pourtant belle. J’arrive enfin à Saint-Christo qui est un arrêt obligatoire pour moi pour boire et manger (car je n’ai pas de flasques ni de nourritures). A chaque ravito c’est très rodé je ne me pose aucune question existentielle ce sont deux gobelets de Coca et 3 tartelettes Diégo et vroum je continue mon chemin.

Arrêt de 1 minute 38 s au ravito de Saint Christo en Jarrez (km 19) après 1h58 de course à la 1047 ième position

De Saint Christo en Jarez à Sainte Catherine

Les sensations au niveau des jambes sont toujours aussi mauvaises. Il pleut un peu plus. Les chemins en descente où j’ai l’habitude « d’envoyer du lourd » habituellement sont hyper gras, et je ne brille pas vraiment par mon aisance. Je continue par me faire doubler alors qu’à ce stade de la course en général je dépose coureur après coureur. Cela ne va pas très très bien, le moral en prend un coup. Et toujours cette sensation d’avoir du coton à la place des muscles le long des jambes. Je me pose la question de savoir si je ramène ma capuche sur la tête qui est entourée d’un buff (foulard) pour me protéger de la pluie. Finalement je ne la mettrai jamais car je n’aime pas être isolé dans cette capuche dont le textile fait un bruit très irritant lorsqu’elle frotte contre mon foulard. Je préfère finalement conserver mon buff détrempé. Sainte Catherine se profile enfin. Enfin du réconfort ! 2 gobelets de Coca et 3 tartelettes diégo plus tard…ça repart.


Arrêt de 1 minute 55 s au ravito de Sainte Catherine (km 32) après 3h32 de course à la 869 ième position (gain de 178 places)

De Sainte Catherine à St Genou

Je me méfie énormément de la portion à venir car c’est là qu’est concentré le rallongement du parcours de cette SaintéLyon par rapport aux précédentes éditions (+9 kms). Et elle contient la montée du Rampeau qui est une côte à 20% sur 750 mètres de long. J’aime bien ces grosses montée car il y règne une ambiance monacale entre les coureurs. On monte en silence à la queue leu leu en partageant notre souffrance. Il ne faut surtout pas lever la tête pour ne pas voir combien il reste à arpenter. Non il faut regarder devant soi en mettant un pied devant l’autre et patienter. Et comme la montée se fait dans un sous bois au moins il pleut moins, c’est toujours ça de gagné. 

Nous traversons le magnifique village de Saint André La Côte pour initier la montée vers le Signal Saint André qui est le point culminant (934 mètres) de cette SaintéLyon. Et en chemin ma frontale envoie des flashs pour indiquer que la batterie doit être changée. C’était prévu pas de panique. Sauf que je vais devoir trouver un endroit éclairé pour ce faire ! Où vais je le trouver? Ici il n’y a pas de lampadaires. 

Finalement j’ai de la chance car juste avant le Signal on croise une route avec des voitures et des bénévoles. Youpiii. Sauf que j’ai les mains complètement gelées et détrempées. J’ai une très faible proprioception. Je m’approche d’une bénévole qui est équipée d’une lampe, je lui demande de m’éclairer, de m’ouvrir la fermeture éclaire de la poche ventrale de mon Gore Tex car je n’y arrive pas moi-même, mes phalanges sont pétrifiées.
Je lui demande de me prendre la batterie et je comprends qu’elle a l’instruction de ne pas me venir en aide (c’est le règlement). Cette opération de changement de batterie va me prendre au moins 4 minutes, j’ai l’impression d’être un petit vieux. Je rallume ma frontale et je ressens un bonheur immense de voir qu’elle se met à beaucoup mieux éclairer. Youpiiiiii !!! Je rejoins la cohorte ou chenille des coureurs en direction du Signal pour enfin basculer de l’autre côté. A partir de maintenant le parcours cumule plus de D- que de D+. Mais une grosse inquiétude m’étreint. Je commence à avoir hyper froid car je suis trempé, et le fait de m’être refroidi me glace le sang. Je m’explique : mon Gore Tex est super isolant face à la pluie…or il est également hyper isolant à  l’intérieur face à la transpiration qui détrempe complètement mon maillot de corps (1ère couche), transpiration qui ne peut pas être évacuée. Je commence à grelotter et à me demander si je ne suis pas en train de faire une hypothermie. Je me souviens avoir eu très froid l’année dernière sur cette même portion du parcours en raison d’un vent glacial (et je n’avais qu’une couche pour me protéger). Les choses s’étaient rétablies à la faveur d’un retour à une altitude plus basse et un parcours rejoignant les sous bois. C’est exactement ce qui va se renouveler. 

Et finalement je retrouve mes jambes. Les sensations sont revenues. Je regarde l’heure qu’il est à ma montre, elle indique 4h30. C’est justement l’heure à laquelle j’ai l’habitude de me réveiller naturellement pour courir tous les matins ! Est-ce une coïncidence ce « revival » correspondant à l’heure à laquelle mon organisme a l’habitude de se réveiller pour aller courir ? Existe-t-il un modèle chronobiologique, une mémoire de l’organisme qui a l’habitude de se mettre en mouvement tous les jours à la même heure ? Je n’ai pas la réponse, c’est juste une hypothèse. En tous cas je me mets à relancer même dans les faux plats montants !! J’ai vraiment du jus.

Et puis le brouillard s’invite à la partie comme si les seaux d’eau que nous recevons sur la tête depuis Sorbiers (km 6) ne suffisaient pas. C’est juste dingue. Brouillard plus sentiers boueux plus pluie =>> je crois que l’on touche le fond. La frontale loin d’éclairer crée un halo lumineux. Je ne vois même plus mes pieds. J’ai l’impression d’évoluer dans le nuage émis par un vaporisateur géant ! Je suis quasiment à l’arrêt, en panne sèche. Je suis dans une pente rendue dangereuse par ces conditions. Je ne vois juste rien. Ce qui me subjugue c’est qu’il y a quand même quelques coureurs dotés de super pouvoirs qui me déposent sur ma gauche comme si de rien n’était, ils filent à 10 à l’heure pas moins. Ils doivent avoir des émetteurs d’ultra sons à la place des orbites oculaires comme les chauve souris pour se diriger. Les hommes mutants existent j’en ai la preuve.

C’est décidé, je prendrai rendez vous chez un opthalmo à mon retour à Paris.

Et j’arrive au ravito de Chaussan Saint Genou et c’est juste la décadence. Le mouroir cette année s’est déplacé de Soucieu à Saint Genou. Le ravito est à découvert. La forte lumière des néons me permet de voir la mine des coureurs qui ne sont que le reflet de la mienne. On a tous des têtes de déterrés, les traits tirés, le visage et les imperméables ruisselants de flottes. De larges flaques d’eau parsèment le difficile accès aux tréteaux. Je prends mes deux verres de Coca et une madeleine bien dégueue en lieu et place des tartelettes diégo que je ne trouve pas. Normal, on le savait, il n’était pas prévu officiellement de fournir du solide sur ce ravito, c’est quand même une bonne surprise de voir quelques biscuits, chocolats, oléagineux de fortunes quand même…merci aux bénévoles. J’entends un coureur à côté de moi demander une navette de rapatriement, et il ne semble pas le seul à mettre le clignotant. Il en faut du courage pour repartir. Et je ne sais pas ce que je fais mais je vais et viens entre les « stands » comme si j’étais dans une foire ou marché de noël pour voir si je n’ai rien manqué. En fait je traîne à la recherche de gratification. « Reward ! Reward ! » me crie mon organisme/gouverneur central. J’ai besoin de réconfort. Mais je sais qu’il est vain de rester ici. Il faut se botter les fesses pour repartir d’autant plus que je commence à avoir froid. Je perds plus de 4 minutes à ne rien faire…

Arrêt de 4 minutes 10 s au ravito de Chaussan Saint Genou (km 47) après 5h31 de course à la 622 ième position (gain de 247 places)

De St Genou à Soucieu

De la boue et encore de la boue, des cailloux, des cailloux et des pierres et de la pluie.

Vivement le bitume en arrivant à Soucieu. Presque une délivrance. Et là c’est le juge de paix. Car la SaintéLyon commence là selon moi !

C’est le test  =>> Est-ce que j’ai assez de jus pour continuer en courant ou vais je rejoindre la cohorte des morts vivants des 20 derniers kms que j’ai l’habitude de nommer « la route des macchabées  » ?

Arrêt de 2 minutes 12 s au ravito de Soucieu (km 61) après 7h16 de course à la 502 ième position (gain de 120 places)

De Soucieu à l’arrivée en passant par Chaponost

J’avais indiqué dans mon précédent post qu’une SaintéLyon réussie pour moi signifiait de bien terminer les 20 derniers kilomètres. Et de les parcourir en 2h10 maximum.

Et bien je vais tuer le suspens. Je vais courir la portion restante en 2h10..et 36 secondes. 

Je tente tant bien que mal de mettre le turbo réacteur sur cette dernière partie. C’est une partie assez roulante avec une majorité de bitume mais dont les sentiers demeurent très boueux et assez compliqués au niveau du dénivelé notamment la montée des Lapins avec de grosses marches en bois qui retiennent la terre.

Le jour se lève juste avant que je ne rejoigne Chaponost. On peut éteindre les frontales. J’entends le chant du coq, c’est mieux que celui du cygne. J’ai encore du jus même si mécaniquement les jambes ont du mal dans les flaques et la gadoue qui transforment quelques portions en véritables patinoires.

Enfin voilà que se profilent Beaunant et son aqueduc…mais c’est quoi ce contournement vers la gauche devant une barre d’HLM ? Le tracé est contraint pour cause de travaux de dessiner une épingle à nourrice au pied de la toute dernière difficulté. Je ne déteste pas cette montée car elle permet de souffler, de monter en silence, de réfléchir au terme de cette épreuve. On sait que c’est fini, que le grand moment approche. On revoit toutes ces heures d’entraînement défiler dans sa tête, tous ces sacrifices. On pense à tous ceux qui nous ont permis d’arriver jusque là. Merci Laetitia, merci ma famille et belle famille pour m’avoir apporté le support voulu.

Et puis le parc aventure, le chemin qui longe le parc de la copro de Belle Maman où je réside le temps de ce WE singulier. Je regarde les fenêtres de l’appartement, aucune lumière. Belle Maman m’attends à Tony Garnier. « Dès que je pointe à Chaponost tu as une heure devant toi avant de me retrouver à Tony Garnier », telle était ma consigne. J’aurai mis 1h15…

Les escaliers du chemin Grapillon que je connais par cœur, les quais de Saône, Pont de La Mulatière, Raymond Barre et la voie est toute tracée. Les 2 photographes postés de part et d’autre du parcours sont en train, tous les 2, de nettoyer leurs téléobjectifs au moment où je passe devant eux : pas de bol je n’aurai pas de photo en train de courir avant mon entrée dans la Halle.

C’est terminé, c’est fini en 9h26 minutes à la 328 ième place.

Oui c’est ma SaintéLyon la plus éprouvante.

SaintéLyon 2018 : la stratégie de course, et espérances…

Ce matin j’ai terminé la plus importante séance de l’année ! C’est la toute dernière séance de tapering, la der des der, celle des tous derniers réglages qui aboutit à la conclusion : « j’suis bien crevé vivement que cela se termine ».

Je vois Paris s’éveiller tous les matins ou presque.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins à cette SaintéLyon. J’annonce la couleur (qui est peut être une couleuvre mais on ne le saura qu’après) : l’objectif pour moi est de courir la portion Soucieu / Lyon en 2h10 maximum.

Je m’explique : la plus grande satisfaction pour moi serait d’avoir réussi la gestion de ma course de manière à pouvoir continuer à envoyer sur les 20 derniers kilomètres.

Oui, pour moi « la SaintéLyon commence à Soucieu »

Voilà qui est dit. Je ne souhaite pas à l’instar de mes quatre premières participations « exploser en vol » après Sainte Catherine et participer à la cohorte des morts vivants incapables de relancer à partir de Soucieu où il reste 20 bornes !

Une stratégie très claire et implacable

Je pars doucement aux sensations en laissant les héros se cramer sur le bitume stéphanois et les récupérer un par un à partir de Sainte Catherine et mettre les gaz à partir de Soucieu et laisser les morts vivants marcher à partir de ce mouroir.

Les spécificités de ce parcours 2018 : cela va faire très mal

Autant le dire je crois que cela va faire très mal. Tout d’abord le rallongement de 9 kilomètres va énormément pénaliser ceux qui connaissent le parcours initial comme moi justement ! Pourquoi ? Et bien parce que justement on risque de trouver le temps extrêmement long à partir de St Christo en ne voyant pas Sainte Catherine arriver aussi vite que d’habitude. Même chose, mais en pire, partir de Sainte Catherine ! Par ailleurs comme la pluie est annoncée cette STL va ressembler à la MudDay ou à un parcours du combattant. Donc vraiment je pense que cette STL va être très difficile pour les connaisseurs et leur moral et moins pour les néophytes qui seront de toutes manières dans la découverte n’ayant pas de points de repères.

Le matos : on ne change pas une équipe qui fonctionne bien…même sous la pluie

Pour les chaussures : toujours et encore mes Hoka One One Speed Goat que j’utilise depuis presque 4 ans et qui m’ont accompagné sur 3 X-Alpine, 1 UTMB, 3 STL ainsi que sur toutes mes sorties Paris Intra-muros matinales aux Buttes-Chaumont.

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Maintenant venons en aux textiles :

  • 1 seule couche sous le Gore Tex imperméable : maillot noir manche longue Falke qui fait maillot de « juste au corps » 95% Polyamide et 5% Elasthane. Je pourrais m’en servir de haut de pyjama tellement j’y suis bien. Maillot identique à celui de l’année dernière.
  • Le Gore Tex pour faire face à la pluie et la boue. Non cela ne m’enchante pas mais il ne faudra pas y couper. C’est mon textile préféré de l’UTA ou de l’UTMB…
  • Collant noir Falke pour les jambes: identique à celui utilisé pour toutes mes STL.
  • Chaussettes courtes noires de runnings Falke : je n’utilise plus de paires soit disantes « pour l’hiver ». C’est exactement la même paire de chaussettes utilisée pour les semi / marathon / Ultra quelle que soit la saison, été ou hiver.
  • 2 buffs flaggés TVSB (nostalgie) de Compressport : un textile absolument génial made in Swiss. L’un pour le cou (le noir) et l’autre pour la tête (en jaune). Je les utilise été comme hiver et c’est juste incroyable : l’été c’est pour me protéger du soleil et l’hiver pour me protéger du froid. C’est magique.
  • 1 paire de gants flaggée SaintéLyon : en soie.
  • Frontale Petzl Reaktik + avec réglage via application Petzl sur 4 heures et une batterie que je changerai à St Genou.
  • Montre Polar VantageV : elle est bien lourde et je me demande encore à quoi cela sert d’avoir la puissance, le tracé GPS et le fait qu’elle te dise que tu as mal dormi alors que tu le sais déjà. Je pense que je rendrai l’accessoire à l’issue de la STL pour revenir à ma bonne vieille RCX5 qui m’a toujours donné entière satisfaction et qui contrairement à la VantageV a la fonction chronomètre.
  • Un « porte gobelet/couverture de survie/flasque »‘ de marque Salomon à contenance de 1L. Il n’y a que 3 poches à tout casser et pas de poche dans le dos mais comme je l’indique c’est juste pour porter 4 accessoires.
  • 4 accessoires :
    • La courverture de survie
    • 1 gobelet SaintéLyon pour prendre du Coca sur les ravitos
    • 1 flasque … que je ne suis pas sûr d’emporter puisque les ravitos sont suffisamment proches pour moi.

Et pour ceux qui ne connaissent pas mon niveau d’expérience sur la SaintéLyon : un cours de rattrapage s’impose ci-dessous

  • La SaintéLyon tous mes récits de course :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

SaintéLyon 2017 : 182 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 612)

La SaintéLyon 2018 : et si on parlait objectif de performance ?

Seule manière d’apprécier un objectif de performance : mettre en avant les chronos de mes 8 SaintéLyon précédents face au volume d’entraînement fourni cette année.

On voit assez clairement sur les tableaux ci-dessus qu’il y a une relation linéaire entre le volume d’entraînement des 8 dernières semaines et l’allure courue.

Quelques faits :

  • Mon allure la plus rapide : 6 minutes environ au km (c’est donc mon mur infranchissable). Je ne pourrai jamais plus courir aussi vite la SaintéLyon. C’est donc mon allure absolue, « ultimate » comme le disent les anglais.
  • Pour entrer dans le TOP 200 il faut courir justement à cette allure absolue de 6 minutes / km.
  • Cette allure correspond chez moi à une préparation en terme de volume de 700 kms courus lors des 8 dernières semaines.

Or je n’ai couru que 600 kms lors de deux derniers mois. Je n’ai pas pu fournir un tel volume. Je vous ramène à mon post sur la mise au point sur ma préparation.

Conséquence : cette année cela va être compliqué de récidiver !

Prochain post : la stratégie de course à mettre en place.

NB :  pour ceux qui n’ont pas suivi le lien vers la liste des 8 récits de course de la SaintéLyon : encore mieux que des souvenirs d’anciens combattants !

Liste de mes 8 récits de mes 8 dernières participations à la SaintéLyon

Vous me les réclamez à corps et à cris. Vous voulez vous replonger dans les 8 dernières éditions de la SaintéLyon vus par Grégo On The Run.

Et bien les voici, y’a plus qu’à cliquer sur les liens hypertextes :

  • La SaintéLyon :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

SaintéLyon 2017 : 182 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 612)

Prépa SaintéLyon 2018 : faisons le point

Comme à l’accoutumé lors de la semaine de tapering (affûtage) je fais le point sur la préparation à ce qui sera ma neuvième participation à la SaintéLyon.
 
Je ne rappelle pas ce que signifie le tapering ? Si ? Vous voulez ?
 
En français cela signifie affûtage. Néanmoins ce terme est un peu ambiguës car certains lecteurs comprennent que c’est la période où l’on doit s’affûter (maigrir) pour aboutir à son poids de forme. Non l’affûtage chez les anglo saxons désigne la période où l’on doit baisser sensiblement l’intensité de l’entraînement dans le but de récupérer et surtout permettre au corps de surcompenser. Surcompenser signifie que le corps un peu fatigué par tout le stress que vous lui avez infligé à l’entraînement va enfin se déployer tel l’incroyable Hulk et arriver à un « état de forme » (capacité à enregistrer une performance) supérieur à celui qu’il avait initialement (avant l’entraînement). Vous récoltez enfin ce que vous avez semé.
 
En l’espèce je réduis mes séances quotidiennes de CAP à 1h15 max jusqu’à vendredi, veille de la SaintéLyon.
 

Le point sur le volume d’entraînement des deux derniers mois

Alors concernant mon entraînement force est de constater qu’il a été moins poussé que lors des trois dernières années. Plusieurs raisons :
1/ Mes jumeaux sont très en forme la nuit et me l’ont fait savoir.
2/ Mes jumeaux ont également traversé des périodes de souffrance…qu’ils ont bien voulu partager avec leur papa (et pas avec la maman qui a été miraculeusement épargnée).
Cela s’est manifesté chez moi par l’apparition des symptômes de l’infection virale « pieds main bouche » que je ne vous souhaite pas de contracter un jour. En revanche je le souhaite pour mon pire ennemi, comme ça cela lui fera les pieds ! Vous attrapez une forte angine avec des cloques urticantes sur les mains et les pieds qui vous empêchent de dormir. Un vrai bonheur. J’ai attrapé cette réjouissance mi octobre alors que mes enfants ont été épargnés !!!! J’ai été contraint d’arrêter la CAP pendant 12 jours consécutifs.
Et cela ne serait pas drôle sans une belle gastro mi novembre (attrapée à la crèche comme 10 enfants environ) me contraignant d’arrêter la CAP pendant 4 jours consécutifs.
 
BILAN :
  1. sur les 5 dernières semaine j’enregistre un volume d’un tiers inférieur à celui qu’il était en 2016 et 2017. C’est à dire 60 heures de CAP sur les 8 dernières semaine (contre 90 heures en 2016 / 2017) à environ 6 minutes/km cela fait 600 kms de courus contre 900 kms.
  2. j’ai atteint mon poids de forme beaucoup trop rapidement que prévu avec une faiblesse musculaire certaine lors de mes reprises. J’avais des courbatures après ma première séance sur mon parcours préféré !

octobre18

 

novembre18

La suite de l’analyse au prochain épisode.

L’X-Alpine 2018 : le récit d’un coureur d’un UltraTrail en quête d’une troisième étoile

Il doit être minuit, je suis dans une forte montée en direction de la cabane de Mille. Je décide d’éteindre la frontale et de m’arrêter, peu importe le chrono. Je lève les yeux vers les étoiles. Le ciel est impressionnant. Tel qu’on ne le voit jamais proche des grandes villes. Un ciel limpide, constellé d’étoiles. Certaines ont des couleurs : est-ce Vénus qui est presque jaune orangée ? Tiens je reconnais la grande casserole et la constellation d’Orion avec cet alignement presque parfait de trois étoiles (enfin je crois ?). Je reste là, planté comme un piquet pendant au moins une minute, à admirer. Et j’ai une pensé pour ma plus belle étoile qui a 11 mois bientôt ;-). Je remets ma frontale…et je me dis que c’est bien pour ces moments de grâce que je pratique le trail.

Vendredi 6 juillet 2018

Je passe vite sur l’épisode du TGV Paris Lausanne annulé pour cause de grève et le stress pour trouver à J-2 une solution de secours qui coûtera le triple du billet initial. Mais avec François, mon ami finisher de la Eiger en 2017 et de la Mozart 100 trois semaines avant, on arrive à se débrouiller comme des champions. Nous sommes finalement à 16 heures au Châbles pour le retrait des dossards. Je retire également au stand Compressport ma nouvelle panoplie de Traileur flanqué des couleurs de cette dixième édition du TVSB. Avertissement au lecteur : je paye intégralement mon équipement et ne bénéficie d’aucune ristourne de la part de « partenaires » (terme qui veut dire : un fournisseur d’équipement ou de service qui file des avantages et/ou du matos à des bloggers pour que ceux-ci parlent – en toute indépendance – de leurs produits sur les réseaux … si possible en bien). Grégo n’est pas un vendu mais un « homme liiiiiiiiibre » comme le dit si bien Patrick Mac Goohan dans le générique de la série du Prisonnier ! 😉 Mais qui a dit que mon blog n’était pas culturel ?

Petite déception sur ce Tshirt de traileur Compressport spéciale édition 10ièm anniversaire du TVSB (Trail Verbier Saint Bernard), je pensais qu’il était de couleur noir ce qui me plaisait (en référence à la classe et au style d’un certain Lev Yachine gardien de but soviétique volant dans les airs). Or je m’aperçois qu’il est de couleur vert kaki foncé qui m’évoque plutôt la tenue d’un soldat de l’armée de terre. Comme quoi il faut toujours se méfier du calibrage de ses écrans.

rpt

Au retrait des dossards je tombe sur Ryan Baumann qui a terminé sur le podium chaque fois qu’il a participé à l’X-Alpine. Alors je m’empresse de lui demander quels sont ses secrets ? Et notamment sur la nutrition. Il me dit qu’il boit 0.5 litre par heure, qu’il mange ses propres barres, qu’il aime bien le Rivella (c’est quoi ce truc ?). Bon et bien je reste sur ma faim (admirez comme j’ai le sens de la formule !), je m’attendais à des révélations. Mais peut être que « Rivella » est LA « Révélation » (assonance magnifique non ?) ? Qui sait…

Avec François le soir nous allons près du départ pour participer à la Pasta Party organisée par un restaurant. Je prends un bon plat de pâtes et puis retour à l’hôtel Montpelier qui est sur le parcours. Je croise un traileur qui m’accoste et me dit : « c’est toi Grégo qui écrit des articles ? » Et moi un peu gêné, et un peu flatté à la fois… en fait je ne sais pas dans quel état je suis pour être franc. Parce que « être gêné » et « être flatté » à la fois, et bien ce sont deux émotions un peu contradictoires à gérer. Je souris et le remercie. Et franchement je tombe dans l’embarra quand il me dit qu’il s’est inscrit à l’X-Alpine grâce à moi et qu’en plus il a choisi l’hôtel Montpelier auquel je faisais référence. Ouh là là et je sens le poids de la responsabilité peser des tonnes sur mes épaules !!!! Grâce à moi ou à cause de moi… Et là devant le comptoir de l’hôtel je tombe de mon arbre lorsque l’on nous annonce qu’il n’est pas prévu de petit déjeuner pour les coureurs à 4 heures du matin ! Aïe. Et je m’en émeus auprès du personnel. Bref je fais mon « bon français » aimable à souhait en me plaignant que les années précédentes « il y avait bien un petit déjeuner de prévu », « si on a choisi cet hôtel c’est parce que… » avec ma tête des mauvais jours. Je me calme, fais amende honorable d’avoir été si désagréable. Je m’en retourne dans ma chambre. Je suis claqué de toutes manières. Je vais m’endormir dès 21 heures pour me réveiller à 2h50 d’un coup d’un seul. C’est énorme pour moi. Dormir d’une traite comme ça, cela ne m’est pas arrivé depuis…depuis presqu’un an ? Le fait d’avoir des lionceaux à demeure qui vont avoir 11 mois m’a plutôt habitué à des micro cycles de sommeil de 2 heures à tout casser, entrecoupés d’exercices physiques de type « pauses biberons », « remettage de tétines », « portages de poids de 2.5 kgs à 8 kgs » (avec le temps cela va dans un sens croissant, phénomène étrange).

Je suis en pleine forme à mon réveil et franchement c’est de très bon augure pour la suite. Pompes et douche froide : la morning routine sauf que tous les matin c’est pour courir 20 bornes en 2 heures alors que ce matin c’est pour 111 kms et 8400 de dénivelés + et -. J’arbore ma nouvelle panoplie « vert kaki treillis » à la place de ma traditionnelle tenue bleue Schtroumpf. Finalement je la regrette déjà ma tenue de Schtroumpf bleue.

Surprise à l’accueil de l’hôtel : un employé est bien présent pour nous servir un petit déjeuner ! Énorme. J’abuse de sa gentillesse pour qu’il me prenne en photo. Et regardez bien ci-dessous il me manque un accessoire qui aurait pu me mettre en grande difficulté durant la course. Quelques secondes d’attention, regardez bien. J’allais me rendre au départ en oubliant ……. devinez quoi ?

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…. en oubliant mon dossard que j’avais laissé soigneusement sur le bureau de ma chambre. Il s’en est fallu de peu. Voilà un nouveau chapitre à ajouter au recueil Grégo fait du trail après le chapitre « j’oublie de remplir mes flasques d’eau à Lourtier » le nouveau chapitre s’intitule « J’oublie d’accrocher mon dossard (et sa puce) avant de me rendre au départ de l’X-Alpine ». Je vous conseille de ranger l’ouvrage Grégo fait du trail sur votre étagère entre les BD de Frankin et les DVD de films de Jacques Tati pour les personnages burlesques au comportement un peu décalé et incohérents que ces auteurs dépeignent avec un talent certain. Mais qui a dit que mon blog n’était pas culturel ?

Avertissement aux lecteurs : Je ne touche aucune rétrocessions sur le chiffre d’affaire qui serait généré par la vente des ouvrages de Frankin ou les DVD de Jacques Tati suite à la lecture de mon article car comme vous le savez, je veux rester un « homme liiiiiiiiiiiiibre ». Même remarque suite à la vente des DVD de la série du Prisonnier dont j’emprunte, certes gratuitement, la citation pré citée.

En fait c’est en voyant un autre coureur prendre son petit déjeuner que je me rends compte de ma bourde.

Et on file au sas de départ. Il est 3h45.

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Ouhaaa superbe le podium !

Le départ est organisé comme à l’accoutumé. Nous avons droit à la récitation du poème Si Tu seras un homme mon fils de Rudyard Kipling. « Mais qui a dit que le trail n’était pas une activité culturelle ? » , promis j’arrête ! On nous passe « The final countdown » d’Europe et c’est parti ! Il est 4 heure du matin, je sais que je franchirai une nouvelle fois cette arche dans au moins 26 heures, mais dans l’autre sens. Après 111 kms et 8400 mètres de dénivelés positifs et négatifs.

X alpine profil

On attaque une première montée qui franchement n’est pas des plus simples surtout que j’ai toujours des jambes en bois quand j’attaque une course. Dans la montée quelqu’un m’interpelle : « Grégo comment tu vas ? ». Il s’agit d’un de mes lecteurs. Je lui demande comment il a fait pour me reconnaître moi qui pensais avancer masqué ? Il me dit que pour lui c’était assez simple. Il m’a reconnu « comme ça ». Je le remercie et suis assez surpris qu’il m’ait reconnu de nuit alors que je ne porte pas le costume bleu habituel.  Il est peut être temps que j’arrête d’être surpris que l’on me reconnaisse. Car finalement c’est assez rassurant de constater que l’on ressemble à … soi-même.

La descente sur Sembrancher est franchement compliquée pour moi. Je la trouve assez technique si on trébuche sur les racines des arbres qui affleurent c’est bien simple on tombe dans le contrebas qui ressemble à un ravin…au moins on descend plus vite. Cela dit je n’ai pas la dextérité suffisante pour vraiment me relâcher. Je trouve que c’est assez « risky » cette partie surtout qu’avec la frontale je vois assez mal. J’arrive après 1h30 de course comme d’habitude à Sembrancher il est donc 5h30 du matin, je range la frontale et m’hydrate d’un mélange de coca et d’eau comme j’en ai l’habitude sur tous mes trails.

Et j’attaque le « steak » de cet X-Alpine qui est servi dès l’apéro : Les 1900 mètres de dénivelé de ce Gulliver que l’on nomme Le Catogne et les traileurs des Lilliputs. Schtroumpf bleu, Lilliputs, manifestement je cultive le même thème. Il va falloir que je travaille dessus.

J’apprécie cette montée car la déclivité n’est pas redoutable, c’est long et c’est beau. Les rayons du soleil commencent à percer au dessus des cimes des massifs qui nous environnent. Et puis vient la partie minérale, le chemin de crête très alpin. Et enfin le sommet. J’arrive au faîte du Catogne sans difficulté particulière alors que l’année dernière je me sentais un peu en souffrance.

Arrivé au sommet j’exulte, je crie « on l’a fait ce Catogne » ! Or personne ne me répond ou plutôt je me sens regardé comme une bête curieuse. Mes autres collègues traileurs lèvent à peine la tête. C’est donc tout penaud, comme si j’avais fait une bourde, que je continue mon chemin en me faisant plus discret cette fois. « L’esprit Trail » c’est aussi se faire rabaisser son caquet sans en prendre ombrage.

On attaque la descente sur Champex lac qui est assez technique sur sa première partie  … mais également sur la deuxième il ne faut pas croire. Sur la première ce sont les rochers aiguisés comme des lames de rasoirs qui n’attendent que vous pour vous trancher tel une scie sauteuse (d’ailleurs on entend un hélicoptère au loin, c’est peut être pour le SAV) et sur la deuxième partie en sous bois ce sont toujours ces foutues racines d’arbres qui affleurent et qui sont là pour que vous vous crochetiez le pied. Franchement la nature est vraiment hostile.

Mais la descente sur Champex Lac (ici on prononce « Champey ») est splendide.

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J’arrive à Champex dans le même chrono que les deux années précédentes à quelques minutes près, ce qui fera dire à mon pote Sylvain (un 100 bonard et tri athlète dont voici le blog) que je suis réglé comme une pendule suisse.

Et après le magnifique terrain bucolique qui suit la ravito j’attaque cette montée que je trouve surtout extrêmement éprouvante dans sa première partie dans les sous bois. Des marches énormes où l’on est contraint de mettre les mains pour grimper ces énormes rochers, talus de terre. Ensuite le chemin est beaucoup plus minéral puisque que l’on traverse un pierrier et là encore je croise un lecteur : « c’est toi Grégo ? ». « Euh oui… « bon cette fois je vais arrêter de faire mon étonné. Je le remercie et lui dis qu’il est sur la bonne voie et qu’il faut continuer à mettre un pied devant et ne pas se poser de question tant que l’on peut avancer. Et là il me dit : « oui mais on est quand même partie à 1 heure du matin ». Cela dit je n’ai pas la capacité d’analyser l’information n’ayant jamais checké les niveaux des barrières horaires. En d’autres termes veut il me dire qu’à leur rythme bien qu’avançant, ils se verront rattrapés par le couperet d’une barrière à un ravito ?

Je continue et passe le col Breya où je demande au pointeur de me prendre en photo. Franchement c’est assez sympa de sa part. Il n’a pas que cela à faire mais accepte cordialement.

Et j’atteins la cabane d’Orny sans trop de difficulté. Et là je ne sais pas ce qu’il me prend, une envie, un désir. Mon cerveau me dit de boire du Rivella que les bénévoles me proposent. Et bien voilà la potion magique des suisses. Rivella qui contient du lactosérum et qui est vendu partout dans toute la suisse mais à l’exception de tous les autres endroits du monde : Rivella est devenu ma boisson énergétique favorite de ce trail.

Avertissement encore : bien entendu je ne touche aucun émolument de quelque nature que ce soit de la part du producteur de Rivella. Cela dit s’il avait quelques palettes à m’envoyer à Paris je ne dirais pas non.

J’attaque la descente assez vite d’autant que le temps se couvre et que l’on perçoit quelques fumerolles. La descente est relativement aisée même si sur la première partie qui se déverse en direction de Saleinaz je suis assez crispé sur mes appuis, j’ai assez peur de la chute. Statistiquement j’ai toujours chuté au moins une fois lors de TOUS mes trails. Cette perspective me rend extrêmement peureux prudent 🙂 C’est là où je me rends compte qu’à 45 ans les années qui passent ont un impact sur nos capacités. Très clairement j’ai perdu en adresse et réflexe. C’est assez net. Je ne peux plus me permettre d’envoyer dans la descente comme j’ai pu le faire…euh j’ai réellement pu le faire un jour ? Je ne m’en souviens pas puisque finalement j’ai commencé les Ultra en montagne que récemment. Ce qui est certain c’est que je ressens une appréhension dans les descentes que je n’ai jamais ressentie et je pense que cette peur ne me quittera plus dans les années à venir. Il faut être clair à partir d’un âge certain on ne peut plus jouer les cabris en descentes à 10 km/h sur des degrés de 20% avec pierres et cailloux qui affleurent.

La température est très clémente malgré le soleil qui revient. J’arrive au « ravito off » de Saleinaz et je bois correctement. Je me retrouve sur le chemin de la mort en direction de La Fouly. Et contrairement aux autres années je n’ai pas l’impression que cela soit si mortel que cela. Il faut dire que l’amplitude de température entre Orny et La Fouly n’est pas aussi sensible que lors des années précédentes. Donc non je n’ai pas d’angoisse de devoir abandonner. Je vais croiser avec grande peine François qui m’annonce qu’il abandonne. Cela me donne un coup sur la tête. D’ailleurs j’ai l’esprit ailleurs et je vais connaître ma première chute : et vlan je trébuche du pied gauche du côté de la pente et m’étale de tout mon long. Rien de grave mais il va falloir quand même que je m’y remette sérieusement. Alors j’ai une ritournelle en tête c’est un titre de Depeche Mode : Going Backwards. Oui je sais c’est très bizarre ce titre et paroles de chanson mais on ne choisit pas ce qui vous vient spontanément à l’esprit. C’est complètement ubuesque lorsque l’on doit aller de l’avant d’avoir une ritournelle qui s’intitule Going Backwards j’ai même la crainte que cela ne m’influence à « l’insu de mon plein gré » comme dirait l’autre. Alors je change les paroles en « Going Forward » comme ça c’est plus cohérent !

Sur le terrain j’arrêterai de poser la question de savoir combien il y a de kms d’ici La Fouly aux piétons. On m’annonce 4 kms… alors que manifestement il en reste au moins le double ! J’ai hâte d’arriver pour rencontrer mon meilleur supporter sur cet X-Alpine, toujours mon fidèle supporter à La Fouly, et à qui je dois les photos ci-après.

Super moment de détente avec Sylvain qui m’a mis de côté deux petites bouteilles d’eau pour pallier tout risque de déshydratation auquel je suis habituellement confronté sur la montée du col Fenêtre.

C’est parti pour l’ascension qui, il faut le dire, est plutôt reposante en direction du col Fenêtre. A noter que le parcours emprunte la route à un moment (on bifurque sur la droite en passant devant la terrasse d’un chalet) ce qui n’est pas le tracé habituel : clairement c’est moins beau.

Je ne souffre pas de déshydratation. J’arrive au col Fenêtre non sans m’être arrêté de multiples fois pour contempler les lacs d’altitude. Il faudrait que j’arrête ce mode « randonnée touristes en montagne » durant mes trails, cela éviterait non seulement de perdre du temps mais également de casser mon rythme. Je perds ma concentration après chaque arrêt et il me faut un temps certain avant de me remettre dans la course.

J’arrive au col du Grand Saint Bernard avec cette fois un retard sur tous mes derniers chronos. Je décide d’arrêter ce rythme de « Stop n Go ». Go Grégo, on va se fouetter pour aller au col des Chevaux en mettant le turbo (« et les chevaux »… non elle est nulle celle là).

Et effectivement je met la quatrième. C’est probablement mon ascension la plus rapide. Et de l’autre côté on va attaquer la descente sur Bourg Saint Pierre avec une lumière qui va devenir de plus en plus faible. J’aime beaucoup cette descente, elle est assez facile une fois le grand pierrier traversé. Et on longe une retenue d’eau que je trouve assez fascinante à ce moment de la journée, à savoir le Barrage des Toules.

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Après le calme, le bruit de la civilisation ou de la nature domptée par l’homme : le barrage et le tunnel pour voitures dont on entend le bruit des moteurs.

Finalement j’arrive à Bourg Saint Pierre dans les même temps que les années précédentes. Mais je me sens bien plus frais et n’ai pas l’envie d’y perdre du temps. J’ouvre mon sac de change pour prendre ma quiche lorraine, je bois encore du Rivella coupée avec de l’eau. Et hop, arrêt total de 10 minutes. On n’est pas là pour jouer à la belote même si je vois pas mal de coureurs affalés sur les tables pour une sieste. Quant à moi si je m’assied et bien je ne repars plus.

Je mets la frontale, la nuit est quasiment là. Et elle sera longue puisque je sais que je n’arriverai qu’au petit matin. Il reste deux cols : celui qui mène à la cabane de Mille et… The Mur (Lourtier / La Chaux).

Comme dit en préambule je contemple durant une minute notre voûte étoilée. Mes connaissances en terme d’astronomie se limitent à la reconnaissance de la grande casserole et d’Orion (et encore je ne suis pas certain que cela soit vraiment Orion). Là j’atteins mes limites en terme de culture astronomique. Je le reconnais, Grego On The Run est un blog culturellement limité en terme de reconnaissance de constellations.

En fait on ressent de la lassitude sur ce col. Lorsque l’on perçoit la lumière de la cabane de Mille on pense que l’on est bientôt arrivé alors que le chemin qui y parvient emprunte une corniche qui est très très longue. Je m’explique : à vol d’oiseau en fixant un treuil la cabane est presque à portée de main, or pour y accéder le chemin de corniche est très long car vous avez juste un énorme vide à contourner. Maintenant rien ne vous empêche de venir avec votre delta plane pour tirer un trait bien rectiligne : en moins de 3 minutes c’est plié. A pied… compter 1 heure au moins.

A la cabane de Mille, j’entends un traileur qui me dit « Grégo tu n’oublieras pas de remplir tes flasque cette fois à Lourtier ! ». C’est assez sympa, je me suis encore fait reconnaître. Il est de nationalité suisse. Impossible de me souvenir de son nom. Je demande aux bénévoles qui est le vainqueur de l’X-Alpine. Ils me répondent qu’ils ne connaissent que le résultat du match de foot de la coupe du monde. Et moi de répondre :  quel match ? Ah Angleterre …Danemark ?? Ne m’en voulez pas mais les capacités cognitives après presque 24 heures de courses sont assez limitées. Vous allez vous dire qu’en plus de mon inculture en astronomie je suis nul en culture footballistique. Et vous aurez raison…à l’exception de l’AS Saint-Etienne ! Et encore des années Larqué et Platini.

Bon c’est pas tout mais il faut attaquer cette descente sur Lourtier et se chauffer pour attaquer « The Mur » qui lui succède.

Dans la descente il commence à faire chaud. Alors toujours cette interrogation, je m’arrête, je m’arrête pas pour enlever mon coupe vent que j’ai mis au col de Grand Saint Bernard et jamais quitté depuis ? C’est toujours pénible de devoir s’arrêter pour se changer, cela casse le rythme et puis on n’a plus d’énergie pour le faire. Alors je préfère supporter la chaleur et l’étuve de mon Gore Tex. J’arrive à continuer à courir sur le contrebas en arrivant presque en vainqueur à Lourtier. J’ai vraiment la pêche. Et puis nous attend un risotto qui va me remonter assez vite. J’ai besoin de salé. J’en profite pour enlever mon Gore Tex. Je ne traine pas non plus. Aussi vite avalé mon plat de risotto très compacte tel une plâtrée de porridge j’attaque The Mur non sans m’être bien hydraté en Rivella et remplie une flasque entièrement. Je sais qu’il fait beaucoup moins chaud que l’année dernière.

Je vais battre mon record de l’ascension de Lourtier La Chaux et ses 1200 mètres de D+ en 2 heures pile. C’est dur mais finalement moins que dans mon souvenir…enfin le chemin de corniche après la forêt est quand même assez costaud, on pense être arrivé et finalement cette corniche à ciel ouvert est assez pentue si bien que de nombreux coureurs sont assis sur le bas côtés, il y en a même qui dorment. J’entre dans le ravito de La Chaux pour n’y rester qu’une minute, je ne suis pas là pour prendre un demi. Je ne suis jamais arrivé aussi tôt à La Chaux. Je ne quitte pas la frontale alors que d’habitude je pouvais me le permettre, l’aube était déjà là.

Je sais que je suis sur le rythme de mon meilleur chrono et que je peux assurer sur la descente sur Verbier. Yes ! Bon je vais tout faire pour éviter le drame de me prendre les pieds dans les racines d’un arbre et de se blesser si près du but !

Le chemin remonte sur la droite, c’est tout bon. J’arrive et je vais pleinement profiter de ces derniers moments de bonheur d’être bientôt finisher, qui plus est en signant mon meilleur chrono.

Done !

Nous étions 494 coureurs au départ. Il reste 270 finishers (taux d’abandon de 45%).

Je termine en 25h46 à la 82 ième position au scratch soit dans les 30% des finishers et 18% des partants.

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Je ramène une belle troisième étoile à ma plus belle étoile. Et quant à mon fils il s’est bien accroché au maillot de finisher. Il a déjà bien compris ce qui avait de la valeur ! C’est bien mon fils, c’est bien. ;-))

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X-Alpine 2018 : espoir de performance, temps de passage, équipement et tutti quanti

L’objectif numéro 1 :

ETRE FINISHER et de retour à Verbier après 111 kms et 8400 mètres de dénivelé plus et surtout 8400 de dénivelés en négatif.

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NB : les dénivelés négatifs dont les descentes à 30% sur Le Catogne par exemple sont très traumatisants, on le paye 24 heures après. Je ne le répéterai jamais assez : dans les Ultra Trail à fort dénivelé le plus difficile à gérer ce sont les descentes et non les montées (certes fatigantes). Les descentes sont « traumatisantes » pour les fibres musculaires et source de multiples inflammations qui enverront de méchants signaux à votre Gouverneur Central qui en retour voudra vous faire arrêter en mettant votre tableau de bord au rouge.

L’objectif numéro 2 : La secondaire

Se faire plaisir et profiter du paysage.

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L’objectif numéro 3 : La subsidiaire, la cerise sur le gâteau

Éventuellement faire un chrono. si les jambes sont bien présentes.

Voici mes chronos sur les deux dernières éditions.

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Je tenterai d’égaler les chronos de 2016 et de terminer en moins de 26h30 (soit une arrivée à moins de 6h30 du matin dimanche).

Le matos le plus important :

  • Les lunettes de soleil
  • La crème solaire écran total XXL
  • Le buff de protection tête et cou

La stratégie de course :

  • Partir très tranquillement et monter Le Catogne et Orny en sous régime.
  • Ne pas craindre d’être complètement entamé sur la « route de la mort » en direction de La Fouly qui est le mouroir de l’X-Alpine. Résistez à la tentation d’abandonner. Mettez un pied devant l’autre et faites le point au col du Grand Saint Bernard. Vous changerez alors d’avis.

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  • Impérativement bien boire à La Fouly et partir avec les flasques pleines + 2 bouteilles. Relisez mes deux dernières récits, je suis à chaque fois mort de soif avant d’atteindre le Col Fenêtre malgré des flasques pleines au ravito de La Fouly.

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Les citations de l’X-Alpine :

  • Avoir en tête la citation suivante : « Ne pas craindre d’être lent, mais craindre d’être immobile ».
  • Citation numéro deux qui me fait bien marrer mais que vous êtes susceptible d’entendre au départ : « Une douleur éphémère pour une fierté éternelle »

Ma citation toute personnelle : « Depuis mon abandon en 2015, j’ai depuis lors une X-Alpine en travers de la gorge. Je suis condamné à devenir finisher jusqu’à ce que je n’en puisse plus pour la faire définitivement passer ». J’espère juste que mon fils ne portera pas la croix à son tour… :-))

Bonne course les amis. Rendez-vous à Verbier…dimanche matin pour le plus grand nombre.

Pour me suivre :

https://tvsb.livetrail.net/coureur.php

Dossard 108