X-Alpine 2021 : trois ans après

Enfin un UltraTrail dans le viseur. C’est dans 1 mois après 2 années blanches de Trail et 3 ans depuis ma dernière participation. Elle m’a manqué celle-là.

  • Mes 4 récits d’ancien combattant

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2015 : 111kms / 8400 D+ 8400 D- : Abandon au km 47 après 12 heures de course et 4400 D+

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2016 : 111kms / 8400 D+ 8400 D- : 26h 17min / Place 62 vs 206 finishers vs 476 coureurs au départs (taux d’abandon 57%). (Cote ITRA 545)

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2017: 111kms / 8400 D+ 8400 D- : 26h 39min / Place 75 vs 237 finishers vs 487 coureurs au départs (taux d’abandon 51%). (Cote ITRA 533)

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2018: 111kms / 8400 D+ 8400 D- : 25h 46min / Place 82 vs 270 finishers vs 494 coureurs au départs (taux d’abandon 45%). (Cote ITRA 528)

L’entraînement en endurance fondamentale : c’est fondamental

Plutôt qu’un long discours voici ci-dessous un courrier que j’avais adressé à Zatopek qui a eu l’amabilité de le reproduire non sans avoir effectué quelques modifications soumis à ma validation. Et je regrette d’avoir validé car avec le recul je m’aperçois que cela n’est plus vraiment le reflet de ce que j’ai voulu dire.

En d’autres termes comme l’a dit un célèbre gouverneur de la Reserve Federal Alan Greenspan « si vous m’avez compris c’est que je me suis mal exprimé » !

Car effectivement ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.

Mon propos était de signifier que la complexité des formats d’entraînement fournis par des tiers (sites webs payants, les coachs -payants en général-) répondaient plus à une logique de mode qu’à une logique rationnelle.

Logique de mode au sens où la complexité rassure et constitue à ce titre quelque chose de plus désirable.

Si un coach vous vend un programme d’entraînement qui ne contient que des sorties en endurance fondamentale tous les jours (ou presque) et vous dit que c’est la meilleure méthode pour progresser en Ultra, vous allez avoir du mal à lui régler ses honoraires. En conséquence il va vous sortir un programme bien compliqué, auquel vous allez attribuer de la valeur alors même que rien ne vous prouve qu’il va vous apporter une quelconque valeur ajoutée par rapport à un « simple » entraînement en endurance fondamentale…à la limite peut être même que c’est destructeur de valeur.

Quelles preuves peut vous fournir un spécialiste de la physiologie sportive ?

A-t-il un track record ? A-t-il effectué un test randomisé sur deux groupes d’athlètes (10 par groupe) dont un groupe suit un protocole compliqué et un autre seulement un entraînement en endurance fondamentale et dont il va mesurer la performance sur un marathon ? Et quel est le résultat ? Alors quelle est sa réponse ? Posez lui la question et s’il se gratte le menton j’ai bien peur qu’il ne faille lui tourner les talons et faire une petite séance en endurance en le laissant derrière vous.

Conjugaison : rappelle du « temps passé du mode conditionnel »

Il s’agit d’un temps appris dans mon Bescherelle que je n’apprécie pas, que je déteste… car ce qui est passé est passé. Les « j’aurais pu », les « si j’avais su…j’aurais fait telle chose… » ne sont que des hypothèses de ce qui « aurait pu se passer », or ce qui est derrière nous est définitivement derrière nous. Et il est vain, totalement inutile et illusoire d’y revenir. C’est fini, terminé.

La machine à remonter le temps n’existe pas.

Or je ne peux m’empêcher de vous dire que lors de cette année 2020

1/ j’aurais pu vous parler de ma participation à la Trans Aubrac en avril 2020…

2/ j’aurais pu vous parler de ma participation à l’X-Alpine en juin

3/ j’aurais pu vous parler de ma participation à la TDS en août

4/ j’aurais pu vous parler de ma participation au Tor des Géants en septembre

5/ j’aurais pu vous parler de ma participation à la SaintéLyon en décembre.

Mais place au « temps Future du mode Infinitif », et à l’année 2021 :

Je vous ferai part de :

1/ Ma participation à la Trans Aubrac en avril 2021…

2/ Ma participation à l’X-Alpine en juin

3/ Ma participation à la TDS en août

4/ Ma participation au Tor des Géants en septembre

5/ Ma participation à la SaintéLyon en décembre.

Enfin, on peut l’espérer…

365 jours à noter tout ce que je mange…

Que signifient donc ces 365 jours de connexion à cette application MyfitnessPal ?

Et bien tout simplement que je me suis astreint, pour ne pas dire amusé, à noter en détail trois fois par jour les aliments que j’ai ingérés. Mon propos n’est pas de faire la promotion de cette application en particulier, il doit en exister un grand nombre je pense. En fait j’ai voulu me prêter à cet exercice de tout noter pour essayer de mieux analyser et comptabiliser les calories que j’ingérais ainsi que ma répartition entre les macro nutriments. L’aventure a été passionnante : si si ! Je vous jure que je n’ai pas trouvé cela fastidieux. C’est même devenu addictif d’ouvrir l’application même après avoir pris un fruit l’après midi !

J’ai appris énormément de choses qui ne vont pas se résumer en un seul post. A noter qu’en parallèle de noter scrupuleusement ce que je mange j’ai également un tracker d’activité qui ne me quitte plus (euh même la nuit puisqu’il checke la qualité de mon sommeil) et qui enregistre également avec précision l’énergie consommée. Ainsi j’abouti à analyser assez finement la relation entre mes calories dépensées et mes calories consommées. Calories In vs Calories Out. Maintenant j’ai 1 an d’enregistrement.

Qu’est ce que j’en tire comme conclusions ? De grandes découvertes personnelles qui devraient en scotcher plus d’un et pousser probablement tout un chacun de réaliser sur soi cette expérience.
Voici le fruit de mes réflexions : 
Tout d’abord un point très important en préambule.

La loi d’airain de la nutrition :

Le nombre de calories que l’on mange est à apprécier avec le nombre de la calories que l’on dépense. Si « calories in » égale « calories out » alors il y a équilibre de la balance énergétique et donc notre poids et composition corporelles sont stables. Selon mes lectures il me semble juste fondamental de le rappeler car on a selon moi beaucoup trop tendance à attribuer des vertus à des aliments ou à des macro nutriments en les plaçant en tête de liste de la hiérarchie des concepts nutritionnels qui comptent. Or la primaire le premier facteur explicatif des déséquilibres nutritionnels et donc la prise de poids c’est avant tout une question d’équilibre entre l’énergie que l’on dépense et l’énergie que l’on consomme via notre alimentation.  Un point c’est tout. Le reste n’est que littérature ou très secondaire. Manger des baies de goji, des avocats, manger bio ou vegan sont d’une importance très très relative pour ne pas dire très secondaire, tertiaire….presque pas important du tout et totalement inutile si l’on consomme plus d’énergie que l’on en dépense.
Et puis j’en dis déjà trop. La suite lors d’un prochain épisode.

TOR des Géants 2020 : a one lifetime opportunity pour un UltraTraileur

Je viens de valider mon inscription avec une certaine fébrilité : 330 kilomètres pour 25 000 mètres de dénivelé positif à terminer en moins de 150 heures.

Le 13 septembre prochain : Départ de Courmayeur pour un finish à Courmayeur en faisant le tour du Val d’Aoste par les cols (au total de 25). J’ai la chance d’avoir été tiré au sort d’une loterie dont la probabilité pour moi cette année était de 1 sur 5. Donc on ne refuse pas ce que nous propose le hasard.

Plus qu’une course à pied c’est surtout une épreuve d’endurance dans tous les sens du terme où la gestion de la fatigue et du manque de sommeil est un paramètre clef.

En attendant je rêve en regardant cette vidéo de présentation.

La SaintéLyon 2019 : une épreuve qui se termine en … papillote.

A défaut de terminer en sucette, c’est emmailloté dans une papillote que je jette l’éponge (bien humide) au km 40 (ravito de St Genou / Chaussan) transi de froid…

Il est 6 heures du matin dans ce bus qui vient de s’arrêter devant le gymnase de Soucieu dans lequel je suis monté après avoir été conduit par une navette depuis Chaussan. La pluie ruisselle le long des larges vitres et je perçois à travers elles les coureurs qui sortent du gymnase pour poursuivre leur course complètement détrempés. Je ne les envie point mais comme je les admire. Comment font ils pour affronter ce froid qui nous tenaille ? Nous sommes quelques dizaines de coureurs assis dans ce bus, emmitoufflés dans nos couverture de survie, éparpillés pour nous étaler sur deux fauteuils près des fenêtre pour mieux s’isoler des autres ; les yeux fermés pour la plupart. Les radiateurs de ce bus nous apportent bien plus que de la chaleur, ils nous apportent du réconfort. Certains ont pris la position du foetus pour mieux dormir. Nous sommes tous apaisés d’avoir été pris en charge et d’être protégés car quelques heures plus tôt le froid nous a tous balayés, nous a poussés à mettre un terme à cette 66ième édition de la SaintéLyon, véritablement diabolique.

C’est ma dixième SaintéLyon et cela devait être mon dixième maillot de finisher. Las. Néanmoins je ne ressens aucun remord d’avoir quitté le parcours à St Genou / Chaussan, ni regret non plus, car lorsque l’on n’a pas le choix il n’y a qu’une voie possible qui s’impose à vous sans même y réfléchir.

Une journée bien difficile

Ce samedi matin 30 novembre 2019 je me réveille avec toujours cette même gueule de bois que je ressens depuis maintenant un mois pile ! On m’a diagnostiqué depuis lors d’avoir attrapé le virus CMV (article bien fait) que j’ai dû chopper via mes jumeaux de 2 ans alors en crèche. Je n’ai jamais aussi peu couru en 3 mois depuis…que je cours, c’est à dire en 10 ans. Je suis sec de course à pied depuis presque 10 jours, impossible d’aller courir le matin car je suis complètement à la ramasse (je n’ai pas d’autres mots) ; groggy, mal de tête, apathique. Mes défenses immunitaires étant affaiblies j’ai choppé il y a une semaine un bon rhume et j’ai perdu l’appétit. Le chocolat me révulse et ceux qui connaissent ma passion ne se remettent pas de ce constat. Ce matin de départ de course à pied j’ai la nausée. Je la mets sur le compte d’un estomac pas assez lesté. Alors je mange deux viennoiseries à 10 heures. A noter un moment de bonheur lorsque je salue de ma fenêtre (au km 2) le torse nu les coureurs de la LSTL (9h30), ceux qui m’ont vu doivent se souvenir de cet énergumène qui leur dit « rendez vous à St Etienne ce soir ». C’était moi !

A 13 heures avec Sylvain et deux autres potes de la SaintéLyon on va dans un bouchon lyonnais pour engloutir une énorme quenelle au brochet qui marine dans une sauce béchamel bien roborative. Je n’ai pas faim, je suis écœuré depuis le matin. Je ne suis pas non plus présent avec mes amis, je suis ailleurs, empêtré dans ma douleur. Une seule envie : aller dormir. Et c’est ce que je vais faire dès 15 heures. Je me couche chez belle maman à La Mulatière pour 1h30 de bonheur anesthésique.

Le soir je suis accueilli près de St Etienne à Villars pour une pasta party familiale. Quelle chaleur qui fait du bien. Je me recouche à 20h pour 1 heure de somnolence. Je me relève tel un petit vieux courbaturé, je prends une aspirine, je me prépare. Nous partons tous en direction de Parc Expo. Je me rends directement dans le sas 1 de ceux qui veulent terminer avant le levé du soleil : c’est bon de rire parfois !!!

23h30 Go !

Et c’est parti pour cette dixième SaintéLyon. Je n’ai pas couru depuis près de 10 jours, rien, nada. Et pourtant je ne me suis jamais senti aussi bien sur le bitume stéphanois ! Incroyable. Mes appuis sont légers, je ne me sens plus fatigué. J’ai l’impression d’avoir changé de corps, changé de costume bien que j’ai endossé exactement la même panoplie que l’année dernière. Mais autant le dire déjà, ce n’est pas une panoplie de super héros, et elle se transformera bientôt en citrouille … toute mouillée.

Le Process de gestion de course

Il est clair mon process. Je ne pense pas au résultat ni à l’objectif. Je pense à la méthode, au process, au dispositif à mettre en oeuvre (oui ce sont des synonymes pour dire la même chose mais au moins vous comprenez que cela me tient à cœur). Si on suit un process bien défini, le résultat doit en découler tout naturellement.

Mon process c’est ça =>> Courir en aisance respiratoire totale tout le temps, c’est à dire ne pas dépasser son premier seuil ventilatoire. Je le ressens aux sensations, et si j’ai un doute je regarde mes pulsations cardiaques à ma montre pour le constat objectif. Et sur cette première partie de course cela revient très clairement à marcher dès qu’il y a de la pente. D’ailleurs je vois assez clairement le symptôme de mon désentrainement en faisant le constat que mes pulsations arrivent assez vite au niveau du premier seuil ventilatoire.

Une autre manière de formaliser mon process de course. Ne jamais être dans le rouge. Surtout pas. Prendre le temps de faire baisser les pulsations en haut de chaque montée, même légère. Tant pis si beaucoup de coureurs me dépassent. En principe je les dépasse facile après St Genou ou Soucieu car ils sont cramés et quant à moi je ne décélère jamais, même Chaponost passé. La portion « Soucieu / arrivée à Lyon » j’ai l’habitude depuis 4 SaintéLyon de la parcourir en 2 heures, cette portion je la nomme ironiquement la route des morts vivants. Eh bien pour moi cette année c’est une portion que je vais parcourir en bus, par la route, mais je ne le sais pas encore…

Des trombes d’eau nous tombent sur la tête

Au sortir de Sorbiers la pluie commence à nous tomber dessus. Je ne change pas une équipe qui gagne. Je suis vêtu de mon Gore Tex éprouvé sur l’UTMB, la SaintéLyon 2018 avec succès. Alors je suis en confiance. Je ne mets pas la capuche, mon buff autour de la tête me suffit ainsi que celui autour du cou sans me rendre compte que ce dernier détail va me coûter mon dixième maillot de finisher. A quoi cela tient un échec…

En suivant mon process tranquille avec de bonnes sensations si ce n’est quelques problèmes gastrique que je n’arrive pas à soulager dans les prés aux vaches (et non dans les jardins des propriétés privées : cf. reco de départ) j’arrive à St Christo après 1h58 de course en 1654 ièm position. So far so good.

Toujours le même rituel au ravito : 1 banane, deux verres de coca et 3 tartelettes diégo et c’est reparti illico.

Bon la pluie se fait cette fois beaucoup plus intense. Mais les sensations sont toujours très bonnes pour ne pas dire excellentes depuis que j’ai résolu mon problème gastrique. Je carbure plutôt bien. On arrive sur le chemin de crête que j’adore avec le groupe de jeunes nous mettant du Guns n’Roses avec « Sweet Child On Mine » : c’est énorme non !!!! J’adore. Et je vais courir encore quelques temps avec ce refrain absolument entêtant… en fait pas pour longtemps.

Le début de la fin

Mes mains qui sont protégées par une paire de gants de soie recouvertes par une paire de gants de ski commencent à lancer un gros warning. Danger ! Danger ! Je suis extrêmement sensible des phalanges des doigts dont la circulation peut se couper très vite : engourdissements, et la crainte des engelures… C’est bien pour cela que j’ai des gants de ski ! Sauf que mes gants sont détrempés et qu’ils ressemblent à des gants de boxe tellement ils sont gorgés d’eau. Ce n’est pas Guns n’Roses qu’il fallait me passer sur le chemin de crête mais plutôt la BO d’un film de Rocky.

C’est pour moi un gros gros point d’attention. Je perds un peu mes moyens. D’autant que je fais le constat que je suis tout mouillé. Ma première couche est complètement détrempée. Nous recevons des sauts d’eau sur la tête sur la descente en direction de Sainte Catherine. Mon moral prend un sacré coup. Le ravito est bientôt là mais je n’éprouve aucun plaisir à le voir se rapprocher. Je me rends compte qu’il ne constitue pas un havre de paix dans la mesure où ce ravito est à ciel ouvert.

J’arrive à Sainte Catherine après 3h47 de course en 1160ièm position. C’est le moment des premiers doutes. J’ai froid dans tout mon corps et rien ne me permet de dire comment je vais pouvoir me réchauffer. Je pose la question à deux bénévoles comme si je faisais un vœu au Père Noêl : « mais il est bien prévu que la pluie cesse cette nuit ? ». Les deux bénévoles me regardent sans voix. Le speaker nous raconte n’importe quoi en disant que nous avions besoin de nous hydrater et que pour ce faire son agence Extra Sport avait convoqué la pluie… Cela ne me fait pas du tout rire.

Je n’ai jamais ressenti un tel désarroi au départ de Sainte Catherine. Après l’arche on longe des bus sur notre droite et je n’ose pas tourner la tête pour voir les coureurs qui viennent de s’y engouffrer bien au chaud. J’ai peur de ce que je suis capable de faire.

En sortant de Sainte Catherine, je suis frigorifié bien plus qu’en arrivant. Je n’ai qu’une seule option. Pour me réchauffer il faut que je cours vite !

Et je vais m’y employer car je n’ai juste pas le choix. C’est cours ou crève de froid ! Et mon process ? Il est à la poubelle et de toutes manières les pulsations calculées au poignet par ma montre sont complètement erronées, je crois que le lecteur optique déconne complètement en raison de l’humidité qui s’est même insérée sous le bracelet de ma montre.

Je me mets à courir comme un dératé. Il est où ce p…. de bois d’Arfeuille ? Ouais il est là ! Et en plus de la pluie le brouillard est de la partie. Je me jette dans cette descente où je suis stoppé net par une absence totale de vision à plus d’un mètre. Grand moment de solitude ! La frontale projette un halo lumineux qui n’éclaire rien. Je ne vois même pas la signalétique éventuelle, je suis à l’arrêt. J’attends des coureurs qui descendent en grappes, au moins tu suis ton prédécesseur. Je prends le train. Je claque des dents au sens propre. Oui je claque tellement des dents que mes tendons au niveau de mes maxillaires me font un mal de chien.

Par ailleurs j’ai très très froid aux jambes, mon collant est tellement détrempé que l’entrejambe du collant pendouille jusqu’au milieu des cuisses. J’ai une allure de super héro je vous l’avais dit !

Nous sommes à quelques encablures de St Genou. On traverse une route avant de retrouver une piste en boue glissante. Il nous dit « attention c’est très très glissant ». Las, j’ai eu la sensation de l’écouter en allant tout droit et c’est la chute avant. Je m’étale de tout mon long. Mon collant est complètement imprégné de boue. Mais je positive je me dis que la boue en séchant peut au contraire se transformer en isolant. C’est fou comme on peut se raconter n’importe quoi pour se rassurer. En fait la boue accentue ma sensation de froidure sur mes membres inférieurs. Mon esprit est en train de calculer la balance avantages/coûts d’un abandon. Le voilà qui travaille en background, je le sais, je le sens. En fait nous sommes à moins d’un km du ravito et la décision est prise, inéluctable.

La fin

J’arrive au ravito après 5h09 de course (1009 ième position). J’ai couru la portion St Catherine St Genou en 1h20 (jamais fait aussi rapide dans ce format plus conventionnel sans le Signal St André) Je n’ai pas la force de sortir ma couverture de survie. Je demande à des bénévoles de la déplier.

Elles sont où les navettes ? Tout d’abord on va dans une tente. Elle est à 50 mètres mais je trouve qu’elle est déjà trop loin. Elle est chauffée, nous sommes 6 ou 7 à attendre ; rassérénés. A bout non pas de souffle mais d’énergie thermique. On a la chance d’avoir une soufflerie tel un feu de cheminée.

La navette arrive, nous conduit à Soucieu. Il fait chaud. Que demander de plus?

La SaintéLyon 2019 : l’enjeu et la stratégie de course à décliner

La SaintéLyon est un Ultra plutôt roulant. A noter que le D- est supérieur au D+ et que le D- est concentré sur la fin du parcours…ou autrement dit le D+ est concentré en début de parcours.

L’enjeu de la SaintéLyon

Comme pour toute course assez relevée en terme d’allure (le marathon notamment…mais la SaintéLyon est une course presque aussi roulante d’une certaine manière), il faut pouvoir économiser ses réserves énergétiques (le glycogène stocké dans les organes et le foie) pour ne pas exploser en milieu ou fin de course. Eh non, les gels que vous allez ingurgiter ne permettront pas totalement de faire face à ce mur. Il faut pouvoir s’économiser en début de parcours alors que l’on a de bonnes sensations et que l’on est prêt à « carburer » jusqu’à St Christo ou même St Catherine … pour éviter la catastrophe à Soucieu en Jarrest où il reste alors 20 kms de plats et faux plats.

Soucieu en Jarrest c’est le moment de vérité. De deux choses l’une :

  • ou vous avez bien géré votre course et il vous sera alors possible de continuer à être en mode « course à pied et j’arrive à relancer »
  • ou alors vous avez complètement épuisé vos réserves énergétiques en début de course et vous arrivez en panne sèche. Vous ferez partie de la cohorte des « morts vivants » de Soucieu en Jarrest / Lyon…et 20 kms en marchant cela peut sembler très long ! Vous entendrez le chant du coq qui annonce l’aube mais c’est mieux que le chant du cygne autant « mort vivant » que vous êtes.

Vous aimez les beaux croquis ?

La stratégie de course sur la SaintéLyon

Comme vous le voyez sur mon profil le danger réside cette année plus particulièrement lors de ces deux « ascensions » qui vont terriblement être coûteuses en énergie ! Si vous trottez ou tentez de courir dans ces 2 montées l’une vers St Christo, l’autre juste après en direction de Ste Catherine vous prenez le risque d’être dans le rouge et vous serez mort 40 kms après !

Mon conseil : dans ces deux montées =>> on marche tranquillement. En tous cas moi je vais prendre mon temps d’autant que je suis en période de convalescence.

Ainsi durant tout ce début de course vous ne devez avoir qu’un seul objectif en tête : arriver le plus frais possible à Soucieu à partir duquel débute une autre course.

C’est compris ? Alors, en avant pour ce dixième Tshirt !

  • La SaintéLyon : Tous mes récits pour ceux qui aiment les séries

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

SaintéLyon 2017 : 182 ièm au scratch (cote ITRA 612)

SaintéLyon 2018 : 326 ièm au scratch (cote ITRA 580)

La SaintéLyon 2019 : l’absence de préparation pour ma dixième participation

Je vais partir cette année pour mon dixième maillot de finisher. Et je pèse mes mots. Cette année l’enjeu pour moi est bien de terminer et non de taper un chrono. Je suis en pleine phase de convalescence post virus CMV qui m’a mis à terre depuis près de 3 semaines désormais.

Je n’ai jamais aussi peu couru sur les 2 mois précédents la STL depuis … ever ! C’est bien la première fois que je me présente sur la STL avec un volume d’entraînement aussi faible, qui plus est avec 10 jours complètement blancs (aucun activité physique) précédents le départ. Heureusement que le départ n’avait pas lieu samedi dernier (23 novembre 2019) car j’avais seulement de l’énergie pour participer à la course en consultant le LiveTrail à partir de mon lit. Je vais un peu mieux depuis ce matin (mercredi 27/11/2019), enfin suffisamment pour envisager de prendre le départ samedi en espérant que ma récupération post épopée virale soit linéaire d’ici là.

Pourquoi je ne jette pas l’éponge ?

Parce que La SaintéLyon est la SaintéLyon et que je ne supporterai pas de ne pas répondre à l’appel pour ma dixième participation consécutive. S’il ne fallait conserver qu’une seule course dans l’année cela serait celle-là. Donc je finirai même en rampant ou à 4 pattes même en flirtant avec les BH ; mais ce dixième Tshirt de finisher, sauf accident, je l’aurai.

Et j’ai en tête la citation de Churchill : « We will never surrender »

Quelle stratégie de course pour cette SaintéLyon ?

J’y reviendrai dans un prochain post. Mais il est clair que ne pouvant compter sur mon endurance il va falloir être très stratège pour pouvoir terminer dans de bonnes conditions et ne pas être aux abois après Soucieu et faire partie de la cohorte des morts vivants sur cette dernière partie : Soucieu/Chaponost/Lyon = la route des morts vivants de la SaintéLyon. Comment ne pas en faire partie ? Suite au prochain épisode. J’en entends un au fond de la salle qui me souffle : « en ne tombant pas malade les semaines qui précèdent ! ». Effectivement, merci à lui !

Récit de course : Marathon de Berlin 2019

Marathon de Berlin : c’est la troisième édition pour moi.

Après 2015 (récit), et 2016 (récit)..voici ma troisième incursion en Allemagne pour une épreuve sportive.

Beaucoup de choses à dire à commencer par s’exclamer : « Quel beau marathon ! ».

Même sous la pluie et un ciel gris ce marathon est toujours enivrant. Et c’est quelqu’un qui ne boit jamais d’alcool qui vous le dit. 
Berlin fait partie du cercle des 6 « World Marathon Majors » auto proclamés qui regroupe également Boston, Chicago, NY, Londres et Tokyo. Ce que je peux dire c’est que Berlin est peut-être pour moi le marathon qui vaut le plus d’être couru parmi les 4 World Majors que je connaisse (Je n’ai jamais couru Tokyo ni Boston) : le marathon à faire si l’on doit en sélectionner un seul. Une ville hors norme par son histoire, une organisation exceptionnelle, une simplicité d’accès à son départ, une ambiance énorme et un final lors des 4 derniers kms qui prennent au corps et au cœur. C’est fou d’écrire avec un tel lyrisme, je ne me reconnais point.

J’aime Berlin pour son histoire surréaliste. Et je vous invite à revoir Good Bye Lénine ou La Vie des autres.
C’est donc avec une grande effervescence que cette capitale chargée d’histoire accueille près de 100 000 touristes sur un seul WE (45 000 coureurs et près d’autant d’accompagnateurs). J’atterris à Berlin  le vendredi 27 septembre 2019 en début d’après midi sous des trombes d’eaux. Dès les bagages posés à l’hôtel dans le quartier de Mitte (côté Berlin-Est) je décide d’aller retirer mon dossard. 5 kms à pieds me séparent de Tempelhof ; énorme bâtisse qui servit d’aéroport durant le pont aérien de 1948 permettant à Berlin-Ouest d’être fourni en énergie et denrées lors de son blocus durant toute une année de forte tensions entre l’Est et l’Ouest.

Je traverse Berlin avec mon petit parapluie qui ne m’empêchera pas d’être bien mouillé arrivé à Tempelhof. Et là, c’est la deuxième douche froide ! L’attente pour le dossard est d’au moins 45 minutes. Bien entendu le circuit pour récupérer son dossard ressemble à celui d’un magasin IKEA puisqu’il vous contraint à serpenter entre les marchands du temple de marques de sport mais aussi de voitures, Allemagne oblige. Et de magnifiques berlines sont en exposition, et autant vous le dire, il ne s’agit pas de Trabant. Car effectivement le coureur à pied prend sa voiture après son footing matinal.
De retour dans mon quartier je file au restaurant Lokal pour goûter à la spécialité de Berlin : le jarret de porc avec sa peau laquée croustillante. Las, la peau est tellement laquée croustillante qu’elle requiert de sacrées mandibules pour pouvoir la mâcher, c’est dur comme du cuir. Retour à l’hôtel pour m’endormir dès 21h30. Je me réveille vers 7 heures pour aller faire ma dernière sortie, très importante, celle de la veille de la compétition. Cette sortie est à ne pas manquer car elle permet de régler tous les détails techniques : insertion de la puce sur la chaussure, serrage de lacets, serrage de la montre qui me donnera l’allure. Et en générale cette sortie en mode footing d’un peu plus de 30 minutes de veille de marathon sur les lieux du crime me procure toujours des craintes quant à mon niveau de préparation. Cette sortie matinale n’échappera pas à la règle. C’est très poussif, j’ai des sensations qui font peur. J’arrive à peine à profiter du paysage. Et pourtant il y a de quoi s’extasier : je passe devant le Bundestag, je passe la porte de Brandebourg, je reviens vers Gendarmarket et remonte vers Oranianburg (mon quartier) près de la grande et magnifique Synagogue. Je croise énormément de coureurs qui font comme moi leur dernière sortie de réglage. Chacun arbore, le torse bombé, le maillot de finisher d’un marathon célèbre : c’est NY qui arrive en tête à l’applaudimètre suivi de très très loin par le maillot à la licorne du marathon de Boston !! J’ai un grand respect pour ceux qui arborent ce dernier, que je ne pourrai probablement jamais enfiler faute d’être capable d’obtenir un jour le chrono qualificatif pour m’y inscrire. N’est pas un BQ (Boston Qualified) qui veut. Revenons en à ma sortie. On dirait que je suis un petit vieux, j’arrive à peine à faire du 6 min au km. Arrivé à l’hôtel après 45 minutes poussives mon corps me dit merci d’en avoir fini. Néanmoins j’ai fourni suffisamment d’énergie pour ressentir la dopamine qui me fournit ma dose pour ressentir un bien être qui dure jusqu’à la fin de la journée. Direction mon petit bistrot favori le Kaiser Soze (en référence à ce film bien connu au dénouement qui marque les esprits) qui m’a toujours porté chance. J’ai pour habitude après avoir commandé mon thé et mes scramble eggs d’y retourner les tasses pour voir les noms de marques du fabricant mais j’ai beau le faire systématiquement, je ne tombe jamais sur le patronyme Kobayashi !

L’après midi je continue mes déambulations sans trop savoir où elles me mènent, j’aime flâner dans les rues au hasard pour en sentir l’atmosphère. Et Berlin c’est une ville dont le poids du passé se ressent à chaque coin de rue : des petits médaillons dorés aux noms de familles juives déportées sont insérés à mêmes les trottoirs « pour ne pas oublier », des façades d’immeubles désaffectées sont peinturlurées avec des termes rappelant la liesse populaire lors de la réunification, quand des noms de rue vous rappellent les heures de tensions les plus fortes que la guerre froide ait connues (Check Point Charlie). Du mur il ne subsiste quasiment plus de traces en revanche.

Les quelques monuments célèbres gravés sur la médaille du marathon…mais l’atmosphère de cette ville c’est toute autre chose.

La préparation ultime

Il est bientôt 18h30 et il est temps pour moi de me rendre à la Porte de Brandebourg pour mon ultime repas pré-marathon. Je vais en surprendre plus d’un parmi ceux qui ne connaissent pas mon rituel préparatoire. Non je ne prends pas un plat de pâtes. J’évite tout mets solides plusieurs heures avant une course et notamment avant un marathon. Cela fait déjà 24 heures que j’évite fruits et légumes en raison des fibres qu’ils contiennent. La peur redoutable du marathonien est double : celle d’exploser au trentième kilomètre certes, et tout le monde la connaît, mais aussi la crainte de devoir aller aux toilettes à … n’importe quel kilomètres. Pour prévenir ce risque je m’abstiens d’ingérer des éléments contenant des fibres ou sollicitant trop mon système digestif à minima 24 heures avant. Ma parade est d’aller au Starbuck la veille d’un marathon pour y ingurgiter un grand verre de Latte vanille accompagné d’un cake au citron. Et cela sera tout jusqu’au départ prévu 15 heures plus tard (à 9h30 du matin) : soit largement le temps à mon corps pour métaboliser cette charge de sucre (pour les réserves de glycogène) et cet apport de protéine (via le lait). Lors d’une course d’une telle intensité que le marathon votre système digestif est quasiment à l’arrêt et de toutes manières ne reçoit pas les ressources pour fonctionner correctement, le métabolisme fonctionnant de manière à ce que vous puissiez mettre un pied devant l’autre et si possible en étant une fraction de seconde en suspension au dessus du sol (définition de la course à pied, sinon cela s’appelle de la marche).

Ensuite direction l’hôtel pour le gros dodo et une prévision de tomber dans les bras de Morphée à partir de 22 heures.Voilà qui est bien, sauf qu’à 1 heure du matin Morphée a un sacré retard sur l’heure prévue du rendez vous. Je ne m’affole surtout pas. Ne pas PA-NI -QUER ! Il me reste potentiellement 6 heures de sommeil d’ici le réveil. La lecture de L’Express magazine devait m’achever, mais il n’en est rien : c’est fou comme la nouvelle stratégie de Bompard le PdG de Carrefour me tient éveillé. Je m’endors quelque part entre 1h 30 et 2 heures du matin.

Je me réveille naturellement après 7 heures. Surtout jamais de réveil, l’appareil qui vous flingue votre sommeil et vos jours. J’applique toujours le même rituel quotidien, 100 pompes suivis non pas d’une sortie en mode footing mais d’une sortie longue à travers Berlin. Mon équipement est rigoureusement identique pour toutes mes séances à l’exception de mes chaussures : des Apollo Under Armour ultra légère de 175 grammes non pas pour s’affranchir de la gravité et aller vers la lune mais pour peser le moins lourd possible à chaque impulsion.

Top départ

Je quitte l’hôtel à 8h30 en toutes petites foulées. Il me faut moins de 30 minutes pour rejoindre mon sas, le sas E de la deuxième vague des coureurs qui comptent terminer entre 3h15 et 3h30. Le ciel est bien gris, et nous savons que nous aurons la pluie à partir de midi : Bekele sera arrivé bien avant le déluge, ce n’est pas juste.

La musique d’Alan Parsons Project résonne, tel un compte à rebours, avant chaque départ : handisport, la première vague et puis pour la nôtre. Et puis c’est parti pour notre vague vers 9h25.

Premier semi

Ma stratégie de course est claire. Je vais courir chaque kilomètre à une allure de 5 minutes et pas une seconde de plus jusqu’au 27 ièm inclus. Un marathon ne commence réellement qu’à partir du trentième, autrement dit c’est à partir du trentième que l’on va découvrir si nous étions suffisamment préparés ou si cette épreuve va se terminer en chemin de croix.

Le premier km se fait en pente douce, inutile d’aller vite il faut mettre le frein à main. Comme toutes mes séances de CAP je ressens des sensations vraiment pourries : fourmillement dans les jambes, dans les pieds, je n’ai pas une très bonne respiration. Je me connais bien il me faut à minima 45 minutes de chauffe avant de ressentir, le cas échéant (car ce n’est pas systématiquement le cas non plus), de bonnes sensations. C’est la raison pour laquelle je ne m’affole pas trop lorsque je m’aperçois que je tourne bien à 5 minutes au km mais avec une certaine difficulté dès le premier kilomètre. L’ambiance de ce marathon ? C’est du tonnerre ! Un public démentiel. Très souvent de la musique : provenant d’enceintes (même installées sur un balcon d’immeuble) mais aussi de groupes se produisant le long de la chaussée.

Ma définition du marathon réussi, c’est quoi ?

Pour moi un marathon réussi est un marathon qui ne se transforme pas en chemin de croix et idéalement qui se fait en « négative split » c’est à dire dont le deuxième semi est couru plus rapidement que le premier. C’est ce que j’ai réussi à faire lors de mes deux derniers marathons de Berlin ainsi qu’à Chicago et j’en ai ressenti des sensations tellement fortes, presque jubilatoires qu’il me tardait après deux ans sans marathon de retoucher le graal. J’ai hâte de goûter à nouveau à cet état de conscience modifié qui n’apparaît pas avant le 28 ièm kilomètre du marathon. Une émotion qui mêle à la fois la souffrance et un vrai plaisir. La sensation de décoller alors que tout autour de vous les coureurs s’effondrent.

La stratégie de course en 3 points : déjà ne pas avoir d’objectif chrono final !

Premièrement : D’abord courir en totale aisance respiratoire jusqu’au 27ième avec un objectif semi marathon à ne surtout pas dépasser. Pour moi il ne fallait pas obtenir un temps de passage meilleur que 1h45 au 21 ièm km.

Deuxièmement : exploiter tous les ravitos pour s’asperger d’eau et se rincer la bouche avec la boisson énergétique, prendre deux à trois gels à l’unique ravito qui en proposait.

Troisièmement : se forcer à accélérer après le 27 ièm kilomètre pour voir si la magie opère et continuer sur les sensations à forcer son allure jusqu’à la fin.

La course in a nutshell

Eh bien le premier semi est bien couru en 1 heure et 45 minutes comme prévu par le plan. Maintenant il s’agit d’être patient et de se préparer pour la phase de décollage post 27ièm kilomètre. En fait je n’en mène pas large, j’ai l’impression d’avoir des jambes solides pour faire du trail mais pas vraiment légères pour voler sur le bitume. Je sens en fait que je vais devoir me donner un coup dans le derrière pour m’arracher et accélérer. J’ai presque la trouille, en bref je ne suis pas pressé de le voir ce panneau « 27 km »… Et il pleut maintenant, jusqu’au finish.

Panneau 27 km : « boule de feu »

Mon ami de cours de cuisine Thierry M. m’a préparé mentalement pour la Lavaredo Ultra Trail en me faisant pratiquer des séances d’hypnose/autosuggestion. Cela s’appuie sur des exercices de visualisation. Et c’est ce à quoi fait référence le titre de ce paragraphe. Je mets la gomme avec une image bien particulière qui me vient en tête. Je n’ai plus le choix : j’accélère alors que je n’ai pas vraiment les jambes. Et c’est là que la magie opère. J’arrive à adopter une allure plus élevée non sans mal, mais c’est tout à fait supportable. Je ne peux pas dire que je ressens une sensation d’euphorie lors des 5 kilomètres. Autour de moi l’hécatombe commence, les gens souffrent et décélèrent manifestement. Très peu de personnes me dépassent.

Ne pas quitter la ligne bleue

Je tiens le coup, la pluie se fait plus forte. On doit courir sur des flaques d’eau, plus besoin de m’asperger aux ravitos, lever la tête suffit.

Jusqu’au 27ièm j’aurai couru à 5 minutes le km, du 30ième au 35ième kilomètre mon allure passe à 4:42 le kilomètre puis 4:45 jusqu’au 40ième pour terminer en 4:21 sur les 2 kms qui restent, ce sont mes kilomètres les plus rapides : boule de feu !

Comme je l’ai mentionné la fin de ce marathon est épique. Les avenues sont larges, le public est en masse et nous encourage à tout rompre. Les coureurs se mettent minables pour terminer. Je termine en quasi apoplexie surtout que les 200 derniers mètres passé la porte de Brandebourg sont en pente douce où l’on peut donner tout ce qui reste dans les tripes.

Je n’ai pas dit que c’était simple tout le long !
Il reste 100 mètres à peine…

C’est fini ! 3 heures 25 minutes et 57 secondes en négative split de plus de 4 minutes (deuxième semi couru plus rapidement de 4 minutes par rapport au premier). A mes yeux marathon réussi. Cela donne l’envie de revenir.

Pêle Mêle / Miscellaneous

Au concours du plus moche Tshirt de finisher les organisateurs remportent les trois premières places. Bravo pour cette performance.

C’est très laid !

Marathon de Berlin 2019, parce qu’il n’y a pas que les Ultras qui m’attirent…

C’est dans quelques jours…

Déjà 3 ans que remonte ma participation à mon dernier marathon qui était … Berlin 2016 (en 3h26) après Berlin 2015 (en 3h25). J’aime bien les répétitions. Et il faut dire que le marathon de Berlin est un sacré marathon ! Cela me manquait de courir un marathon, c’est une épreuve exigeante, presque un sprint quand on est habitué aux épreuves longues. Toutes les secondes comptent. Il ne faut pas perdre de temps aux ravitos.

Berlin 2016

Suspens insoutenable du deuxième semi

Cela me manquait car depuis 3 marathons (j’inclus Chicago 2014 en 3h22) j’aime ce grand suspens qui arrive au milieu du deuxième semi (vers le 30ièm km), celui où je suis susceptible de lâcher les chevaux et de me mettre à accélérer. C’est un suspens car absolument rien lors du premier semi du marathon ne me permet de dire si je serai capable de faire un négative split (courir le deuxième semi plus rapidement que le premier). J’ai même toujours eu des sensations bien pourries lors des premiers kms de la course, parfois bien inquiétantes.

C’était Berlin 2015

La préparation

Bon il faut dire que la qualité de ma préparation est en ligne avec mes deux derniers marathons de Berlin, c’est pas terrible : 70 kms par semaine sur les 5 dernières semaines dont 120 kms la semaine dernière en 6 séances (c’était la semaine de lourde charge).

Point qui pourrait être négatif : je trouve que mon poids de forme est un poil trop élevé ; 63 kgs contre 62 kgs lors des deux participations précédentes. Et si l’on considère que cela coûte 4 minutes le kg cela pèse dans la balance quand même ! La raison ? Je me suis fait des quadriceps en béton cet été lors de grosses sessions de descente dans le Beaufortain. Alors je descend comme une bombe, mes quadriceps travaillent très bien en excentrique… sauf que sur marathon, dont le profil de course est très plat comme Berlin, l’excentricité du quadriceps ne sert à rien ! Le marathon de Berlin requiert une certaine austérité de ce point de vue : restons concentrique. Vous me suivez ? Si vous me comprenez c’est que je me suis mal exprimé.

Bref je suis assez fébrile même si les toutes dernières nuits de cette semaine de tapering sont assez difficiles. Exemple cette nuit : réveillé à 23h30, 3h, puis 4h50 pour finalement ne pas me recoucher, je suis allé courir à 5h20 après avoir déménagé ma fille et mon fils de leur lit dans le nôtre. De toutes manières je n’avais plus de place dans ma couche, alors autant aller courir 1h30. Bon je n’ai pas dit que je n’avais pas la tête dans le sceau à l’heure où j’écris ces lignes…

Stratégie de course

1/ La veille au soir au Starbuck de la Porte de Brandebourg tu iras, pour un Latte à boire et un Cake tu dégusteras

2/ Le matin au réveil, du thé seulement tu boiras

3/ Pendant la course, à 5 minutes au km tu courras

4/ A TOUS les ravitos, tu t’aspergeras et la boisson énergétique tu boiras et recracheras

5/ A partir seulement du 28 ièm km, tu accéléreras


Content si « négative split » tu feras.