L’X-Alpine 2018 : le récit d’un coureur d’un UltraTrail en quête d’une troisième étoile

Il doit être minuit, je suis dans une forte montée en direction de la cabane de Mille. Je décide d’éteindre la frontale et de m’arrêter, peu importe le chrono. Je lève les yeux vers les étoiles. Le ciel est impressionnant. Tel qu’on ne le voit jamais proche des grandes villes. Un ciel limpide, constellé d’étoiles. Certaines ont des couleurs : est-ce Vénus qui est presque jaune orangée ? Tiens je reconnais la grande casserole et la constellation d’Orion avec cet alignement presque parfait de trois étoiles (enfin je crois ?). Je reste là, planté comme un piquet pendant au moins une minute, à admirer. Et j’ai une pensé pour ma plus belle étoile qui a 11 mois bientôt ;-). Je remets ma frontale…et je me dis que c’est bien pour ces moments de grâce que je pratique le trail.

Vendredi 6 juillet 2018

Je passe vite sur l’épisode du TGV Paris Lausanne annulé pour cause de grève et le stress pour trouver à J-2 une solution de secours qui coûtera le triple du billet initial. Mais avec François, mon ami finisher de la Eiger en 2017 et de la Mozart 100 trois semaines avant, on arrive à se débrouiller comme des champions. Nous sommes finalement à 16 heures au Châbles pour le retrait des dossards. Je retire également au stand Compressport ma nouvelle panoplie de Traileur flanqué des couleurs de cette dixième édition du TVSB. Avertissement au lecteur : je paye intégralement mon équipement et ne bénéficie d’aucune ristourne de la part de « partenaires » (terme qui veut dire : un fournisseur d’équipement ou de service qui file des avantages et/ou du matos à des bloggers pour que ceux-ci parlent – en toute indépendance – de leurs produits sur les réseaux … si possible en bien). Grégo n’est pas un vendu mais un « homme liiiiiiiiibre » comme le dit si bien Patrick Mac Goohan dans le générique de la série du Prisonnier ! 😉 Mais qui a dit que mon blog n’était pas culturel ?

Petite déception sur ce Tshirt de traileur Compressport spéciale édition 10ièm anniversaire du TVSB (Trail Verbier Saint Bernard), je pensais qu’il était de couleur noir ce qui me plaisait (en référence à la classe et au style d’un certain Lev Yachine gardien de but soviétique volant dans les airs). Or je m’aperçois qu’il est de couleur vert kaki foncé qui m’évoque plutôt la tenue d’un soldat de l’armée de terre. Comme quoi il faut toujours se méfier du calibrage de ses écrans.

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Au retrait des dossards je tombe sur Ryan Baumann qui a terminé sur le podium chaque fois qu’il a participé à l’X-Alpine. Alors je m’empresse de lui demander quels sont ses secrets ? Et notamment sur la nutrition. Il me dit qu’il boit 0.5 litre par heure, qu’il mange ses propres barres, qu’il aime bien le Rivella (c’est quoi ce truc ?). Bon et bien je reste sur ma faim (admirez comme j’ai le sens de la formule !), je m’attendais à des révélations. Mais peut être que « Rivella » est LA « Révélation » (assonance magnifique non ?) ? Qui sait…

Avec François le soir nous allons près du départ pour participer à la Pasta Party organisée par un restaurant. Je prends un bon plat de pâtes et puis retour à l’hôtel Montpelier qui est sur le parcours. Je croise un traileur qui m’accoste et me dit : « c’est toi Grégo qui écrit des articles ? » Et moi un peu gêné, et un peu flatté à la fois… en fait je ne sais pas dans quel état je suis pour être franc. Parce que « être gêné » et « être flatté » à la fois, et bien ce sont deux émotions un peu contradictoires à gérer. Je souris et le remercie. Et franchement je tombe dans l’embarra quand il me dit qu’il s’est inscrit à l’X-Alpine grâce à moi et qu’en plus il a choisi l’hôtel Montpelier auquel je faisais référence. Ouh là là et je sens le poids de la responsabilité peser des tonnes sur mes épaules !!!! Grâce à moi ou à cause de moi… Et là devant le comptoir de l’hôtel je tombe de mon arbre lorsque l’on nous annonce qu’il n’est pas prévu de petit déjeuner pour les coureurs à 4 heures du matin ! Aïe. Et je m’en émeus auprès du personnel. Bref je fais mon « bon français » aimable à souhait en me plaignant que les années précédentes « il y avait bien un petit déjeuner de prévu », « si on a choisi cet hôtel c’est parce que… » avec ma tête des mauvais jours. Je me calme, fais amende honorable d’avoir été si désagréable. Je m’en retourne dans ma chambre. Je suis claqué de toutes manières. Je vais m’endormir dès 21 heures pour me réveiller à 2h50 d’un coup d’un seul. C’est énorme pour moi. Dormir d’une traite comme ça, cela ne m’est pas arrivé depuis…depuis presqu’un an ? Le fait d’avoir des lionceaux à demeure qui vont avoir 11 mois m’a plutôt habitué à des micro cycles de sommeil de 2 heures à tout casser, entrecoupés d’exercices physiques de type « pauses biberons », « remettage de tétines », « portages de poids de 2.5 kgs à 8 kgs » (avec le temps cela va dans un sens croissant, phénomène étrange).

Je suis en pleine forme à mon réveil et franchement c’est de très bon augure pour la suite. Pompes et douche froide : la morning routine sauf que tous les matin c’est pour courir 20 bornes en 2 heures alors que ce matin c’est pour 111 kms et 8400 de dénivelés + et -. J’arbore ma nouvelle panoplie « vert kaki treillis » à la place de ma traditionnelle tenue bleue Schtroumpf. Finalement je la regrette déjà ma tenue de Schtroumpf bleue.

Surprise à l’accueil de l’hôtel : un employé est bien présent pour nous servir un petit déjeuner ! Énorme. J’abuse de sa gentillesse pour qu’il me prenne en photo. Et regardez bien ci-dessous il me manque un accessoire qui aurait pu me mettre en grande difficulté durant la course. Quelques secondes d’attention, regardez bien. J’allais me rendre au départ en oubliant ……. devinez quoi ?

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…. en oubliant mon dossard que j’avais laissé soigneusement sur le bureau de ma chambre. Il s’en est fallu de peu. Voilà un nouveau chapitre à ajouter au recueil Grégo fait du trail après le chapitre « j’oublie de remplir mes flasques d’eau à Lourtier » le nouveau chapitre s’intitule « J’oublie d’accrocher mon dossard (et sa puce) avant de me rendre au départ de l’X-Alpine ». Je vous conseille de ranger l’ouvrage Grégo fait du trail sur votre étagère entre les BD de Frankin et les DVD de films de Jacques Tati pour les personnages burlesques au comportement un peu décalé et incohérents que ces auteurs dépeignent avec un talent certain. Mais qui a dit que mon blog n’était pas culturel ?

Avertissement aux lecteurs : Je ne touche aucune rétrocessions sur le chiffre d’affaire qui serait généré par la vente des ouvrages de Frankin ou les DVD de Jacques Tati suite à la lecture de mon article car comme vous le savez, je veux rester un « homme liiiiiiiiiiiiibre ». Même remarque suite à la vente des DVD de la série du Prisonnier dont j’emprunte, certes gratuitement, la citation pré citée.

En fait c’est en voyant un autre coureur prendre son petit déjeuner que je me rends compte de ma bourde.

Et on file au sas de départ. Il est 3h45.

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Ouhaaa superbe le podium !

Le départ est organisé comme à l’accoutumé. Nous avons droit à la récitation du poème Si Tu seras un homme mon fils de Rudyard Kipling. « Mais qui a dit que le trail n’était pas une activité culturelle ? » , promis j’arrête ! On nous passe « The final countdown » d’Europe et c’est parti ! Il est 4 heure du matin, je sais que je franchirai une nouvelle fois cette arche dans au moins 26 heures, mais dans l’autre sens. Après 111 kms et 8400 mètres de dénivelés positifs et négatifs.

X alpine profil

On attaque une première montée qui franchement n’est pas des plus simples surtout que j’ai toujours des jambes en bois quand j’attaque une course. Dans la montée quelqu’un m’interpelle : « Grégo comment tu vas ? ». Il s’agit d’un de mes lecteurs. Je lui demande comment il a fait pour me reconnaître moi qui pensais avancer masqué ? Il me dit que pour lui c’était assez simple. Il m’a reconnu « comme ça ». Je le remercie et suis assez surpris qu’il m’ait reconnu de nuit alors que je ne porte pas le costume bleu habituel.  Il est peut être temps que j’arrête d’être surpris que l’on me reconnaisse. Car finalement c’est assez rassurant de constater que l’on ressemble à … soi-même.

La descente sur Sembrancher est franchement compliquée pour moi. Je la trouve assez technique si on trébuche sur les racines des arbres qui affleurent c’est bien simple on tombe dans le contrebas qui ressemble à un ravin…au moins on descend plus vite. Cela dit je n’ai pas la dextérité suffisante pour vraiment me relâcher. Je trouve que c’est assez « risky » cette partie surtout qu’avec la frontale je vois assez mal. J’arrive après 1h30 de course comme d’habitude à Sembrancher il est donc 5h30 du matin, je range la frontale et m’hydrate d’un mélange de coca et d’eau comme j’en ai l’habitude sur tous mes trails.

Et j’attaque le « steak » de cet X-Alpine qui est servi dès l’apéro : Les 1900 mètres de dénivelé de ce Gulliver que l’on nomme Le Catogne et les traileurs des Lilliputs. Schtroumpf bleu, Lilliputs, manifestement je cultive le même thème. Il va falloir que je travaille dessus.

J’apprécie cette montée car la déclivité n’est pas redoutable, c’est long et c’est beau. Les rayons du soleil commencent à percer au dessus des cimes des massifs qui nous environnent. Et puis vient la partie minérale, le chemin de crête très alpin. Et enfin le sommet. J’arrive au faîte du Catogne sans difficulté particulière alors que l’année dernière je me sentais un peu en souffrance.

Arrivé au sommet j’exulte, je crie « on l’a fait ce Catogne » ! Or personne ne me répond ou plutôt je me sens regardé comme une bête curieuse. Mes autres collègues traileurs lèvent à peine la tête. C’est donc tout penaud, comme si j’avais fait une bourde, que je continue mon chemin en me faisant plus discret cette fois. « L’esprit Trail » c’est aussi se faire rabaisser son caquet sans en prendre ombrage.

On attaque la descente sur Champex lac qui est assez technique sur sa première partie  … mais également sur la deuxième il ne faut pas croire. Sur la première ce sont les rochers aiguisés comme des lames de rasoirs qui n’attendent que vous pour vous trancher tel une scie sauteuse (d’ailleurs on entend un hélicoptère au loin, c’est peut être pour le SAV) et sur la deuxième partie en sous bois ce sont toujours ces foutues racines d’arbres qui affleurent et qui sont là pour que vous vous crochetiez le pied. Franchement la nature est vraiment hostile.

Mais la descente sur Champex Lac (ici on prononce « Champey ») est splendide.

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J’arrive à Champex dans le même chrono que les deux années précédentes à quelques minutes près, ce qui fera dire à mon pote Sylvain (un 100 bonard et tri athlète dont voici le blog) que je suis réglé comme une pendule suisse.

Et après le magnifique terrain bucolique qui suit la ravito j’attaque cette montée que je trouve surtout extrêmement éprouvante dans sa première partie dans les sous bois. Des marches énormes où l’on est contraint de mettre les mains pour grimper ces énormes rochers, talus de terre. Ensuite le chemin est beaucoup plus minéral puisque que l’on traverse un pierrier et là encore je croise un lecteur : « c’est toi Grégo ? ». « Euh oui… « bon cette fois je vais arrêter de faire mon étonné. Je le remercie et lui dis qu’il est sur la bonne voie et qu’il faut continuer à mettre un pied devant et ne pas se poser de question tant que l’on peut avancer. Et là il me dit : « oui mais on est quand même partie à 1 heure du matin ». Cela dit je n’ai pas la capacité d’analyser l’information n’ayant jamais checké les niveaux des barrières horaires. En d’autres termes veut il me dire qu’à leur rythme bien qu’avançant, ils se verront rattrapés par le couperet d’une barrière à un ravito ?

Je continue et passe le col Breya où je demande au pointeur de me prendre en photo. Franchement c’est assez sympa de sa part. Il n’a pas que cela à faire mais accepte cordialement.

Et j’atteins la cabane d’Orny sans trop de difficulté. Et là je ne sais pas ce qu’il me prend, une envie, un désir. Mon cerveau me dit de boire du Rivella que les bénévoles me proposent. Et bien voilà la potion magique des suisses. Rivella qui contient du lactosérum et qui est vendu partout dans toute la suisse mais à l’exception de tous les autres endroits du monde : Rivella est devenu ma boisson énergétique favorite de ce trail.

Avertissement encore : bien entendu je ne touche aucun émolument de quelque nature que ce soit de la part du producteur de Rivella. Cela dit s’il avait quelques palettes à m’envoyer à Paris je ne dirais pas non.

J’attaque la descente assez vite d’autant que le temps se couvre et que l’on perçoit quelques fumerolles. La descente est relativement aisée même si sur la première partie qui se déverse en direction de Saleinaz je suis assez crispé sur mes appuis, j’ai assez peur de la chute. Statistiquement j’ai toujours chuté au moins une fois lors de TOUS mes trails. Cette perspective me rend extrêmement peureux prudent 🙂 C’est là où je me rends compte qu’à 45 ans les années qui passent ont un impact sur nos capacités. Très clairement j’ai perdu en adresse et réflexe. C’est assez net. Je ne peux plus me permettre d’envoyer dans la descente comme j’ai pu le faire…euh j’ai réellement pu le faire un jour ? Je ne m’en souviens pas puisque finalement j’ai commencé les Ultra en montagne que récemment. Ce qui est certain c’est que je ressens une appréhension dans les descentes que je n’ai jamais ressentie et je pense que cette peur ne me quittera plus dans les années à venir. Il faut être clair à partir d’un âge certain on ne peut plus jouer les cabris en descentes à 10 km/h sur des degrés de 20% avec pierres et cailloux qui affleurent.

La température est très clémente malgré le soleil qui revient. J’arrive au « ravito off » de Saleinaz et je bois correctement. Je me retrouve sur le chemin de la mort en direction de La Fouly. Et contrairement aux autres années je n’ai pas l’impression que cela soit si mortel que cela. Il faut dire que l’amplitude de température entre Orny et La Fouly n’est pas aussi sensible que lors des années précédentes. Donc non je n’ai pas d’angoisse de devoir abandonner. Je vais croiser avec grande peine François qui m’annonce qu’il abandonne. Cela me donne un coup sur la tête. D’ailleurs j’ai l’esprit ailleurs et je vais connaître ma première chute : et vlan je trébuche du pied gauche du côté de la pente et m’étale de tout mon long. Rien de grave mais il va falloir quand même que je m’y remette sérieusement. Alors j’ai une ritournelle en tête c’est un titre de Depeche Mode : Going Backwards. Oui je sais c’est très bizarre ce titre et paroles de chanson mais on ne choisit pas ce qui vous vient spontanément à l’esprit. C’est complètement ubuesque lorsque l’on doit aller de l’avant d’avoir une ritournelle qui s’intitule Going Backwards j’ai même la crainte que cela ne m’influence à « l’insu de mon plein gré » comme dirait l’autre. Alors je change les paroles en « Going Forward » comme ça c’est plus cohérent !

Sur le terrain j’arrêterai de poser la question de savoir combien il y a de kms d’ici La Fouly aux piétons. On m’annonce 4 kms… alors que manifestement il en reste au moins le double ! J’ai hâte d’arriver pour rencontrer mon meilleur supporter sur cet X-Alpine, toujours mon fidèle supporter à La Fouly, et à qui je dois les photos ci-après.

Super moment de détente avec Sylvain qui m’a mis de côté deux petites bouteilles d’eau pour pallier tout risque de déshydratation auquel je suis habituellement confronté sur la montée du col Fenêtre.

C’est parti pour l’ascension qui, il faut le dire, est plutôt reposante en direction du col Fenêtre. A noter que le parcours emprunte la route à un moment (on bifurque sur la droite en passant devant la terrasse d’un chalet) ce qui n’est pas le tracé habituel : clairement c’est moins beau.

Je ne souffre pas de déshydratation. J’arrive au col Fenêtre non sans m’être arrêté de multiples fois pour contempler les lacs d’altitude. Il faudrait que j’arrête ce mode « randonnée touristes en montagne » durant mes trails, cela éviterait non seulement de perdre du temps mais également de casser mon rythme. Je perds ma concentration après chaque arrêt et il me faut un temps certain avant de me remettre dans la course.

J’arrive au col du Grand Saint Bernard avec cette fois un retard sur tous mes derniers chronos. Je décide d’arrêter ce rythme de « Stop n Go ». Go Grégo, on va se fouetter pour aller au col des Chevaux en mettant le turbo (« et les chevaux »… non elle est nulle celle là).

Et effectivement je met la quatrième. C’est probablement mon ascension la plus rapide. Et de l’autre côté on va attaquer la descente sur Bourg Saint Pierre avec une lumière qui va devenir de plus en plus faible. J’aime beaucoup cette descente, elle est assez facile une fois le grand pierrier traversé. Et on longe une retenue d’eau que je trouve assez fascinante à ce moment de la journée, à savoir le Barrage des Toules.

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Après le calme, le bruit de la civilisation ou de la nature domptée par l’homme : le barrage et le tunnel pour voitures dont on entend le bruit des moteurs.

Finalement j’arrive à Bourg Saint Pierre dans les même temps que les années précédentes. Mais je me sens bien plus frais et n’ai pas l’envie d’y perdre du temps. J’ouvre mon sac de change pour prendre ma quiche lorraine, je bois encore du Rivella coupée avec de l’eau. Et hop, arrêt total de 10 minutes. On n’est pas là pour jouer à la belote même si je vois pas mal de coureurs affalés sur les tables pour une sieste. Quant à moi si je m’assied et bien je ne repars plus.

Je mets la frontale, la nuit est quasiment là. Et elle sera longue puisque je sais que je n’arriverai qu’au petit matin. Il reste deux cols : celui qui mène à la cabane de Mille et… The Mur (Lourtier / La Chaux).

Comme dit en préambule je contemple durant une minute notre voûte étoilée. Mes connaissances en terme d’astronomie se limitent à la reconnaissance de la grande casserole et d’Orion (et encore je ne suis pas certain que cela soit vraiment Orion). Là j’atteins mes limites en terme de culture astronomique. Je le reconnais, Grego On The Run est un blog culturellement limité en terme de reconnaissance de constellations.

En fait on ressent de la lassitude sur ce col. Lorsque l’on perçoit la lumière de la cabane de Mille on pense que l’on est bientôt arrivé alors que le chemin qui y parvient emprunte une corniche qui est très très longue. Je m’explique : à vol d’oiseau en fixant un treuil la cabane est presque à portée de main, or pour y accéder le chemin de corniche est très long car vous avez juste un énorme vide à contourner. Maintenant rien ne vous empêche de venir avec votre delta plane pour tirer un trait bien rectiligne : en moins de 3 minutes c’est plié. A pied… compter 1 heure au moins.

A la cabane de Mille, j’entends un traileur qui me dit « Grégo tu n’oublieras pas de remplir tes flasque cette fois à Lourtier ! ». C’est assez sympa, je me suis encore fait reconnaître. Il est de nationalité suisse. Impossible de me souvenir de son nom. Je demande aux bénévoles qui est le vainqueur de l’X-Alpine. Ils me répondent qu’ils ne connaissent que le résultat du match de foot de la coupe du monde. Et moi de répondre :  quel match ? Ah Angleterre …Danemark ?? Ne m’en voulez pas mais les capacités cognitives après presque 24 heures de courses sont assez limitées. Vous allez vous dire qu’en plus de mon inculture en astronomie je suis nul en culture footballistique. Et vous aurez raison…à l’exception de l’AS Saint-Etienne ! Et encore des années Larqué et Platini.

Bon c’est pas tout mais il faut attaquer cette descente sur Lourtier et se chauffer pour attaquer « The Mur » qui lui succède.

Dans la descente il commence à faire chaud. Alors toujours cette interrogation, je m’arrête, je m’arrête pas pour enlever mon coupe vent que j’ai mis au col de Grand Saint Bernard et jamais quitté depuis ? C’est toujours pénible de devoir s’arrêter pour se changer, cela casse le rythme et puis on n’a plus d’énergie pour le faire. Alors je préfère supporter la chaleur et l’étuve de mon Gore Tex. J’arrive à continuer à courir sur le contrebas en arrivant presque en vainqueur à Lourtier. J’ai vraiment la pêche. Et puis nous attend un risotto qui va me remonter assez vite. J’ai besoin de salé. J’en profite pour enlever mon Gore Tex. Je ne traine pas non plus. Aussi vite avalé mon plat de risotto très compacte tel une plâtrée de porridge j’attaque The Mur non sans m’être bien hydraté en Rivella et remplie une flasque entièrement. Je sais qu’il fait beaucoup moins chaud que l’année dernière.

Je vais battre mon record de l’ascension de Lourtier La Chaux et ses 1200 mètres de D+ en 2 heures pile. C’est dur mais finalement moins que dans mon souvenir…enfin le chemin de corniche après la forêt est quand même assez costaud, on pense être arrivé et finalement cette corniche à ciel ouvert est assez pentue si bien que de nombreux coureurs sont assis sur le bas côtés, il y en a même qui dorment. J’entre dans le ravito de La Chaux pour n’y rester qu’une minute, je ne suis pas là pour prendre un demi. Je ne suis jamais arrivé aussi tôt à La Chaux. Je ne quitte pas la frontale alors que d’habitude je pouvais me le permettre, l’aube était déjà là.

Je sais que je suis sur le rythme de mon meilleur chrono et que je peux assurer sur la descente sur Verbier. Yes ! Bon je vais tout faire pour éviter le drame de me prendre les pieds dans les racines d’un arbre et de se blesser si près du but !

Le chemin remonte sur la droite, c’est tout bon. J’arrive et je vais pleinement profiter de ces derniers moments de bonheur d’être bientôt finisher, qui plus est en signant mon meilleur chrono.

Done !

Nous étions 494 coureurs au départ. Il reste 270 finishers (taux d’abandon de 45%).

Je termine en 25h46 à la 82 ième position au scratch soit dans les 30% des finishers et 18% des partants.

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Je ramène une belle troisième étoile à ma plus belle étoile. Et quant à mon fils il s’est bien accroché au maillot de finisher. Il a déjà bien compris ce qui avait de la valeur ! C’est bien mon fils, c’est bien. ;-))

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X-Alpine 2018 : espoir de performance, temps de passage, équipement et tutti quanti

L’objectif numéro 1 :

ETRE FINISHER et de retour à Verbier après 111 kms et 8400 mètres de dénivelé plus et surtout 8400 de dénivelés en négatif.

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NB : les dénivelés négatifs dont les descentes à 30% sur Le Catogne par exemple sont très traumatisants, on le paye 24 heures après. Je ne le répéterai jamais assez : dans les Ultra Trail à fort dénivelé le plus difficile à gérer ce sont les descentes et non les montées (certes fatigantes). Les descentes sont « traumatisantes » pour les fibres musculaires et source de multiples inflammations qui enverront de méchants signaux à votre Gouverneur Central qui en retour voudra vous faire arrêter en mettant votre tableau de bord au rouge.

L’objectif numéro 2 : La secondaire

Se faire plaisir et profiter du paysage.

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L’objectif numéro 3 : La subsidiaire, la cerise sur le gâteau

Éventuellement faire un chrono. si les jambes sont bien présentes.

Voici mes chronos sur les deux dernières éditions.

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Je tenterai d’égaler les chronos de 2016 et de terminer en moins de 26h30 (soit une arrivée à moins de 6h30 du matin dimanche).

Le matos le plus important :

  • Les lunettes de soleil
  • La crème solaire écran total XXL
  • Le buff de protection tête et cou

La stratégie de course :

  • Partir très tranquillement et monter Le Catogne et Orny en sous régime.
  • Ne pas craindre d’être complètement entamé sur la « route de la mort » en direction de La Fouly qui est le mouroir de l’X-Alpine. Résistez à la tentation d’abandonner. Mettez un pied devant l’autre et faites le point au col du Grand Saint Bernard. Vous changerez alors d’avis.

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  • Impérativement bien boire à La Fouly et partir avec les flasques pleines + 2 bouteilles. Relisez mes deux dernières récits, je suis à chaque fois mort de soif avant d’atteindre le Col Fenêtre malgré des flasques pleines au ravito de La Fouly.

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Les citations de l’X-Alpine :

  • Avoir en tête la citation suivante : « Ne pas craindre d’être lent, mais craindre d’être immobile ».
  • Citation numéro deux qui me fait bien marrer mais que vous êtes susceptible d’entendre au départ : « Une douleur éphémère pour une fierté éternelle »

Ma citation toute personnelle : « Depuis mon abandon en 2015, j’ai depuis lors une X-Alpine en travers de la gorge. Je suis condamné à devenir finisher jusqu’à ce que je n’en puisse plus pour la faire définitivement passer ». J’espère juste que mon fils ne portera pas la croix à son tour… :-))

Bonne course les amis. Rendez-vous à Verbier…dimanche matin pour le plus grand nombre.

Pour me suivre :

https://tvsb.livetrail.net/coureur.php

Dossard 108

X-Alpine 2018 : le point sur ma préparation.

En quête d’une troisième étoile pour ma plus belle étoile 😉 pour ce #TVSB 2018

Photo de l’obtention de la deuxième étoile en 2017

© 2017 Sylvain Adenot Photography
Finisher du Trail Verbier Saint-Bernard , à Verbier (Valais Suisse, Suisse, CH). © 2017 Sylvain Adenot Photography

Ai-je beaucoup couru lors de ces 9 dernières semaines de préparation ?

720 kms c’est … moins que l’année dernière c’est sûr…mais je n’arriverai plus jamais à courir autant qu’en 2017 (1160 kms en 9 semaines). J’ai couru un peu moins qu’en 2016 (860 kms) année importante où j’avais réalisé mon meilleur chrono sur l’épreuve mais je ne pense pas que la différence soit statistiquement vraiment significative.

X-Alpine synthèse

No Jet Lag !

Autre élément important à mentionner. C’est la première année où je courrai l’X-Alpine sans m’être pris un décalage horaire le WE précédent revenant des USA. Et ça cela compte. Et très clairement le très fort volume d’entraînement hyper costaud de l’année dernière pour cause de prépa UTMB fait que je suis arrivé un peu entamé à Verbier.

Aujourd’hui je me sens bien, j’ai mon « poids de forme X-Alpine » et composition corporelle que j’atteins toutes les années avec la régularité d’une horloge suisse : soit 61 kgs et 5% de masse grasse (je mesure toujours 175 cms…cela ne bouge pas ça !!!)

Quand on s’aligne sur l’X-Alpine, l’objectif numéro 1 c’est avant tout … de revenir à Verbier.

Avertissement : le graphique ci-dessous ne correspond pas au profil d’une course ! Celui de l’X-Alpine est beaucoup plus impressionnant.

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L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 3)

Après les deux premiers post (part 1 et part 2) on continue la série de l’été à propos de l’X-Alpine qui se déroulera à l’heure où j’écris ces lignes dans 15 jours. Les dés sont presque jetés maintenant pour nous tous. Il est désormais important de gérer l’atterrissage. Je fais référence à la phase d’affûtage, autrement appelée « tapering » chez nos amis anglo-saxons. Il s’agit en gros de baisser le volume d’entraînement pour que l’organisme surcompense, c’est à dire mette en place un processus d’adaptation vous apportant un état de forme (fitness) plus élevé que celui que vous aviez avant de vous entraîner. Ben oui….quand on s’entraîne beaucoup et bien on est crevé tout le temps ! Vivement la phase d’affûtage pour qu’enfin on ressente le bien être ou bénéfice de cette sollicitation permanente que vous avez infligé à votre corps (ben oui cela sert à ça l’entraînement !).

Mais je m’écarte du sujet qui est celui des pièges que peut nous tendre cet Ultra si particulier.

Le premier piège : se prendre une bonne gamelle dans la descente vers Sembrancher.

Partir trop vite et … trébucher sur une racine d’arbre dans la descente vers Sembrancher.  C’est trop bête !!!!! Vous êtes en pleine forme (ce que vous croyez) à 4 heures ou 1 heure du matin. Et l’euphorie aidant vous vous mettez le turbo dans cette descente. Cela dit il fait nuit, il y a de la poussière causée par les passages des coureurs, votre vigilance est amoindrie (oui entre 1 h et 4 h vous êtes très vulnérable…en principe votre gouverneur central est en mode off). Le seul avantage que je perçois c’est que vous pouvez revenir sur vos pas et remonter à Verbier pour abandonner si vous vous êtes blessé.

Le deuxième piège : grimper comme une fusée Le Catogne et Orny.

Il fait frais, les sensations sont bonnes, le paysage est superbe alors forcément on se sent pousser des ailes. Sauf que l’on est en train de se griller pour la suite…le chemin de la mort va nous rappeler à l’ordre. Je l’ai évoqué dans mon précédent post. Le gros danger de passer d’Orny à La Fouly c’est de ressentir une élévation de température d’au moins 15 degrés mettant à mal ton organisme. Tu vas ressentir un vrai coup de barre. Tous les traileurs se regardent en chien de faïence sur ce sentier avec … un regard de chien battu. Regardez comme je donne le change sur la photo ci-dessous prise sur le chemin de la mort. En fait j’en mène pas large… et je marche.

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Le troisième piège : renoncer à continuer sur le chemin de la mort et abandonner à La Fouly.

DON’T STOP A LA FOULY !!!!!!!!!!!!!!!!!!

RÉSISTE A LA TENTATION DE RENDRE TON DOSSARD

La parade ? Tu demandes à quelqu’un de se poster à La Fouly et de t’interdire de rendre ton dossard. Cela peut être quelqu’un de ta famille, super pote et à défaut tu payes quelqu’un pour faire ce job.

Après avoir passé le mur du son de La Fouly, tu ne peux plus arrêter, tu es attiré par la ligne d’arrivée. Et tu traverses les plus beaux paysages de cet X-Alpine et là tu te dis que cela valait le coup de continuer. Nan ! Je ne mettrai pas de photos des beaux paysages. Comme ça tu es encore plus motivé de les découvrir en direct live.

Le quatrième piège : ne pas suffisamment boire au ravito de La Fouly et ne pas remplir à fond ses flasque.

Je me suis fait piéger lors de mes deux dernières participations 2016 et 2017. Sur la montée du col Fenêtre on se déshydrate incroyablement vite. Et franchement je vous déconseille de boire dans les citernes de flotte pour bovins que vous allez croiser sur cette montée. Vous devrez alors faire un choix entre la déshydratation ou la dysenterie.

Le cinquième piège : Maudire le traceur de l’X-Alpine lors de l’ascension de « The Mur » de Lourtier / La Chaux.

Là je n’ai rien à vous conseiller. Oui c’est difficile, oui c’est vraiment terrible. Mais le traceur de l’X-Alpine est là pour vous pousser dans vos derniers retranchements pour que vous soyez fier d’être arrivé jusqu’au bout. Allez courage, c’est le dernier col ! Mais put… quel col !

The Mur

 

 

L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 2)

Deuxième post sur l’X-Alpine après l’article introductif pour vous faire découvrir un Ultra Trail singulier qui envoûte ceux qui y goûtent. En tous cas c’est un Ultra qui ne laisse personne indifférent.

Rappel du taux d’abandon des trois dernières années (les années durant lesquelles Le Catogne a été ajouté au programme du profil)

2015 : taux d’abandon de 64%

2016 : taux d’abandon de 57%

2017 : taux d’abandon de 51%

Un taux en baisse qui traduit une meilleure préparation ou une auto sélection des candidats qui ont lu mes récits de 2015 puis de 2016 ? ;-))

Néanmoins on peut être surpris par le taux d’abandon qui est un des plus élevés qui soit (juste pour mémoire l’UTMB connaît bon an mal an 35% de taux d’abandon seulement).

X alpine profil

Alors on va jouer au jeu des « questions réponses » pour essayer de répondre à la question : Pourquoi cet Ultra est il considéré comme très difficile alors que… ce n’est que 111 kms !

Effectivement l’UTMB c’est 170 kilomètres alors on pourrait vite en conclure que l’X-Alpine à côté « c’est du gâteau ». Et si l’on a été finisher de l’UTMB alors l’X-Alpine on va en faire une seule bouchée ?

Bon alors on va tout de suite recadrer les choses. Je connais quelques cas de finishers de l’UTMB qui ont abandonné sur l’X-Alpine, qui ont été surpris de sa technicité et qui ont été beaucoup plus éprouvés que sur l’épreuve mythique. Mais pourquoi ?

1/ Un rapport « dénivelé sur distance «  important :

8400 m de D+/- sur « seulement » 111 kms c’est juste énorme. Franchir 8400 m de D+/- « étalés » sur 170 kms justement serait d’une certaine manière plus aisé. Ce rapport traduit un profil où les montées « one shot » et descentes peuvent paraître non seulement interminables mais surtout très techniques (avec un degré de déclivité ou d’ascension qui fait mal).

2/ Une distribution des cols le long de la course qui est redoutable :

Qu’est-ce que j’entends par là ? En fait on vient d’aborder le « rapport dénivelé sur distance » mais un autre paramètre est également important à prendre en compte. Il s’agit de la manière dont est réparti ce dénivelé le long de la course. Il est probable que de faire de manière continu un parcours au dénivelé + de 8400 mètres suivi de sa descente est probablement moins exigeant (car la pente est la plus douce possible) que de le faire via des à-coups qui sont autant de décharges violentes à encaisser.

Et concernant cette distribution de dénivelé, L’X-Alpine compte 5 obstacles majeurs dont les deux plus difficiles positionnés dès le premier quart du parcours.

On attaque par le col le plus difficile long qui est à savoir le Catogne : une ascension de 1900 mètres « one shot ». C’est un peu comme si lors d’un dîner auquel vous êtes conviés on vous servait la côte de bœuf dès l’apéritif avant de passer à table…avec en ligne de mire l’objectif de bien tenir jusqu’au digestif post dessert, parce que sinon vous ne serez plus réinvité !

Le(s) risque(s) ?

C’est le petit matin, on se sent tellement bien, c’est tellement beau ce chemin de crête du Catogne après toute cette montée (cf. photo de mon précédent post) … que l’on risque d’y perdre de nombreuses plumes parce que l’on est parti trop vite. Une côte de bœuf cela se déguste lentement ! La descente qui suit en direction du lac de Champex est juste terrible pour les cuisses sur les premiers mètres : descente sur quelques mètres parfois avec l’aide de chaînes fixés le long de la parois.

Ensuite on attaque le deuxième plus long col qui est l’ascension vers la cabane d’Orny. Les premiers 400 mètres d’ascension jusqu’au col Breya sont très pentus d’autant que le soleil commence à taper fort. Et justement parlons en du soleil et de la chaleur… car il s’agit de la troisième difficulté de l’X-Alpine.

3/ Un soleil au zénith qui vous embrase au plus mauvais moment :

J’évoquais dans le paragraphe précédent le concept de « distribution ou encore de répartition du dénivelé » sur une course. Sur l’X-Alpine les coureurs « tout venant » comme moi passent de 2800 mètres d’altitude (Orny) à 1000 mètres d’altitudes (Saleinaz) en début d’après midi, quand le soleil est à son zénith. A 2800 mètres d’altitude la température dépasse rarement 10 degrés et à Saleinaz elle a pu être, selon les années, supérieure à 25 degrés. L’organisme qui vient d’encaisser plus de 4000 mètres de dénivelés depuis le départ de la course encaisse en moins de 2 heures un choc thermique de plus de 15 degrés.

Et maintenant vous comprenez mieux pourquoi ce sentier légèrement montant vers La Fouly mène directement vers ce purgatoire où se concentre la majorité des abandons dont le mien lors de ma première participation.

chemin de la mort

Je l’ai nommé le chemin de la mort non seulement à cause de son terme à La Fouly pour beaucoup mais aussi en raison de notre attitude de macchabées incapables de vraiment relancer. Personnellement je ne fais que marcher.

Bon là je crois que j’en ai effrayé plus d’un ;-))

Cela dit on peut faire face et devenir finisher quand même…

J’arrête pour aujourd’hui.

A suivre…

 

 

 

 

 

L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 1)

L’X-Alpine est l’épreuve reine des épreuves du TVSB (Trail Verbier Saint Bernard). Elle compte 111 kms et 8400 de dénivelés positifs et négatifs. Et moins de 50% des coureurs au départ arrivent à rallier l’arrivée.

Je suis inscrit pour la quatrième année consécutive et il me tarde d’être le 7 juillet 2018.

Alors j’ai tellement d’éléments à partager que ce post est le premier d’une longue série. Cela dit futurs « I am X-Alpine » j’essaierai de vous donner quelques clefs mais surtout l’envie d’aller au bout…surtout lorsque vous serez en train de gamberger quelque part entre Saleinaz et La Fouly.

Avertissement : ce présent post et ceux qui suivront ne s’adressent pas aux 50 premiers finishers de l’X-Alpine et encore moins à l’élite… mais plutôt à tous les autres coureurs tout-venant comme moi qui veulent prendre part à une épreuve un peu surdimensionnée pour eux. Mais c’est bien ce qui constitue l’intérêt et le piquant de la démarche.

L’X-Alpine est très certainement l’épreuve de Trail qui m’a le plus marqué dans tous les sens du terme. Car au-delà de ses spécificités hors normes il est vrai que j’en ai gardé un certains nombre de stigmates. L’X-Alpine est une épreuve qui secoue tous ses participants. Elle ne laisse personne indifférent non seulement parce qu’elle est difficile mais aussi parce qu’elle est caractérisée par une beauté et variété de paysages qui sont à couper le souffle. Par ailleurs elle est tellement éprouvante qu’elle laisse chez celui qui est finisher une émotion très particulière mêlée de fierté bien sûr (comme pour tout accomplissement) mais aussi d’autres sensations très singulières. Car franchir la ligne d’arrivée c’est avoir réussi à vivre une expérience surréaliste car empreintes de multiples émotions aussi opposées que l’enthousiasme et l’extase mais également la souffrance extrême et la lassitude. J’essaierai d’en décrire les mécanismes.

Un petit teaser de l’organisation du TVSB pour commencer ?

 

En attendant liens vers mes trois récits de course :

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2015

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2016

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2017