L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 3)

Après les deux premiers post (part 1 et part 2) on continue la série de l’été à propos de l’X-Alpine qui se déroulera à l’heure où j’écris ces lignes dans 15 jours. Les dés sont presque jetés maintenant pour nous tous. Il est désormais important de gérer l’atterrissage. Je fais référence à la phase d’affûtage, autrement appelée « tapering » chez nos amis anglo-saxons. Il s’agit en gros de baisser le volume d’entraînement pour que l’organisme surcompense, c’est à dire mette en place un processus d’adaptation vous apportant un état de forme (fitness) plus élevé que celui que vous aviez avant de vous entraîner. Ben oui….quand on s’entraîne beaucoup et bien on est crevé tout le temps ! Vivement la phase d’affûtage pour qu’enfin on ressente le bien être ou bénéfice de cette sollicitation permanente que vous avez infligé à votre corps (ben oui cela sert à ça l’entraînement !).

Mais je m’écarte du sujet qui est celui des pièges que peut nous tendre cet Ultra si particulier.

Le premier piège : se prendre une bonne gamelle dans la descente vers Sembrancher.

Partir trop vite et … trébucher sur une racine d’arbre dans la descente vers Sembrancher.  C’est trop bête !!!!! Vous êtes en pleine forme (ce que vous croyez) à 4 heures ou 1 heure du matin. Et l’euphorie aidant vous vous mettez le turbo dans cette descente. Cela dit il fait nuit, il y a de la poussière causée par les passages des coureurs, votre vigilance est amoindrie (oui entre 1 h et 4 h vous êtes très vulnérable…en principe votre gouverneur central est en mode off). Le seul avantage que je perçois c’est que vous pouvez revenir sur vos pas et remonter à Verbier pour abandonner si vous vous êtes blessé.

Le deuxième piège : grimper comme une fusée Le Catogne et Orny.

Il fait frais, les sensations sont bonnes, le paysage est superbe alors forcément on se sent pousser des ailes. Sauf que l’on est en train de se griller pour la suite…le chemin de la mort va nous rappeler à l’ordre. Je l’ai évoqué dans mon précédent post. Le gros danger de passer d’Orny à La Fouly c’est de ressentir une élévation de température d’au moins 15 degrés mettant à mal ton organisme. Tu vas ressentir un vrai coup de barre. Tous les traileurs se regardent en chien de faïence sur ce sentier avec … un regard de chien battu. Regardez comme je donne le change sur la photo ci-dessous prise sur le chemin de la mort. En fait j’en mène pas large… et je marche.

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Le troisième piège : renoncer à continuer sur le chemin de la mort et abandonner à La Fouly.

DON’T STOP A LA FOULY !!!!!!!!!!!!!!!!!!

RÉSISTE A LA TENTATION DE RENDRE TON DOSSARD

La parade ? Tu demandes à quelqu’un de se poster à La Fouly et de t’interdire de rendre ton dossard. Cela peut être quelqu’un de ta famille, super pote et à défaut tu payes quelqu’un pour faire ce job.

Après avoir passé le mur du son de La Fouly, tu ne peux plus arrêter, tu es attiré par la ligne d’arrivée. Et tu traverses les plus beaux paysages de cet X-Alpine et là tu te dis que cela valait le coup de continuer. Nan ! Je ne mettrai pas de photos des beaux paysages. Comme ça tu es encore plus motivé de les découvrir en direct live.

Le quatrième piège : ne pas suffisamment boire au ravito de La Fouly et ne pas remplir à fond ses flasque.

Je me suis fait piéger lors de mes deux dernières participations 2016 et 2017. Sur la montée du col Fenêtre on se déshydrate incroyablement vite. Et franchement je vous déconseille de boire dans les citernes de flotte pour bovins que vous allez croiser sur cette montée. Vous devrez alors faire un choix entre la déshydratation ou la dysenterie.

Le cinquième piège : Maudire le traceur de l’X-Alpine lors de l’ascension de « The Mur » de Lourtier / La Chaux.

Là je n’ai rien à vous conseiller. Oui c’est difficile, oui c’est vraiment terrible. Mais le traceur de l’X-Alpine est là pour vous pousser dans vos derniers retranchements pour que vous soyez fier d’être arrivé jusqu’au bout. Allez courage, c’est le dernier col ! Mais put… quel col !

The Mur

 

 

L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 2)

Deuxième post sur l’X-Alpine après l’article introductif pour vous faire découvrir un Ultra Trail singulier qui envoûte ceux qui y goûtent. En tous cas c’est un Ultra qui ne laisse personne indifférent.

Rappel du taux d’abandon des trois dernières années (les années durant lesquelles Le Catogne a été ajouté au programme du profil)

2015 : taux d’abandon de 64%

2016 : taux d’abandon de 57%

2017 : taux d’abandon de 51%

Un taux en baisse qui traduit une meilleure préparation ou une auto sélection des candidats qui ont lu mes récits de 2015 puis de 2016 ? ;-))

Néanmoins on peut être surpris par le taux d’abandon qui est un des plus élevés qui soit (juste pour mémoire l’UTMB connaît bon an mal an 35% de taux d’abandon seulement).

X alpine profil

Alors on va jouer au jeu des « questions réponses » pour essayer de répondre à la question : Pourquoi cet Ultra est il considéré comme très difficile alors que… ce n’est que 111 kms !

Effectivement l’UTMB c’est 170 kilomètres alors on pourrait vite en conclure que l’X-Alpine à côté « c’est du gâteau ». Et si l’on a été finisher de l’UTMB alors l’X-Alpine on va en faire une seule bouchée ?

Bon alors on va tout de suite recadrer les choses. Je connais quelques cas de finishers de l’UTMB qui ont abandonné sur l’X-Alpine, qui ont été surpris de sa technicité et qui ont été beaucoup plus éprouvés que sur l’épreuve mythique. Mais pourquoi ?

1/ Un rapport « dénivelé sur distance «  important :

8400 m de D+/- sur « seulement » 111 kms c’est juste énorme. Franchir 8400 m de D+/- « étalés » sur 170 kms justement serait d’une certaine manière plus aisé. Ce rapport traduit un profil où les montées « one shot » et descentes peuvent paraître non seulement interminables mais surtout très techniques (avec un degré de déclivité ou d’ascension qui fait mal).

2/ Une distribution des cols le long de la course qui est redoutable :

Qu’est-ce que j’entends par là ? En fait on vient d’aborder le « rapport dénivelé sur distance » mais un autre paramètre est également important à prendre en compte. Il s’agit de la manière dont est réparti ce dénivelé le long de la course. Il est probable que de faire de manière continu un parcours au dénivelé + de 8400 mètres suivi de sa descente est probablement moins exigeant (car la pente est la plus douce possible) que de le faire via des à-coups qui sont autant de décharges violentes à encaisser.

Et concernant cette distribution de dénivelé, L’X-Alpine compte 5 obstacles majeurs dont les deux plus difficiles positionnés dès le premier quart du parcours.

On attaque par le col le plus difficile long qui est à savoir le Catogne : une ascension de 1900 mètres « one shot ». C’est un peu comme si lors d’un dîner auquel vous êtes conviés on vous servait la côte de bœuf dès l’apéritif avant de passer à table…avec en ligne de mire l’objectif de bien tenir jusqu’au digestif post dessert, parce que sinon vous ne serez plus réinvité !

Le(s) risque(s) ?

C’est le petit matin, on se sent tellement bien, c’est tellement beau ce chemin de crête du Catogne après toute cette montée (cf. photo de mon précédent post) … que l’on risque d’y perdre de nombreuses plumes parce que l’on est parti trop vite. Une côte de bœuf cela se déguste lentement ! La descente qui suit en direction du lac de Champex est juste terrible pour les cuisses sur les premiers mètres : descente sur quelques mètres parfois avec l’aide de chaînes fixés le long de la parois.

Ensuite on attaque le deuxième plus long col qui est l’ascension vers la cabane d’Orny. Les premiers 400 mètres d’ascension jusqu’au col Breya sont très pentus d’autant que le soleil commence à taper fort. Et justement parlons en du soleil et de la chaleur… car il s’agit de la troisième difficulté de l’X-Alpine.

3/ Un soleil au zénith qui vous embrase au plus mauvais moment :

J’évoquais dans le paragraphe précédent le concept de « distribution ou encore de répartition du dénivelé » sur une course. Sur l’X-Alpine les coureurs « tout venant » comme moi passent de 2800 mètres d’altitude (Orny) à 1000 mètres d’altitudes (Saleinaz) en début d’après midi, quand le soleil est à son zénith. A 2800 mètres d’altitude la température dépasse rarement 10 degrés et à Saleinaz elle a pu être, selon les années, supérieure à 25 degrés. L’organisme qui vient d’encaisser plus de 4000 mètres de dénivelés depuis le départ de la course encaisse en moins de 2 heures un choc thermique de plus de 15 degrés.

Et maintenant vous comprenez mieux pourquoi ce sentier légèrement montant vers La Fouly mène directement vers ce purgatoire où se concentre la majorité des abandons dont le mien lors de ma première participation.

chemin de la mort

Je l’ai nommé le chemin de la mort non seulement à cause de son terme à La Fouly pour beaucoup mais aussi en raison de notre attitude de macchabées incapables de vraiment relancer. Personnellement je ne fais que marcher.

Bon là je crois que j’en ai effrayé plus d’un ;-))

Cela dit on peut faire face et devenir finisher quand même…

J’arrête pour aujourd’hui.

A suivre…

 

 

 

 

 

L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 1)

L’X-Alpine est l’épreuve reine des épreuves du TVSB (Trail Verbier Saint Bernard). Elle compte 111 kms et 8400 de dénivelés positifs et négatifs. Et moins de 50% des coureurs au départ arrivent à rallier l’arrivée.

Je suis inscrit pour la quatrième année consécutive et il me tarde d’être le 7 juillet 2018.

Alors j’ai tellement d’éléments à partager que ce post est le premier d’une longue série. Cela dit futurs « I am X-Alpine » j’essaierai de vous donner quelques clefs mais surtout l’envie d’aller au bout…surtout lorsque vous serez en train de gamberger quelque part entre Saleinaz et La Fouly.

Avertissement : ce présent post et ceux qui suivront ne s’adressent pas aux 50 premiers finishers de l’X-Alpine et encore moins à l’élite… mais plutôt à tous les autres coureurs tout-venant comme moi qui veulent prendre part à une épreuve un peu surdimensionnée pour eux. Mais c’est bien ce qui constitue l’intérêt et le piquant de la démarche.

L’X-Alpine est très certainement l’épreuve de Trail qui m’a le plus marqué dans tous les sens du terme. Car au-delà de ses spécificités hors normes il est vrai que j’en ai gardé un certains nombre de stigmates. L’X-Alpine est une épreuve qui secoue tous ses participants. Elle ne laisse personne indifférent non seulement parce qu’elle est difficile mais aussi parce qu’elle est caractérisée par une beauté et variété de paysages qui sont à couper le souffle. Par ailleurs elle est tellement éprouvante qu’elle laisse chez celui qui est finisher une émotion très particulière mêlée de fierté bien sûr (comme pour tout accomplissement) mais aussi d’autres sensations très singulières. Car franchir la ligne d’arrivée c’est avoir réussi à vivre une expérience surréaliste car empreintes de multiples émotions aussi opposées que l’enthousiasme et l’extase mais également la souffrance extrême et la lassitude. J’essaierai d’en décrire les mécanismes.

Un petit teaser de l’organisation du TVSB pour commencer ?

 

En attendant liens vers mes trois récits de course :

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2015

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2016

X-Alpine TVSB (Trail Verbier Saint-Bernard) 2017

Récit : les 105 kms de l’Ultra Trans Aubrac 2018

Le récit le voilà, pour une épreuve que j’apprécie tout particulièrement car se déroulant au cœur d’un paysage hors norme et probablement un des plus beaux de France : les plateaux de l’Aubrac.

C’est mon quatrième périple consécutif en Aveyron, et comme je suis un homme qui apprécie les processus qui marchent, j’applique à la lettre exactement le même modus operandi que les trois années précédentes (récits 2015  2016 et 2017).

Vendredi 20 avril 2018 : une belle journée à Rodez

Arrivée par avion, puis voiture de location en direction de Rodez pour une petite ballade matinale, histoire de passer le temps, flâner et attendre 12h30 pour aller passer un GRAND moment au Café Bras qui jouxte le musée Soulages.  Un déjeuner juste exceptionnel dans un endroit qui ne l’est pas moins…pour un prix incroyable. C’est un vrai OVNI cet établissement. Oui le café Bras fait bien parti de l’univers de la famille Bras dont le restaurant triple étoilé (qui a rendu ses étoiles cette année) est situé à Laguiole, plus au nord.

Après le déjeuner je file sur la place de la Cité pour aller déguster des bonbons de chocolat chez un chocolatier incroyable (encore une fois un OVNI !) : Agnès et Pierre. Je suis bluffé par la qualité de leurs pralinés. J’en déguste pas loin de 10 dont la moitié d’une barre praliné noisette à tomber à la renverse. Et je suis désolé de dire que je trouve ce chocolatier meilleur qu’Yves Thuriès (MOF pourtant) situé à quelques encablures de là…

Et à 15h30, je retourne à Café Bras, cette fois pour le tea time. Ben oui ! Je suis quelqu’un d’endurant et je n’ai pas fini de reconstituer mes réserves de glycogène. Pour le tea time je prends un chocolat chaud à base de chocolat Weiss (le grand chocolatier stéphanois) et une pascade sucrée à la fraise gariguette (youpiiii).

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Bon et puis quand faut y aller, faut y aller. Direction Saint Geniez d’Olt pour poser mes valises et chaussures de runnings. Dans la voiture de location je me prends la tête à régler la voix du GPS qui couvre celle de la radio lorsque la voix synthétique m’annonce un croisement. C’est pénible ! Et justement en parlant de voix synthétique je tombe sur une émission du magazine La méthode scientifique sur France Culture, à propos des 50 ans du film de Kubrick 2001 l’Odyssée de l’Espace. Débat génial d’un grand film qui abordait déjà le thème de l’Intelligence Artificielle (la voix de Hal c’est autre chose que la voix de ce p…. de GPS) qui se conclut sur l’interprétation de ce fameux monolithe que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le film. Alors ce monolithe il est le symbole de quoi ? Pas de réponse unique… allez voir et revoir ce film qui figure dans mon Top Ten ever.

De fil en aiguille j’arrive à Saint Geniez d’Olt à la résidence vacances du château Ricard sinon rien. Je me rends au gymnase d’arrivée de la course pour récupérer le dossard, sans passer par la case « remise de la dotation » (une bouteille de bière et je ne bois pas une goutte d’alcool depuis plus de 10 ans).

Au retour, en traversant le pont, j’ai l’heureuse surprise de croiser un ami guatémaltèque Gabriel B. qui s’est inscrit à la Trans Aubrac en lisant mes récits sur le blog. Aïe aïe aïe je suis embarrassé, de même qu’il est déconseillé de faire des affaires avec des amis, je crains que mon ami ne se mette à me maudire dès le lendemain, quelque part entre Laguiole et Aubrac lorsqu’il aura les pieds englués dans les tourbières !

Des sensations pas terribles 

Bon autant se l’avouer, je me sens fatigué (depuis une semaine) depuis la matinée. Une sensation d’avoir la tête lourde comme si elle était prise dans un étau. Une envie omniprésente durant toute la journée d’aller faire une bonne sieste, mais une envie contrariée par un chronogramme chargé et le besoin de profiter de tout. Je rate malgré cela l’expo temporaire sur Le Corbusier au musée Soulages, mon estomac ayant eu raison de mes envies de me cultiver. Cela sera remis à dimanche.

Pasta Party carbonara pour une carbo loading :

J’ai l’habitude désormais d’aller me restaurer à La Louve et de me charger d’un bon plat de tagliatelles (svp arrêtez de prononcer le « g » qui est muet en italien), carbonara à la française (svp arrêtez de mettre de la crème fraîche, y’en a pas dans la vraie carbo en Italie !). Mais il faut dire qu’elle atteint très bien son objectif cette carbo française et le restau est bien sympa avec une terrasse agréable. Je me lève difficilement de table vers 21 heures, cette fois avec non seulement cette sensation d’étau autour de la tête mais aussi la sensation d’un estomac tendu comme une corde de guitare.  Je ressens comme une légère déprime à l’idée que manifestement rien n’aura changé d’ici 6 heures du matin. Et c’est tel le dépressif qui a besoin de se réfugier dans quelque chose qui le réconforte que je me mets à boulotter 5 financiers home made que j’ingurgite dégustés à la va-vite en guise de dessert dans ma chambre. Je me dis que la digestion va être difficile et que je viens un peu de me tirer une balle dans le pied. L’idée que grâce à cette journée « gastro » mes réserves de glycogène devraient être au top est insuffisante pour réellement me redonner le moral. Je me couche, m’endors très vite (je suis claqué je vous dis !) et me réveille à 3h15.

Un matin chagrin :

Bon et bien c’est l’heure de vérité. Le baromètre de mon état de forme de la journée est de faire mon exercice (mon WOD) de 100 pompes au réveil. Résultat du jour ? Et bien ce n’est pas la cata, mais ce n’est pas terrible. Je l’exécute en 40/20/20/10/10 là où l’année dernière à la même heure, même lieu et même carbonara, je l’avais exécuté en 60/30/10. Je prends ma douche froide, enfile ma panoplie de Schtroumpf et me rends au gymnase pour prendre la navette qui doit partir à 4h15. Il fait un peu frisquette en attendant la navette qui n’est toujours pas là à … 4h30 ! Bon finalement on arrive à Bertholène environ 45 minutes avant le départ. J’y retrouve Gabriel B., production de selfies et tout et tout. Mais je le perds de vue avant l’ascension vers la ligne de départ.

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Top départ :

C’est parti à 6h10 lors du déclenchement du feu d’artifice qui embrase le château. Je suis parti dans le ventre mou avec le ventre vide (je n’ai rien mangé depuis la veille). Le ciel est magnifiquement étoilé et l’on sent que l’aube n’est pas loin. Cette première partie est toujours très roulante. Je ne me sens pas terrible, la fatigue est omniprésente, je rêve même de faire une petite sieste ! Je mets un pied devant l’autre et profite du paysage qui est éclairé au fur et à mesure de l’ascension du soleil à l’horizon. Bon il faut se faire à l’idée : il s’agit de ce que l’on appelle un « jour sans », il n’y a pas eu de miracle : les sensations de ma semaine de tapering très inférieures à celle de l’année dernière sont confirmées aujourd’hui. Et c’est ainsi que j’arrive à Saint Côme d’Olt en mode touriste qui prend des photos.

 

Ravito Saint Côme d’Olt =>> pointage à la sortie après 3h05 (soit 1 minute de mieux qu’en 2017)

Au ravito je ne perds pas de temps, je remplis les flasques d’un mélange coca aveyronnais / eau, et je me mets de l’écran total sur tous les bouts de peau qui dépassent. C’est reparti pour la partie la plus ingrate de cette Trans Aubrac : la partie St Côme / Laguiole. Ingrate car le paysage n’est pas le plus beau, il y a beaucoup de bitume et l’organisme encaisse les rayons d’un soleil assez cuisant, si bien qu’en général on arrive au gymnase de Laguiole transformé en cour des miracles car c’est là qu’est concentré le plus grand nombre d’abandons.

Alors il faut trouver des stratégies pour permettre de passer cette partie St Côme / Laguiole de la manière la plus agréable possible.

Les miennes :

1ère stratégie :  Discuter avec des traileurs : je partage quelques minutes avec la mascotte de cet UTA qui a couru 10 éditions sur les 11 que compte cette épreuve. Ce coureur tout le monde le connaît (non ce n’est pas Raffion ! Il ne la courait pas cette année) car il a un physique très reconnaissable : un traileur de très grande taille avec un petit short et surtout de très longs cheveux en coupe rasta.

2ième stratégie : Des musiques dans la tête : je précise que je ne cours jamais avec un casque ou des oreillettes. Mais dans ma tête il y a un vrai juke box, qui de manière aléatoire me diffuse des ritournelles de quelques secondes en boucles. Oui je sais au bout d’un moment on a envie d’éteindre le cerveau sauf qu’il n’existe aucun bouton, à moins de se jeter la tête la première contre un mur. A éviter.

3ième stratégie : Des pensées / réflexions (forcément profondes) me traversent l’esprit : Et me revient cette question existentielle qui me taraude depuis le débat entendu sur France Culture la veille : « Quelle est la signification de ce monolithe dans 2001 l’Odyssée de l’Espace » ?

(Mais qui a dit que mon blog n’était pas un blog culturel ?)

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Abbaye de Bonneval

Et puis au bout d’un moment mon estomac me rappelle à l’ordre. J’ai faim ! Il est l’heure, environ midi, de passer à table et j’ai prévu d’avoir sur moi des barres faites maison conçues avec du riz soufflé / sarrasin / gingembre / confit d’orange / pignons de pins torréfiés le tout enrobé de caramel glucosé etc… Pour la recette dont je me suis inspiré c’est là. C’est la première fois que je mange ce type de barres et c’est une bombe. Je vais faire breveter.

Cela cogne très très dur à l’approche de Laguiole mais voilà enfin le village qui se profile. Il est aux alentours de 13h40. Là je m’aperçois que j’ai 20 minutes de retard par rapport à l’année dernière.

Au ravito je suis très efficace : je prends mon sac, ouvre ma boîte de financiers, j’engloutis les 5 gros financiers qui s’y trouvent toujours « home made of course » (dont l’un au thé vert matcha génial). Je me pommade d’écran total sur toute la peau qui dépasse. Puis je me tourne vers le buffet du ravito pour remplir mes flasques et boire trois gobelets de coca aveyronnais coupé d’eau. Et il est temps d’y aller : Go !

Ravito Laguiole au km 55 =>> pointage à la sortie après 7h56 de course (soit 17 minutes de retard vs 2017). Il est 13h56.

Et voici que commence la plus belle partie de cette Trans Aubrac. La montée vers les plateaux de l’Aubrac. Cela ne tape pas trop car un petit vent frais nous rafraîchit. Cela me fait presque regretter mon manque de condition physique car franchement non, je ne peux pas dire que la chaleur soit un obstacle ! En revanche je ressens toujours ce casque sur la tête, cette sensation de fatigue et l’envie d’aller faire une petite sieste : cela ne m’a pas quitté depuis 24 heures. Je me souviens l’année dernière avoir couru dans cette légère montée alors qu’aujourd’hui je suis scotché au sol marchant rapidement certes, mais avec le style d’un randonneur…. Il est clair que je ne suis pas dans un pic de forme et que j’ai mal géré la récupération de mon entraînement/. J’y reviendrai plus tard pour le debrief…

A quelques kilomètres de la station de ski je constate un changement de parcours par rapport aux éditions précédentes. On longe désormais une barrière sur notre gauche qui donne sur un magnifique point de vue : plateau et chaîne de montagne enneigée. Sachant que mon chrono ne sera pas terrible je décide de prendre mon temps et d’allumer mon smartphone pour prendre des photos. Mais alors que je continue à courir marcher rapidement tout en regardant le panorama, je trébuche et m’étale de tout mon long sur un tapis d’herbe très moelleux. Le voilà mon matelas de sieste !!! C’est une partie de la Trans Aubrac très agréable et qui permet de reprendre son souffle…enfin pour ceux qui ont envie de s’arracher, ce qui n’est pas vraiment mon cas. Moi je suis plutôt à la recherche de spots pour prendre des photos.

Bien entendu il y a le fameux point culminant de cette Trans Aubrac où je me fais prendre en photo systématiquement, il y a deux ans par mon épouse, l’année dernière par un pro qui a exploité la photo pour le site web de l’UTA. Youpiii a star is born, mais en tenue de Schtroumpf. Cette année je demande au traileur qui me suit s’il a la bonté de me prendre en photo, ce qu’il accepte (c’est ça « l’esprit trail » !). Trop sympa le gars. Ensuite il me demande de lui rendre la pareille avec son appareil…zut, je le trouve gonflé le gars. Moi je trouve que « l’esprit trail » a ses limites quand même. Et puis j’ai jamais prétendu que j’étais un gars sympa 😉 Bon allez, dans un (tout) petit élan de bonté je le prends en photo en mode paysage et portrait (je suis trop bon). Serais-je investi, à mon corps défendant, par cet « esprit trail » ?

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Puis j’attends avec impatience le plus beau, le plus surréaliste, le plus exquis des ravitos de course qu’il m’ait été de connaître : celui du Buron des Bouals au km 78. Incroyable ravito où un festin nous attend chaque année, concocté par un Chef qui a fait ses classes chez…Bras !  Je rêve des farçous découverts l’année dernière. Ben oui je me suis réinscrit cette année pour ce ravito qui vaut largement le prix du dossard ! Mais il faut le mériter ce ravito car il faut avoir couru 78 kms pour atteindre le graal. Le problème c’est que … après avoir couru 78 kms, t’as plus d’appétit !

Encore quelques photos de cette énorme bâtisse au loin qui est l’église du village Aubrac avant de pénétrer dans le buron des saveurs.

Ravito Buron des Bouals au km 78 =>> pointage à l’entrée après 11h30 de course (soit 46 minutes de retard vs 2017). Il est 18h30.

Voilà j’y suis, j’en ai rêvé depuis un an jour pour jour, depuis que j’ai quitté ce même buron en 2017 en souhaitant y revenir pour y déguster….des farçous !! Ils sont où ? Je dis à une bénévole que j’ai fait 80 bornes pour les farçous aveyronnais. Youpiii ils sont là, identiques à ceux de l’année dernière. J’en englouti un, deux, trois et quatre ! Un vrai bonheur. Mes yeux brillent en voyant ces tables garnies de fouaces, gâteaux à la broche, verrines de chef pâtissiers, cakes, parts de clafoutis etc… Je décide de prendre une part de cake aux noix et une part de clafoutis à la framboise. Je ne déguste pas, je dévore. Puis je me dis qu’il faut peut être y aller et je ne manque pas de remercier Mickael le chef, les bénévoles également. Pris d’un remord je me dis que repartir sans reprendre une part de farçou cela serait pécher. Alors encore une…et puis pris d’un remord je me dis qu’il faut quand même terminer par du sucré alors je reprends une part de clafoutis à la framboise. Voilà ! Comme ça je suis bien pour tenir jusqu’à l’année prochaine non ?

En sortant du buron lesté de tout ces kilos j’ai un peu la trouille de trébucher dans l’escalier. Finalement cela ne va pas si mal. Je reprends ma course. Enfin ma randonnée photos devrai-je dire…. Je passe devant l’énorme bâtisse du village Aubrac tout en ayant ma femme au téléphone, mais je coupe court à la conversation car je dois prendre des photos rapidement. Il me vient à l’esprit cette phrase : « je ne vais pas faire un beau chrono, mais au moins j’aurai de belles photos ».

 

Je clame à voix haute en passant devant un traileur cette citation. « je ne vais pas faire un beau chrono mais au moins j’aurai de belles photos ». Et là aucune réaction…limite je me demande si je ne l’importune pas. En fait j’ai l’impression de faire un bide. Je pensais être drôle et le mec me renvoie une image de loser. C’est aussi ça « l’esprit trail ». Tu penses partager des trucs avec les autres traileurs, sauf qu’eux ne sont pas du tout branchés sur la même longueur d’onde que toi. Bon ben faut savoir le gérer aussi.

Après le buron encore quelques kilomètres de magnifiques paysages avec une lumière qui revient plus rasante. C’est magnifique. Encore quelques photos.

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Ensuite on attaque la descente vers Saint Geniez d’Olt : elle est longue très longue et comprend cette fameuse traversée des bois complètement détrempée style rizières du Mékong.

Tout d’abord cette déception de s’apercevoir qu’une grande partie du sentier en descente a été complètement laminée par un bulldozer pour en faire à terme une route goudronnée…dommage.

Et puis une douleur vive au talon m’empêche de continuer. Je dois, encore, m’arrêter. J’ai un gravillon sous le talon qui me perce la peau. Je pensais pouvoir en faire abstraction mais dans les descentes cela devient insupportable. Je transige, m’assieds dans l’herbe, essaie d’enlever ce petit caillou. Or je ne trouve rien sous mon talon. Je retourne ma chaussure pleine de boue et j’en ai maintenant plein les mains. Je me rechausse. Or horreur malheur, malgré tout ce cinéma je m’aperçois que la douleur est toujours aussi vive ! Incompréhensible. J’ai mal malgré tout : effet d’hystérésis ? Compulsez vos dictionnaires svp pour ceux qui connaissent pas, je ne suis pas un blog de vulgarisation scientifique mais culturel ! 🙂

Aurais-je une épine calcanéenne ? Cela serait la poisse. Bientôt à force de cumuler tous les maux (TFL, fracture de fatigue, vraie fracture, lésion du tendon d’Achille etc…) je vais me transformer en une vraie encyclopédie des blessures du coureur à pied. Finalement je n’y pense plus, la douleur s’estompe.

Et me voici dans les rizières tel Sylvester Stallone dans Rambo au Viet Nam (mais qui a dit que mon blog n’était pas un blog culturel ?)

D’ailleurs le balisage ne s’embarrasse pas de contourner les obstacles, il passe au travers, carrément. On traverse des lits de rivières, enjambe des troncs d’arbres effondrés….bref c’est l’aventure, un raid, une course d’obstacles.

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Ce qui peut sembler ludique sur un parcours du combattant de quelques bornes, ou autres manifestations où l’on paie pour se couvrir de boue, l’est beaucoup moins après 85 kilomètres et 14 heures d’un Ultra. Ah…et justement à propos de ces 14 heures de course (il est 20 heures à la pendule) et bien j’arrivais l’année dernière sur la finish line. Or j’attaque seulement le premier mur de la forêt. C’est dur pour le moral de prendre conscience que je suis si en retard sur son chrono de 2017…et que je vais devoir terminer une très grosse partie de cet UTA à la frontale.

Le soleil tombe vite. Je mets ma frontale avant le croisement de la première route goudronnée qui longe un petit village / lotissement avec clocher et chien méchant qui m’aboie dessus. Il s’agit ensuite de la toute dernière montée vraiment abrupte. Ensuite il y a une partie très roulante en plateau puis la toute dernière descente sur Saint Geniez. Cela dit je n’aime pas cette portion où je m’étais étalé il y a deux ans assez méchamment. Or courir à la frontale cette partie du parcours est assez dangereux. Je me concentre. Et patatatra je me retrouve par terre. Allongé j’en profite pour contempler les étoiles et le petit croissant de lune. Le ciel est magnifique.

La fin est toute proche je la connais très bien : petit sentier le long du Lot que l’on croise deux ou trois fois en passant sur des petites pontons conçus avec des planchettes en bois. Je suis à deux doigts de perdre l’équilibre et de me retrouver dans la rivière.

Et puis enfin les lumières de la ville. Je me sens complètement galvanisé, prêt pour un nouvel Ultra ? Sur le dernier kilomètre je dépasse trois ou quatre traileurs qui sont en peine. Et je suis assez satisfait de gagner aussi vite des places au classement général. Car c’est aussi ça « l’esprit trail ». On est secrètement content de gagner une ou deux places à 100 mètres de l’arrivée parce que quand même !! Cela reste une course à classement : on a une furieuse envie d’en découdre 😉

Terminé. Le gymnase est bondé. Il fait chaud. Vive l’aligot !

Arrivée en 16h12 de course à  la 71 ième place soit à 28% des finishers (71/250) et 28% des VH1 (31/111). A la pendule il est 22 heures 15 minutes. J’ai faim, j’ai soif.

Le taux d’abandon est de 35% cette année.

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Et pour finir ce récit voici une belle mise en abyme sur la photo prise sur l’estrade d’arrivée ci-dessous. « Mais qui a dit que mon blog n’était pas culturel ? »… bon promis j’arrête.

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Mon Bilan 2017

Il reste quelques heure avant d’effectuer mon bilan course à pied de l’année 2017 et mes petits lionceaux nés le 8 août ont la gentillesse de me laisser quelques minutes de répits. Vite profitons en !

Ce fut une belle année dans tous les sens du terme : belle année sans blessure, belle année teintée de grandes émotions, de belles images en tête.

5 épreuves de course à pied dont 4 trails, rien de plus rien de moins ont suffit à mon bonheur.

Le semi marathon de Paris / le récit

L’Ultra Trans Aubrac / le récit

La X-Alpine / le récit

L’UTMB / le récit

La SaintéLyon / le récit

What else ?

On aime bien effectuer un bilan kilomètres et montrer à quel point on a été fort pour cumuler et faire « toujours plus ». L’année 2017 a été pour moi l’année où j’aurai le plus couru et je pense fondamentalement que je n’arriverai jamais à cumuler autant de kilomètres dans les années qui viennent si j’en crois ma production du mois de décembre, mois durant lequel je me suis beaucoup plus consacré à des sessions de biberons matinales et calins avec mes petits lionceaux du 8 août qu’à chausser les crampons…et autant dire j’en ai éprouvé autant de satisfactions.

Plutôt que de vous ennuyer avec des chiffres et des lettres je préfère présenter un petit bilan 2017 sous forme de photos correspondant à ces 5 courses.

  • Ma course la plus difficile de l’année 2017 :

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La SaintéLyon.

Pourquoi ?

Parce que la neige, le froid sur les crêtes sans coupe vent.

  • Ma meilleure performance de l’année 2017 :

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La Trans Aubrac.

Pourquoi ?

Parce que la meilleure performance sur la Trans Aubrac lors de mes 3 dernières participations consécutives.

  • Course où j’ai fait preuve de la plus forte résistance psychologique :

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La X-Alpine.

Pourquoi ?

Parce que se rendre compte que l’on a oublié de remplir ses flasques à 4 heures du matin et que l’on vient d’entamer le Mur Lourtiers / La Chaux…et qu’il faut tout redescendre pour tout recommencer. Il paraît que c’est le signe que « l’on est enfin un homme » (cf. Si de Kipling).

  • La course la plus humide :

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Le semi marathon de Paris.

Pourquoi ?

Parce que ceux qui l’ont couru cette année savent parfaitement à quoi je fais allusion.

  • L’épreuve de la plus grande émotion sportive 2017 :

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Pourquoi ?

Pas besoin de mots… l’image se suffit à elle-même. Et merci à tous ceux qui ont contribué à faire que cette course ait été pour moi un événement exceptionnel. Ils se reconnaîtront ;-))

La SaintéLyon 2017 : récit de la plus difficile édition, de mémoire d’un coureur qui l’a courue 8 fois

Il s’agissait de ma huitième participation consécutive à mon épreuve favorite qu’est la SaintéLyon.

Je m’étais correctement préparé, j’avais l’objectif de faire mieux que l’année dernière. Cela dit mes sensations lors de la phase d’affûtage (ou « tapering » pour les anglais) ne laissaient pas présager un super chrono pour cette année. Mes dernières sorties quotidiennes matinales limitées à 1h15 lors de la semaine de la STL me laissaient entendre que mon corps n’arrivait pas à surcompenser (arriver à un état de forme supérieur à l’état initial pré entraînement spécifique). En bref, je pense que les sessions double biberon nocturne avaient laissé quelques traces (mes jumeaux de 4 mois déploient une grande énergie à m’entraîner à rester éveillé la nuit…pourtant l’UTMB c’est passé, il faudrait qu’ils l’assimilent un jour !).

J’avais pourtant conservé exactement le même rituel d’approche de l’épreuve. Je ne change pas une formule qui gagne à savoir : « Pommes de terre / Chocolat Bernachon / Quenelles lyonnaise party et Spaghettis ». Bon je vous la refais en plus clair (et un peu plus long).

  • Une arrivée à Lyon le vendredi soir pour dormir chez Belle-Maman à La Mulatière dont l’immeuble jouxte le parcours de la SaintéLyon entre le panneau km 2 et km 1, à quelques encablures des escaliers du chemin du Grapillon. Un dîner composé de 2 pommes de terres à l’eau et c’est à peu près tout.
  • Le lendemain après 10 heures de sommeils non stop (bizarre c’est ma plus longue nuit depuis plus d’un an) direction Bernachon dans le sixième pour un bon chocolat chaud et une brioche. On prend la direction de Perrache pour prendre mon ami Sylvain (cent Bornards de Millau) et se rendre ensemble à la Halle Tony Garnier pour le retrait des dossards sur les coups de midi plein.
  • Il s’ensuit la dégustation de 4 quenelles plus l’entremets au chocolat de Bernachon (encore lui !) à savoir le Roosevelt, le meilleur entremets au chocolat du monde : pas moins, pas mieux !

Ensuite c’est l’heure de la sieste….et là je dors comme un loir durant une bonne heure. Pas bon signe ça ! Cela signifie donc que je suis quand même bien fatigué malgré ma plus longue nuit de l’année 2016/2017. Je précise que tous les jours de l’année je me réveille d’habitude à 5h du mat pour aller courir.

  • J’arrive et suis accueilli comme un roi à Saint-Etienne à 18h30 par la belle famille pour la spaghetti party (150 g environ et c’est tout). Inutile de se charger l’estomac pour rien. De toutes manières les réserves de glycogène sont au top et il est trop tard pour les recharger (si ce n’est pas déjà fait et bien c’est trop tard).

TOP DÉPART :

23h30 : je suis dans la première vague. Youpiii !

Comme je l’ai signalé dans mon précédent post concernant le matos, je pars avec une seule couche et un sac 1 litre qui est plutôt un « porte gobelet/couverture de survie/1 gel/1 flasque vide », et vide la flasque restera. Je n’ai pas besoin d’emporter de liquide avec moi car les ravitos sont suffisamment proches pour moi. De toutes manières je cours tous les matins 2h15 à jeun sans avoir besoin ni de m’alimenter ni de boire. En revanche mention spéciale, particulière, importante et vitale (relire ce qui précède à voix haute) concernant le port de gants de ski et de deux buffs pour la tête, les oreilles et le cou. Comme vous pouvez le voir sur la photo prise au coin du feu avant le départ c’est vraiment très seyant comme panoplie !!

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23h30 c’est le top départ, Go Grégo Go. Et comme d’habitude je pars à un train de sénateur car je suis en phase d’échauffement et je pense qu’il ne faut en aucun cas se brûler les ailes lors de cette partie très piégeuse jusqu’à St Christo-en-Jarrest. Or comme d’habitude je vois des runners montés sur des fusées qui me doublent par wagons. J’ai l’impression d’être un vrai papy. Je vois devant moi une vraie cohorte composée de centaines de coureurs. C’est assez impressionnant et même assez intimidant car franchement je me demande comment ils font pour aller si vite alors que j’ai l’impression de me traîner. On commence par quitter le bitume après Sorbier et je vois encore des coureurs et même des coureuses me dépasser avec un bon train. Je commence même à flipper. Comment vais je finir en 7 heures…ou comment ai-je pu finir l’année dernière en 7h05 alors que je me traîne lamentablement depuis le départ ? Je perds presque un peu confiance. En fait je suis convaincu que la majorité de ces coureurs se transformeront en zombies et rejoindront la « cohorte des macchabées de la SaintéLyon après Soucieu« . Appellation déposée copyright Grego On The Run !

« La cohorte des macchabées de la SaintéLyon après Soucieu » : je vous en livre ma définition toute personnelle.

Se dit des coureurs qui explosent sur la SaintéLyon pour être partis trop vite et qui après Soucieu ne peuvent plus courir, ou si peu, si bien qu’ils leurs est impossible de relancer. Se dit des coureurs pour qui le moindre faux plat montant (chemin des Lapins, Beaunant…) devient un supplice et qui au lever du jour font penser à des morts vivants tels les personnages du clip vidéo Thriller…(mais cela serait presque faire injure aux danseurs exceptionnels de M. Jackson dont la vitalité est incomparable lorsqu’ils se mettent à danser).

Bon, bon, Grégo arrête d’être méchant… j’arrête de mordre et d’être piquant. Quoique je suis vraiment une teigne… je m’en prends à une proie faible, lâche que je suis. En effet, un peu énervé de voir tous ces coureurs déjà dans le rouge en train de se tirer une balle dans le pied lors des 15 premiers kilomètres je me permets de l’ouvrir (mais de quoi je me mêle !). En effet je m’adresse à une coureuse qui court dans une montée et qui est en hyper ventilation (c’est à dire dans le rouge). Je lui lance « Arrête de courir dans les montées, tu vas exploser ». Et elle me répond (alors qu’elle aurait dû m’envoyer dans mes 22) : « je ne peux pas faire autrement, je n’arrive pas à marcher dans les montées » (sic). Finalement je ne lui réponds rien, j’ai l’impression que tous les coureurs autour de moi qui ont entendu l’échange doivent me détester pour mon attitude de donneur de leçons. Attitude méprisante de ma part (c’est l’esprit trail !) qui traduit en fait ma propre inquiétude « d’être un peu à la rue » lors de cette première partie de la SaintéLyon. Grégo sort les crocs mais ne vous y fiez pas, en fait il est dans ses petits souliers, pas bien fier ;-).

Et enfin j’arrive à Saint Christo avec plus de 3 minutes de retard par rapport à l’année dernière.

Saint Christo-en-Jarrest : 1h32’52 » de course en 925 ième position soit une allure de 5’35 » au km sur la portion.

Je m’arrête au ravito pour appliquer un processus bien rodé et bien pensé pour éviter de gamberger à savoir :

  1. Je prends un gobelet de moitié Coca / moitié eau pour l’hydratation, le sucre et la caféine.
  2. Je prends 3 tartelettes Diego
  3. Je quitte la ravito

Voilà c’est le processus que j’appliquerai systématiquement à tous les prochains ravitos de la Sainté. Je ne le répéterai pas !

Bon, cela dit les tartelettes Diégo sont composées d’une gelée rouge et lorsqu’il fait très froid dehors…et bien elle vous colle aux dents si bien que vous avez l’impression d’être chez le dentiste qui vous prend une empreinte dans du mastique dont vous n’arrivez plus à vous décoller ! Il va falloir que je le note ça quelque part et le programmer sous la forme suivante =>> « IF température négative THEN ne touche pas aux tartelettes Diégo ».

Cette partie de la course est la plus belle. Cette fois il y a de la neige tout au long du parcours. Les appuis sont assez difficiles. Parfois certains singles tracks vous obligent à courir de manière rectiligne, c’est à dire en mettant un pied devant l’autre (sur la même ligne) tel un funambule sur sa corde raide. Je sens clairement que courir sur la neige requiert plus d’énergie. Mais que le paysage est beau ! A un moment on aperçoit la lune, le ciel s’éclaircit, certes pas très longtemps. Et toujours ce chemin de crête où des coureurs comme chaque année ont allumé un feu près d’une caravane (je crois) et nous applaudissent transis de froid. Et cette descente sur Sainte Catherine que j’apprécie toujours autant car d’habitude je mets les turbo réacteurs…sauf cette fois où il faut prêter attention à ne pas faire une roulade arrière ou avant et se retrouver par terre. On sent que l’on est parfois sur la corde raide. C’est assez dangereux. Et cette sensation de ne pas avoir tout donné sera confirmé par mon chrono en passant au ravito de Sainte Catherine.

Sainte Catherine : 2h56’50 » de course en 738 ième position (gain de 187 places) soit une allure de 7′ tout rond au km.

J’abandonne tout de suite mon objectif de moins de 7 heures qui s’envole…au revoir, bye bye !! En effet j’ai d’ores et déjà 13 minutes de retard par rapport à mon chrono de l’année dernière… Allez, maintenant on change d’objectif qui devient désormais =>> « assurer la SaintéLyon d’Or (c’est à dire terminer en moins de 7h45) ».

Je m’arrête à peine 2 minutes et suis mon process vu plus haut : 1 gobelet de Coca / 3 tartelettes Diego et c’est reparti.

On attaque ce qui sera la partie la plus difficile pour moi de cette SaintéLyon, c’est aussi la plus belle, la plus périlleuse. Bref, la partie de tous les superlatifs. La montée vers le Signal Saint André n’en finit plus. Pourtant nous l’avons déjà affronté il y a deux ans mais le cerveau érode toujours les souffrances et vous laisse toujours le souvenir que c’était plus facile. Et puis il y a un mais, un gros mais : je me GÈLE !!! En effet une seule couche cela suffit même lorsque le thermomètre est négatif en revanche quand il y a un vent/blizzard le coupe vent – que je n’ai pas pris – s’avère indispensable. Et ce vent me transperce. Je ne dirais pas que c’est insurmontable mais en revanche cela me gêne VRAIMENT. Alors on ne veut pas traîner, on avance plus vite, on bouge les bras un peu plus vite pour produire de la chaleur. Mais rien n’y fait finalement. On se GÈLE GRAVE quand même. Je n’attends qu’une chose : amorcer au plus vite la descente et me retrouver à l’abri dans les sous bois. Enfin, voici le sommet que j’ai eu l’impression d’avoir atteint au moins deux fois dans la demi heure qui a précédé. On redescend à la vitesse grand V. J’ai trop froid. Vivement les sous bois… sauf que tout d’un coup nous amorçons une partie où la neige a laissé la place à un sentier recouvert de verglas. Les rochers, le sol sont complètement gelés. C’est extrêmement dangereux car tous les appuis sont fuyants…et voilà que je me ramasse en faisant une chute avant sauf que je me reçois sur l’articulation du genou gauche. Je ressens une douleur qui me fait hurler en me relevant. En quelques secondes j’aperçois le Tshirt de finisher qui est en train de s’éloigner et les navettes de rapatriement se rapprocher de moi. La vache !!! Qu’est-ce que j’ai mal, je n’arrive même plus à marcher. Et je continue à glisser dans cette « descente de la mort qui tue ». Tous les coureurs glissent, pas un qui n’arrive à avoir des appuis fixes, c’est catastrophique. La portion doit mesurer au moins 100 mètres, le degré est d’au moins de 10%. Deux coureurs qui ont dû me voir chuter s’arrêtent près de moi, il y en a un qui me prend par l’épaule. Cela fait du bien…c’est ça « l’esprit trail ». Quelques heures auparavant je pestais contre mes semblables et maintenant j’ai envie de les embrasser pour leur sollicitude. Finalement il ne s’agit pas d’une blessure, mais d’un genou très endolori. Plus de peur que de mal. La douleur s’estompera jusqu’à complètement disparaître. Et je vais arriver en courant au ravito de Saint Genou (je vous fait grâce de la blague – éculée – sur la toponymie de cette partie du parcours).

Saint Genou/Chaussan : 4h28’59 » de course en 427 ième position (gain de 311 places) soit une allure de 7’05 » au km sur la portion.

J’accumule 32 minutes de retards par rapport au chrono de l’année dernière (ouh là là même pour la SaintéLyon d’Or cela va être chaud !)…mais dont le parcours sur cette portion ne comprenait pas la montée au Signal Saint André.

Et c’est reparti et je me remets en selle. J’ai l’impression d’avoir retrouvé mes jambes. J’aime bien cette partie assez roulante. Le parcours a un peu évolué, il semble plus court que l’année dernière. J’ai la caisse, « so far so good ». Je sais que les deux prochains ravitos vont se succéder à une fréquence d’une heure environ jusqu’à l’arrivée.

Soucieu-en-Jarrest : 5h33’38 » de course en 310 ième position (gain de 117 places) soit une allure de 5’53 » au km sur la portion.

Je réduis mon retard à 21 minutes vs l’année dernière. Et je continue à me sentir très bien ! Maintenant il faut mettre les turbo réacteurs. C’est maintenant que commence la SaintéLyon : « zombie or not zombie that is the question ». En d’autres termes ai-je la force de continuer à courir ou suis je contraint de marcher pour les 20 kms qui restent ? Et 20 kms en marchant c’est long ! Or, finalement c’est OK pour moi, j’ai encore de la caisse et je vais courir à environ 6 min / km sur la fin du parcours. En fait j’adore cette partie que je connais maintenant presque par cœur. Elle ne change plus depuis trois éditions et je la trouve géniale. C’est très roulant, on sent que la fin approche. C’est assez linéaire, je sens « l’expérience flux » de cet auteur au nom imprononçable (Mihaly Csikszentmihalyi). Je suis juste au-delà de ma zone de confort. Cela requiert pour moi une extrême concentration. Toutes mes ressources sont mobilisées pour soutenir un certain rythme de course, pour relancer après les faux plats où je me repose en marchant rapidement. Je suis incapable de parler, de répondre aux sollicitations. Je suis à 200% dans ma course, hyper concentré : je ne suis pas proche de la zone de rupture mais je suis dans un autre espace temps, je cours de manière presque automatique, comme une machine.

Chaponost : 6h32’38 » de course en 237 ième position (gain de 73 places) soit une allure de 5’54 » au km sur la portion.

Mon retard remonte à 31 minutes mais il faut noter que l’année dernière sur cette portion on nous avait réduit le parcours d’un bon km.

Je ne traîne pas, je suis mon process même si je pense que j’aurais pu sauter ce ravito car j’en sors un peu nauséeux. J’aime beaucoup cette partie encore ! Sainte-Foy-Lès Lyon : commune qui m’est chère. Je vous ai déjà dit que je m’y suis marié ! La descente dans la cuvette qui nous emmène au pied de la côte de Beaunant. J’adoooore ! Je vais pouvoir prendre le gel à la caféine (spéciale Côte de Beaunant) que je m’étais programmé avant le départ : à la fois une récompense et à la fois un coup de starter pour les derniers kilomètres qui reste. Je croise beaucoup de coureurs de la SaintExpress dans le parc nature. On traverse La Mulatière et emprunte le parcours (dernier point culminant dans un square le long d’une école primaire avant d’attaquer la descente des escaliers) que je vois de la fenêtre de la chambre que j’occupe dans l’appartement de belle maman : la lumière est éteinte. Donc, cela signifie qu’elle est en route pour aller me cherche à Tony Garnier. Je jette un coup d’œil au chrono : cela va être juste pour terminer en moins de 7h45 mais sauf pépin cela devrait passer avec une petite marge… mais je ne peux pas terminer en marchant en revanche. Il faut maintenir le rythme.

Je suis sur les quais de Saône sous le Pont de La Mulatière. Je pense que c’est gagné pour les moins de 7h45. Je peux me réconforter et profiter de ces derniers hectomètres. Le pont Raymond Barre est de toute beauté, je vais pouvoir faire le cabotin devant les photographes..Il faut que j’accélère pour dépasser des coureurs de la SaintExpress et faire risette pour la photo. Finalement je fais la « gueule sur la photo » : elle sera non publiée. Un petit crochet avant de pénétrer dans la Halle Tony Garnier : on profite, on profite. C’est finalement pas mal comme chrono. Un dernier coup de rein.

Arrivée à Lyon : 7h35’52 » de course en 183 ième position (gain de 54 places) soit une allure de 6’19 » au km sur la portion.

Et hop : huitième TShirt de finisher : il a été dur à ramener celui-là je peux vous le dire !

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Je suis sur un tapi volant : effet des endorphines garanti, vous pouvez me demander n’importe quoi à ce moment là, même de signer une reconnaissance de dette.

Je me reprendrai bien une tranche de l’entremets Roosevelt de Bernachon. Cela tombe bien j’avais prévu le coup !

stl 2017

Épilogue :

Je suis dans la voiture de belle-maman qui me ramène à la gare de Perrache pour prendre le train, il est 15h30. Nous nous arrêtons au feu rouge qui est juste devant le musée des Confluences sous l’autoroute A7 à l’intersection du Pont Pasteur. Je vois passer un coureur de la SaintéLyon qui est en train de boiter, il se déplace très difficilement, chaque pas semble le faire souffrir horriblement. Manifestement il s’est blessé sur le parcours mais a eu la volonté de persévérer, il ne lui reste que 400 mètres à peine, il va rejoindre le Pont Raymond Barre, il sera finisher (la barrière horaire est fixée je crois à 16 heures). Je suis admiratif de son courage. Je souffre pour lui. Aurais je eu la même volonté à sa place ? Aurais je continué ? Je n’en suis pas sûr… Chapeau. J’ai envie d’ouvrir la fenêtre, aller l’encourager. Bon sang tu es un vrai coureur digne de la SaintéLyon !!!

Le héros de cette SaintéLyon pour moi c’est bien toi, coureur que je ne connais pas.


Pour ceux qui sont intéressés par mes 7 précédents récits de la SaintéLyon voici la liste de lectures :

  • La SaintéLyon :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

 

La SaintéLyon 2017 : derniers réglages et temps de passage prévisionnels

Semaine d’affûtage terminée ce matin par la dernière sortie quotidienne de 1h15 à 5 heures du matin autour d’un Parc des Buttes Chaumont (Paris 19ième Arrdt.) avec quelques traces de neige. Cela m’a permis de valider et terminer les réglages des lacets de chaussure ainsi que du sac de trail (j’avais été embêté l’année dernière lors de la SaintéLyon par un bruit pénible de lacet de mon sac de trail qui tapait dans mon gobelet attaché sur le buste ; un vrai supplice chinois). Il faut tout tester et régler son matériel AVANT l’épreuve.

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Ce matin j’ai eu le temps de faire ma photo rituelique des TShirts de Finishers en attendant le huitième :

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Et voici ci-dessous mes temps de passage prévisionnels 2017 par rapport ceux enregistrés en 2015 et 2016.

temps passage STL 2017

Bonne chance à tous et à dimanche pour le réalisé.