Récit : La SaintéLyon 2018

Il s’agit bien de la plus difficile édition que j’ai faite. Ou tout du moins celle qui m’a demandé le plus d’effort. Je vous le dis finishers de cette SaintéLyon vous l’avez faite et vous avez fait preuve d’une volonté de fer pour franchir l’arche d’arrivée à la Halle Tony Garnier. Plus tard on fera référence à cette « édition 2018 de la SaintéLyon » comme d’une édition particulière, très éprouvante. Bref il s’agit d’un épisode que je qualifierais de dantesque.

C’est fini. Quel soulagement.

Je savais d’ores et déjà que j’étais moins préparé que les années précédentes pour cause d’une double infection contractée lors de mes 8 dernières semaines de prépa et pour cause de sommeil un peu haché par mes jumeaux de 15 mois très soucieux de m’apporter leur concours dans ma préparation à rester éveillé en pleine nuit. Je les en remercie.

Par ailleurs ce samedi matin sur les quais du Rhône après avoir retiré mon dossard en compagnie d’une grande star du Trail en la personne de Dawa Sherpa et alors que je m’apprête à aller chez Bernachon en voiture pour refaire mes réserves en tablettes et bonbons de chocolat / pralinés, je suis très contrarié par une cohorte de gilets jaunes me barrant la route sous mes yeux (cela s’est joué à 30 secondes). Je suis alors contraint d’annuler ma visite gourmande et de rebrousser définitivement chemin.

J’ai la chance de déjeuner au Sud invité par mon pote Sylvain. Bon je fais une petite erreur en choisissant un minestrone dont les haricots fermenteront dans mon tube digestif me causant une douleur / gêne jusqu’à Sainte Catherine. Je rentre chez ma belle mère à La Mulatière chez qui je loge dont la copro jouxte le parcours de la SaintéLyon (juste avant la descente vers l’escalier menant aux quais) si bien que l’on voit les coureurs passer devant les fenêtres à moins de 100 mètres à vol d’oiseau. 

Je ne me sens pas vraiment en forme. Je vais faire une sieste de près de 1h30 ce qui ne m’arrive jamais le jour d’une SaintéLyon. Le reste de la journée se déroule comme d’habitude : train pour Saint-Etienne et accueil par la famille à Villars pour une soirée hyper relaxante avec assoupissement de 21h à 22h. Cela dit, phénomène étrange, plus je m’assoupis plus je me sens crevé. Je me sens vraiment d’attaque pour … repasser sous la couette au plus vite courir une STL.

Avant le départ au chaud dans ma belle famille stéphanoise

C’est donc avec cette forme de titan, en carton, que j’intègre la première vague pour le départ à 23h30. Mon équipement est toujours très simple : un sac 1 L qui porte ma couverture de survie, mon gobelet et c’est tout. Mes flasques sont vides car je ne bois que lors des ravitos. Je porte une seule couche (maillot de corps) plus le Gore Tex impératif pour faire face à la pluie qui nous tombera sur la tête toute la nuit (ou presque). J’ai une batterie pour frontale car cette dernière est réglée sur 4 heures pour avoir une intensité de faisceau lumineux satisfaisant.

De Saint-Etienne à Saint-Christo en Jarez

Les sensations sont pourries. Je suis fatigué, mes jambes sont en coton et j’ai un estomac gonflé comme un ballon de baudruche (oui c’est de l’aérophagie). Je ne m’inquiète pas trop car je sais que mon temps de chauffe est d’au moins 2 à 3 heures sur tous mes trails et que bientôt j’aurai un ventre bien plat. C’est juste que je n’ai pas beaucoup de plaisir à arpenter cette première partie du parcours qui est pourtant belle. J’arrive enfin à Saint-Christo qui est un arrêt obligatoire pour moi pour boire et manger (car je n’ai pas de flasques ni de nourritures). A chaque ravito c’est très rodé je ne me pose aucune question existentielle ce sont deux gobelets de Coca et 3 tartelettes Diégo et vroum je continue mon chemin.

Arrêt de 1 minute 38 s au ravito de Saint Christo en Jarrez (km 19) après 1h58 de course à la 1047 ième position

De Saint Christo en Jarez à Sainte Catherine

Les sensations au niveau des jambes sont toujours aussi mauvaises. Il pleut un peu plus. Les chemins en descente où j’ai l’habitude « d’envoyer du lourd » habituellement sont hyper gras, et je ne brille pas vraiment par mon aisance. Je continue par me faire doubler alors qu’à ce stade de la course en général je dépose coureur après coureur. Cela ne va pas très très bien, le moral en prend un coup. Et toujours cette sensation d’avoir du coton à la place des muscles le long des jambes. Je me pose la question de savoir si je ramène ma capuche sur la tête qui est entourée d’un buff (foulard) pour me protéger de la pluie. Finalement je ne la mettrai jamais car je n’aime pas être isolé dans cette capuche dont le textile fait un bruit très irritant lorsqu’elle frotte contre mon foulard. Je préfère finalement conserver mon buff détrempé. Sainte Catherine se profile enfin. Enfin du réconfort ! 2 gobelets de Coca et 3 tartelettes diégo plus tard…ça repart.


Arrêt de 1 minute 55 s au ravito de Sainte Catherine (km 32) après 3h32 de course à la 869 ième position (gain de 178 places)

De Sainte Catherine à St Genou

Je me méfie énormément de la portion à venir car c’est là qu’est concentré le rallongement du parcours de cette SaintéLyon par rapport aux précédentes éditions (+9 kms). Et elle contient la montée du Rampeau qui est une côte à 20% sur 750 mètres de long. J’aime bien ces grosses montée car il y règne une ambiance monacale entre les coureurs. On monte en silence à la queue leu leu en partageant notre souffrance. Il ne faut surtout pas lever la tête pour ne pas voir combien il reste à arpenter. Non il faut regarder devant soi en mettant un pied devant l’autre et patienter. Et comme la montée se fait dans un sous bois au moins il pleut moins, c’est toujours ça de gagné. 

Nous traversons le magnifique village de Saint André La Côte pour initier la montée vers le Signal Saint André qui est le point culminant (934 mètres) de cette SaintéLyon. Et en chemin ma frontale envoie des flashs pour indiquer que la batterie doit être changée. C’était prévu pas de panique. Sauf que je vais devoir trouver un endroit éclairé pour ce faire ! Où vais je le trouver? Ici il n’y a pas de lampadaires. 

Finalement j’ai de la chance car juste avant le Signal on croise une route avec des voitures et des bénévoles. Youpiii. Sauf que j’ai les mains complètement gelées et détrempées. J’ai une très faible proprioception. Je m’approche d’une bénévole qui est équipée d’une lampe, je lui demande de m’éclairer, de m’ouvrir la fermeture éclaire de la poche ventrale de mon Gore Tex car je n’y arrive pas moi-même, mes phalanges sont pétrifiées.
Je lui demande de me prendre la batterie et je comprends qu’elle a l’instruction de ne pas me venir en aide (c’est le règlement). Cette opération de changement de batterie va me prendre au moins 4 minutes, j’ai l’impression d’être un petit vieux. Je rallume ma frontale et je ressens un bonheur immense de voir qu’elle se met à beaucoup mieux éclairer. Youpiiiiii !!! Je rejoins la cohorte ou chenille des coureurs en direction du Signal pour enfin basculer de l’autre côté. A partir de maintenant le parcours cumule plus de D- que de D+. Mais une grosse inquiétude m’étreint. Je commence à avoir hyper froid car je suis trempé, et le fait de m’être refroidi me glace le sang. Je m’explique : mon Gore Tex est super isolant face à la pluie…or il est également hyper isolant à  l’intérieur face à la transpiration qui détrempe complètement mon maillot de corps (1ère couche), transpiration qui ne peut pas être évacuée. Je commence à grelotter et à me demander si je ne suis pas en train de faire une hypothermie. Je me souviens avoir eu très froid l’année dernière sur cette même portion du parcours en raison d’un vent glacial (et je n’avais qu’une couche pour me protéger). Les choses s’étaient rétablies à la faveur d’un retour à une altitude plus basse et un parcours rejoignant les sous bois. C’est exactement ce qui va se renouveler. 

Et finalement je retrouve mes jambes. Les sensations sont revenues. Je regarde l’heure qu’il est à ma montre, elle indique 4h30. C’est justement l’heure à laquelle j’ai l’habitude de me réveiller naturellement pour courir tous les matins ! Est-ce une coïncidence ce « revival » correspondant à l’heure à laquelle mon organisme a l’habitude de se réveiller pour aller courir ? Existe-t-il un modèle chronobiologique, une mémoire de l’organisme qui a l’habitude de se mettre en mouvement tous les jours à la même heure ? Je n’ai pas la réponse, c’est juste une hypothèse. En tous cas je me mets à relancer même dans les faux plats montants !! J’ai vraiment du jus.

Et puis le brouillard s’invite à la partie comme si les seaux d’eau que nous recevons sur la tête depuis Sorbiers (km 6) ne suffisaient pas. C’est juste dingue. Brouillard plus sentiers boueux plus pluie =>> je crois que l’on touche le fond. La frontale loin d’éclairer crée un halo lumineux. Je ne vois même plus mes pieds. J’ai l’impression d’évoluer dans le nuage émis par un vaporisateur géant ! Je suis quasiment à l’arrêt, en panne sèche. Je suis dans une pente rendue dangereuse par ces conditions. Je ne vois juste rien. Ce qui me subjugue c’est qu’il y a quand même quelques coureurs dotés de super pouvoirs qui me déposent sur ma gauche comme si de rien n’était, ils filent à 10 à l’heure pas moins. Ils doivent avoir des émetteurs d’ultra sons à la place des orbites oculaires comme les chauve souris pour se diriger. Les hommes mutants existent j’en ai la preuve.

C’est décidé, je prendrai rendez vous chez un opthalmo à mon retour à Paris.

Et j’arrive au ravito de Chaussan Saint Genou et c’est juste la décadence. Le mouroir cette année s’est déplacé de Soucieu à Saint Genou. Le ravito est à découvert. La forte lumière des néons me permet de voir la mine des coureurs qui ne sont que le reflet de la mienne. On a tous des têtes de déterrés, les traits tirés, le visage et les imperméables ruisselants de flottes. De larges flaques d’eau parsèment le difficile accès aux tréteaux. Je prends mes deux verres de Coca et une madeleine bien dégueue en lieu et place des tartelettes diégo que je ne trouve pas. Normal, on le savait, il n’était pas prévu officiellement de fournir du solide sur ce ravito, c’est quand même une bonne surprise de voir quelques biscuits, chocolats, oléagineux de fortunes quand même…merci aux bénévoles. J’entends un coureur à côté de moi demander une navette de rapatriement, et il ne semble pas le seul à mettre le clignotant. Il en faut du courage pour repartir. Et je ne sais pas ce que je fais mais je vais et viens entre les « stands » comme si j’étais dans une foire ou marché de noël pour voir si je n’ai rien manqué. En fait je traîne à la recherche de gratification. « Reward ! Reward ! » me crie mon organisme/gouverneur central. J’ai besoin de réconfort. Mais je sais qu’il est vain de rester ici. Il faut se botter les fesses pour repartir d’autant plus que je commence à avoir froid. Je perds plus de 4 minutes à ne rien faire…

Arrêt de 4 minutes 10 s au ravito de Chaussan Saint Genou (km 47) après 5h31 de course à la 622 ième position (gain de 247 places)

De St Genou à Soucieu

De la boue et encore de la boue, des cailloux, des cailloux et des pierres et de la pluie.

Vivement le bitume en arrivant à Soucieu. Presque une délivrance. Et là c’est le juge de paix. Car la SaintéLyon commence là selon moi !

C’est le test  =>> Est-ce que j’ai assez de jus pour continuer en courant ou vais je rejoindre la cohorte des morts vivants des 20 derniers kms que j’ai l’habitude de nommer « la route des macchabées  » ?

Arrêt de 2 minutes 12 s au ravito de Soucieu (km 61) après 7h16 de course à la 502 ième position (gain de 120 places)

De Soucieu à l’arrivée en passant par Chaponost

J’avais indiqué dans mon précédent post qu’une SaintéLyon réussie pour moi signifiait de bien terminer les 20 derniers kilomètres. Et de les parcourir en 2h10 maximum.

Et bien je vais tuer le suspens. Je vais courir la portion restante en 2h10..et 36 secondes. 

Je tente tant bien que mal de mettre le turbo réacteur sur cette dernière partie. C’est une partie assez roulante avec une majorité de bitume mais dont les sentiers demeurent très boueux et assez compliqués au niveau du dénivelé notamment la montée des Lapins avec de grosses marches en bois qui retiennent la terre.

Le jour se lève juste avant que je ne rejoigne Chaponost. On peut éteindre les frontales. J’entends le chant du coq, c’est mieux que celui du cygne. J’ai encore du jus même si mécaniquement les jambes ont du mal dans les flaques et la gadoue qui transforment quelques portions en véritables patinoires.

Enfin voilà que se profilent Beaunant et son aqueduc…mais c’est quoi ce contournement vers la gauche devant une barre d’HLM ? Le tracé est contraint pour cause de travaux de dessiner une épingle à nourrice au pied de la toute dernière difficulté. Je ne déteste pas cette montée car elle permet de souffler, de monter en silence, de réfléchir au terme de cette épreuve. On sait que c’est fini, que le grand moment approche. On revoit toutes ces heures d’entraînement défiler dans sa tête, tous ces sacrifices. On pense à tous ceux qui nous ont permis d’arriver jusque là. Merci Laetitia, merci ma famille et belle famille pour m’avoir apporté le support voulu.

Et puis le parc aventure, le chemin qui longe le parc de la copro de Belle Maman où je réside le temps de ce WE singulier. Je regarde les fenêtres de l’appartement, aucune lumière. Belle Maman m’attends à Tony Garnier. « Dès que je pointe à Chaponost tu as une heure devant toi avant de me retrouver à Tony Garnier », telle était ma consigne. J’aurai mis 1h15…

Les escaliers du chemin Grapillon que je connais par cœur, les quais de Saône, Pont de La Mulatière, Raymond Barre et la voie est toute tracée. Les 2 photographes postés de part et d’autre du parcours sont en train, tous les 2, de nettoyer leurs téléobjectifs au moment où je passe devant eux : pas de bol je n’aurai pas de photo en train de courir avant mon entrée dans la Halle.

C’est terminé, c’est fini en 9h26 minutes à la 328 ième place.

Oui c’est ma SaintéLyon la plus éprouvante.

SaintéLyon 2018 : la stratégie de course, et espérances…

Ce matin j’ai terminé la plus importante séance de l’année ! C’est la toute dernière séance de tapering, la der des der, celle des tous derniers réglages qui aboutit à la conclusion : « j’suis bien crevé vivement que cela se termine ».

Je vois Paris s’éveiller tous les matins ou presque.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins à cette SaintéLyon. J’annonce la couleur (qui est peut être une couleuvre mais on ne le saura qu’après) : l’objectif pour moi est de courir la portion Soucieu / Lyon en 2h10 maximum.

Je m’explique : la plus grande satisfaction pour moi serait d’avoir réussi la gestion de ma course de manière à pouvoir continuer à envoyer sur les 20 derniers kilomètres.

Oui, pour moi « la SaintéLyon commence à Soucieu »

Voilà qui est dit. Je ne souhaite pas à l’instar de mes quatre premières participations « exploser en vol » après Sainte Catherine et participer à la cohorte des morts vivants incapables de relancer à partir de Soucieu où il reste 20 bornes !

Une stratégie très claire et implacable

Je pars doucement aux sensations en laissant les héros se cramer sur le bitume stéphanois et les récupérer un par un à partir de Sainte Catherine et mettre les gaz à partir de Soucieu et laisser les morts vivants marcher à partir de ce mouroir.

Les spécificités de ce parcours 2018 : cela va faire très mal

Autant le dire je crois que cela va faire très mal. Tout d’abord le rallongement de 9 kilomètres va énormément pénaliser ceux qui connaissent le parcours initial comme moi justement ! Pourquoi ? Et bien parce que justement on risque de trouver le temps extrêmement long à partir de St Christo en ne voyant pas Sainte Catherine arriver aussi vite que d’habitude. Même chose, mais en pire, partir de Sainte Catherine ! Par ailleurs comme la pluie est annoncée cette STL va ressembler à la MudDay ou à un parcours du combattant. Donc vraiment je pense que cette STL va être très difficile pour les connaisseurs et leur moral et moins pour les néophytes qui seront de toutes manières dans la découverte n’ayant pas de points de repères.

Le matos : on ne change pas une équipe qui fonctionne bien…même sous la pluie

Pour les chaussures : toujours et encore mes Hoka One One Speed Goat que j’utilise depuis presque 4 ans et qui m’ont accompagné sur 3 X-Alpine, 1 UTMB, 3 STL ainsi que sur toutes mes sorties Paris Intra-muros matinales aux Buttes-Chaumont.

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Maintenant venons en aux textiles :

  • 1 seule couche sous le Gore Tex imperméable : maillot noir manche longue Falke qui fait maillot de « juste au corps » 95% Polyamide et 5% Elasthane. Je pourrais m’en servir de haut de pyjama tellement j’y suis bien. Maillot identique à celui de l’année dernière.
  • Le Gore Tex pour faire face à la pluie et la boue. Non cela ne m’enchante pas mais il ne faudra pas y couper. C’est mon textile préféré de l’UTA ou de l’UTMB…
  • Collant noir Falke pour les jambes: identique à celui utilisé pour toutes mes STL.
  • Chaussettes courtes noires de runnings Falke : je n’utilise plus de paires soit disantes « pour l’hiver ». C’est exactement la même paire de chaussettes utilisée pour les semi / marathon / Ultra quelle que soit la saison, été ou hiver.
  • 2 buffs flaggés TVSB (nostalgie) de Compressport : un textile absolument génial made in Swiss. L’un pour le cou (le noir) et l’autre pour la tête (en jaune). Je les utilise été comme hiver et c’est juste incroyable : l’été c’est pour me protéger du soleil et l’hiver pour me protéger du froid. C’est magique.
  • 1 paire de gants flaggée SaintéLyon : en soie.
  • Frontale Petzl Reaktik + avec réglage via application Petzl sur 4 heures et une batterie que je changerai à St Genou.
  • Montre Polar VantageV : elle est bien lourde et je me demande encore à quoi cela sert d’avoir la puissance, le tracé GPS et le fait qu’elle te dise que tu as mal dormi alors que tu le sais déjà. Je pense que je rendrai l’accessoire à l’issue de la STL pour revenir à ma bonne vieille RCX5 qui m’a toujours donné entière satisfaction et qui contrairement à la VantageV a la fonction chronomètre.
  • Un « porte gobelet/couverture de survie/flasque »‘ de marque Salomon à contenance de 1L. Il n’y a que 3 poches à tout casser et pas de poche dans le dos mais comme je l’indique c’est juste pour porter 4 accessoires.
  • 4 accessoires :
    • La courverture de survie
    • 1 gobelet SaintéLyon pour prendre du Coca sur les ravitos
    • 1 flasque … que je ne suis pas sûr d’emporter puisque les ravitos sont suffisamment proches pour moi.

Et pour ceux qui ne connaissent pas mon niveau d’expérience sur la SaintéLyon : un cours de rattrapage s’impose ci-dessous

  • La SaintéLyon tous mes récits de course :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

SaintéLyon 2017 : 182 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 612)

La SaintéLyon 2018 : et si on parlait objectif de performance ?

Seule manière d’apprécier un objectif de performance : mettre en avant les chronos de mes 8 SaintéLyon précédents face au volume d’entraînement fourni cette année.

On voit assez clairement sur les tableaux ci-dessus qu’il y a une relation linéaire entre le volume d’entraînement des 8 dernières semaines et l’allure courue.

Quelques faits :

  • Mon allure la plus rapide : 6 minutes environ au km (c’est donc mon mur infranchissable). Je ne pourrai jamais plus courir aussi vite la SaintéLyon. C’est donc mon allure absolue, « ultimate » comme le disent les anglais.
  • Pour entrer dans le TOP 200 il faut courir justement à cette allure absolue de 6 minutes / km.
  • Cette allure correspond chez moi à une préparation en terme de volume de 700 kms courus lors des 8 dernières semaines.

Or je n’ai couru que 600 kms lors de deux derniers mois. Je n’ai pas pu fournir un tel volume. Je vous ramène à mon post sur la mise au point sur ma préparation.

Conséquence : cette année cela va être compliqué de récidiver !

Prochain post : la stratégie de course à mettre en place.

NB :  pour ceux qui n’ont pas suivi le lien vers la liste des 8 récits de course de la SaintéLyon : encore mieux que des souvenirs d’anciens combattants !

Liste de mes 8 récits de mes 8 dernières participations à la SaintéLyon

Vous me les réclamez à corps et à cris. Vous voulez vous replonger dans les 8 dernières éditions de la SaintéLyon vus par Grégo On The Run.

Et bien les voici, y’a plus qu’à cliquer sur les liens hypertextes :

  • La SaintéLyon :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

SaintéLyon 2017 : 182 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 612)

Prépa SaintéLyon 2018 : faisons le point

Comme à l’accoutumé lors de la semaine de tapering (affûtage) je fais le point sur la préparation à ce qui sera ma neuvième participation à la SaintéLyon.
 
Je ne rappelle pas ce que signifie le tapering ? Si ? Vous voulez ?
 
En français cela signifie affûtage. Néanmoins ce terme est un peu ambiguës car certains lecteurs comprennent que c’est la période où l’on doit s’affûter (maigrir) pour aboutir à son poids de forme. Non l’affûtage chez les anglo saxons désigne la période où l’on doit baisser sensiblement l’intensité de l’entraînement dans le but de récupérer et surtout permettre au corps de surcompenser. Surcompenser signifie que le corps un peu fatigué par tout le stress que vous lui avez infligé à l’entraînement va enfin se déployer tel l’incroyable Hulk et arriver à un « état de forme » (capacité à enregistrer une performance) supérieur à celui qu’il avait initialement (avant l’entraînement). Vous récoltez enfin ce que vous avez semé.
 
En l’espèce je réduis mes séances quotidiennes de CAP à 1h15 max jusqu’à vendredi, veille de la SaintéLyon.
 

Le point sur le volume d’entraînement des deux derniers mois

Alors concernant mon entraînement force est de constater qu’il a été moins poussé que lors des trois dernières années. Plusieurs raisons :
1/ Mes jumeaux sont très en forme la nuit et me l’ont fait savoir.
2/ Mes jumeaux ont également traversé des périodes de souffrance…qu’ils ont bien voulu partager avec leur papa (et pas avec la maman qui a été miraculeusement épargnée).
Cela s’est manifesté chez moi par l’apparition des symptômes de l’infection virale « pieds main bouche » que je ne vous souhaite pas de contracter un jour. En revanche je le souhaite pour mon pire ennemi, comme ça cela lui fera les pieds ! Vous attrapez une forte angine avec des cloques urticantes sur les mains et les pieds qui vous empêchent de dormir. Un vrai bonheur. J’ai attrapé cette réjouissance mi octobre alors que mes enfants ont été épargnés !!!! J’ai été contraint d’arrêter la CAP pendant 12 jours consécutifs.
Et cela ne serait pas drôle sans une belle gastro mi novembre (attrapée à la crèche comme 10 enfants environ) me contraignant d’arrêter la CAP pendant 4 jours consécutifs.
 
BILAN :
  1. sur les 5 dernières semaine j’enregistre un volume d’un tiers inférieur à celui qu’il était en 2016 et 2017. C’est à dire 60 heures de CAP sur les 8 dernières semaine (contre 90 heures en 2016 / 2017) à environ 6 minutes/km cela fait 600 kms de courus contre 900 kms.
  2. j’ai atteint mon poids de forme beaucoup trop rapidement que prévu avec une faiblesse musculaire certaine lors de mes reprises. J’avais des courbatures après ma première séance sur mon parcours préféré !

octobre18

 

novembre18

La suite de l’analyse au prochain épisode.

La SaintéLyon 2017 : récit de la plus difficile édition, de mémoire d’un coureur qui l’a courue 8 fois

Il s’agissait de ma huitième participation consécutive à mon épreuve favorite qu’est la SaintéLyon.

Je m’étais correctement préparé, j’avais l’objectif de faire mieux que l’année dernière. Cela dit mes sensations lors de la phase d’affûtage (ou « tapering » pour les anglais) ne laissaient pas présager un super chrono pour cette année. Mes dernières sorties quotidiennes matinales limitées à 1h15 lors de la semaine de la STL me laissaient entendre que mon corps n’arrivait pas à surcompenser (arriver à un état de forme supérieur à l’état initial pré entraînement spécifique). En bref, je pense que les sessions double biberon nocturne avaient laissé quelques traces (mes jumeaux de 4 mois déploient une grande énergie à m’entraîner à rester éveillé la nuit…pourtant l’UTMB c’est passé, il faudrait qu’ils l’assimilent un jour !).

J’avais pourtant conservé exactement le même rituel d’approche de l’épreuve. Je ne change pas une formule qui gagne à savoir : « Pommes de terre / Chocolat Bernachon / Quenelles lyonnaise party et Spaghettis ». Bon je vous la refais en plus clair (et un peu plus long).

  • Une arrivée à Lyon le vendredi soir pour dormir chez Belle-Maman à La Mulatière dont l’immeuble jouxte le parcours de la SaintéLyon entre le panneau km 2 et km 1, à quelques encablures des escaliers du chemin du Grapillon. Un dîner composé de 2 pommes de terres à l’eau et c’est à peu près tout.
  • Le lendemain après 10 heures de sommeils non stop (bizarre c’est ma plus longue nuit depuis plus d’un an) direction Bernachon dans le sixième pour un bon chocolat chaud et une brioche. On prend la direction de Perrache pour prendre mon ami Sylvain (cent Bornards de Millau) et se rendre ensemble à la Halle Tony Garnier pour le retrait des dossards sur les coups de midi plein.
  • Il s’ensuit la dégustation de 4 quenelles plus l’entremets au chocolat de Bernachon (encore lui !) à savoir le Roosevelt, le meilleur entremets au chocolat du monde : pas moins, pas mieux !

Ensuite c’est l’heure de la sieste….et là je dors comme un loir durant une bonne heure. Pas bon signe ça ! Cela signifie donc que je suis quand même bien fatigué malgré ma plus longue nuit de l’année 2016/2017. Je précise que tous les jours de l’année je me réveille d’habitude à 5h du mat pour aller courir.

  • J’arrive et suis accueilli comme un roi à Saint-Etienne à 18h30 par la belle famille pour la spaghetti party (150 g environ et c’est tout). Inutile de se charger l’estomac pour rien. De toutes manières les réserves de glycogène sont au top et il est trop tard pour les recharger (si ce n’est pas déjà fait et bien c’est trop tard).

TOP DÉPART :

23h30 : je suis dans la première vague. Youpiii !

Comme je l’ai signalé dans mon précédent post concernant le matos, je pars avec une seule couche et un sac 1 litre qui est plutôt un « porte gobelet/couverture de survie/1 gel/1 flasque vide », et vide la flasque restera. Je n’ai pas besoin d’emporter de liquide avec moi car les ravitos sont suffisamment proches pour moi. De toutes manières je cours tous les matins 2h15 à jeun sans avoir besoin ni de m’alimenter ni de boire. En revanche mention spéciale, particulière, importante et vitale (relire ce qui précède à voix haute) concernant le port de gants de ski et de deux buffs pour la tête, les oreilles et le cou. Comme vous pouvez le voir sur la photo prise au coin du feu avant le départ c’est vraiment très seyant comme panoplie !!

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23h30 c’est le top départ, Go Grégo Go. Et comme d’habitude je pars à un train de sénateur car je suis en phase d’échauffement et je pense qu’il ne faut en aucun cas se brûler les ailes lors de cette partie très piégeuse jusqu’à St Christo-en-Jarrest. Or comme d’habitude je vois des runners montés sur des fusées qui me doublent par wagons. J’ai l’impression d’être un vrai papy. Je vois devant moi une vraie cohorte composée de centaines de coureurs. C’est assez impressionnant et même assez intimidant car franchement je me demande comment ils font pour aller si vite alors que j’ai l’impression de me traîner. On commence par quitter le bitume après Sorbier et je vois encore des coureurs et même des coureuses me dépasser avec un bon train. Je commence même à flipper. Comment vais je finir en 7 heures…ou comment ai-je pu finir l’année dernière en 7h05 alors que je me traîne lamentablement depuis le départ ? Je perds presque un peu confiance. En fait je suis convaincu que la majorité de ces coureurs se transformeront en zombies et rejoindront la « cohorte des macchabées de la SaintéLyon après Soucieu« . Appellation déposée copyright Grego On The Run !

« La cohorte des macchabées de la SaintéLyon après Soucieu » : je vous en livre ma définition toute personnelle.

Se dit des coureurs qui explosent sur la SaintéLyon pour être partis trop vite et qui après Soucieu ne peuvent plus courir, ou si peu, si bien qu’ils leurs est impossible de relancer. Se dit des coureurs pour qui le moindre faux plat montant (chemin des Lapins, Beaunant…) devient un supplice et qui au lever du jour font penser à des morts vivants tels les personnages du clip vidéo Thriller…(mais cela serait presque faire injure aux danseurs exceptionnels de M. Jackson dont la vitalité est incomparable lorsqu’ils se mettent à danser).

Bon, bon, Grégo arrête d’être méchant… j’arrête de mordre et d’être piquant. Quoique je suis vraiment une teigne… je m’en prends à une proie faible, lâche que je suis. En effet, un peu énervé de voir tous ces coureurs déjà dans le rouge en train de se tirer une balle dans le pied lors des 15 premiers kilomètres je me permets de l’ouvrir (mais de quoi je me mêle !). En effet je m’adresse à une coureuse qui court dans une montée et qui est en hyper ventilation (c’est à dire dans le rouge). Je lui lance « Arrête de courir dans les montées, tu vas exploser ». Et elle me répond (alors qu’elle aurait dû m’envoyer dans mes 22) : « je ne peux pas faire autrement, je n’arrive pas à marcher dans les montées » (sic). Finalement je ne lui réponds rien, j’ai l’impression que tous les coureurs autour de moi qui ont entendu l’échange doivent me détester pour mon attitude de donneur de leçons. Attitude méprisante de ma part (c’est l’esprit trail !) qui traduit en fait ma propre inquiétude « d’être un peu à la rue » lors de cette première partie de la SaintéLyon. Grégo sort les crocs mais ne vous y fiez pas, en fait il est dans ses petits souliers, pas bien fier ;-).

Et enfin j’arrive à Saint Christo avec plus de 3 minutes de retard par rapport à l’année dernière.

Saint Christo-en-Jarrest : 1h32’52 » de course en 925 ième position soit une allure de 5’35 » au km sur la portion.

Je m’arrête au ravito pour appliquer un processus bien rodé et bien pensé pour éviter de gamberger à savoir :

  1. Je prends un gobelet de moitié Coca / moitié eau pour l’hydratation, le sucre et la caféine.
  2. Je prends 3 tartelettes Diego
  3. Je quitte la ravito

Voilà c’est le processus que j’appliquerai systématiquement à tous les prochains ravitos de la Sainté. Je ne le répéterai pas !

Bon, cela dit les tartelettes Diégo sont composées d’une gelée rouge et lorsqu’il fait très froid dehors…et bien elle vous colle aux dents si bien que vous avez l’impression d’être chez le dentiste qui vous prend une empreinte dans du mastique dont vous n’arrivez plus à vous décoller ! Il va falloir que je le note ça quelque part et le programmer sous la forme suivante =>> « IF température négative THEN ne touche pas aux tartelettes Diégo ».

Cette partie de la course est la plus belle. Cette fois il y a de la neige tout au long du parcours. Les appuis sont assez difficiles. Parfois certains singles tracks vous obligent à courir de manière rectiligne, c’est à dire en mettant un pied devant l’autre (sur la même ligne) tel un funambule sur sa corde raide. Je sens clairement que courir sur la neige requiert plus d’énergie. Mais que le paysage est beau ! A un moment on aperçoit la lune, le ciel s’éclaircit, certes pas très longtemps. Et toujours ce chemin de crête où des coureurs comme chaque année ont allumé un feu près d’une caravane (je crois) et nous applaudissent transis de froid. Et cette descente sur Sainte Catherine que j’apprécie toujours autant car d’habitude je mets les turbo réacteurs…sauf cette fois où il faut prêter attention à ne pas faire une roulade arrière ou avant et se retrouver par terre. On sent que l’on est parfois sur la corde raide. C’est assez dangereux. Et cette sensation de ne pas avoir tout donné sera confirmé par mon chrono en passant au ravito de Sainte Catherine.

Sainte Catherine : 2h56’50 » de course en 738 ième position (gain de 187 places) soit une allure de 7′ tout rond au km.

J’abandonne tout de suite mon objectif de moins de 7 heures qui s’envole…au revoir, bye bye !! En effet j’ai d’ores et déjà 13 minutes de retard par rapport à mon chrono de l’année dernière… Allez, maintenant on change d’objectif qui devient désormais =>> « assurer la SaintéLyon d’Or (c’est à dire terminer en moins de 7h45) ».

Je m’arrête à peine 2 minutes et suis mon process vu plus haut : 1 gobelet de Coca / 3 tartelettes Diego et c’est reparti.

On attaque ce qui sera la partie la plus difficile pour moi de cette SaintéLyon, c’est aussi la plus belle, la plus périlleuse. Bref, la partie de tous les superlatifs. La montée vers le Signal Saint André n’en finit plus. Pourtant nous l’avons déjà affronté il y a deux ans mais le cerveau érode toujours les souffrances et vous laisse toujours le souvenir que c’était plus facile. Et puis il y a un mais, un gros mais : je me GÈLE !!! En effet une seule couche cela suffit même lorsque le thermomètre est négatif en revanche quand il y a un vent/blizzard le coupe vent – que je n’ai pas pris – s’avère indispensable. Et ce vent me transperce. Je ne dirais pas que c’est insurmontable mais en revanche cela me gêne VRAIMENT. Alors on ne veut pas traîner, on avance plus vite, on bouge les bras un peu plus vite pour produire de la chaleur. Mais rien n’y fait finalement. On se GÈLE GRAVE quand même. Je n’attends qu’une chose : amorcer au plus vite la descente et me retrouver à l’abri dans les sous bois. Enfin, voici le sommet que j’ai eu l’impression d’avoir atteint au moins deux fois dans la demi heure qui a précédé. On redescend à la vitesse grand V. J’ai trop froid. Vivement les sous bois… sauf que tout d’un coup nous amorçons une partie où la neige a laissé la place à un sentier recouvert de verglas. Les rochers, le sol sont complètement gelés. C’est extrêmement dangereux car tous les appuis sont fuyants…et voilà que je me ramasse en faisant une chute avant sauf que je me reçois sur l’articulation du genou gauche. Je ressens une douleur qui me fait hurler en me relevant. En quelques secondes j’aperçois le Tshirt de finisher qui est en train de s’éloigner et les navettes de rapatriement se rapprocher de moi. La vache !!! Qu’est-ce que j’ai mal, je n’arrive même plus à marcher. Et je continue à glisser dans cette « descente de la mort qui tue ». Tous les coureurs glissent, pas un qui n’arrive à avoir des appuis fixes, c’est catastrophique. La portion doit mesurer au moins 100 mètres, le degré est d’au moins de 10%. Deux coureurs qui ont dû me voir chuter s’arrêtent près de moi, il y en a un qui me prend par l’épaule. Cela fait du bien…c’est ça « l’esprit trail ». Quelques heures auparavant je pestais contre mes semblables et maintenant j’ai envie de les embrasser pour leur sollicitude. Finalement il ne s’agit pas d’une blessure, mais d’un genou très endolori. Plus de peur que de mal. La douleur s’estompera jusqu’à complètement disparaître. Et je vais arriver en courant au ravito de Saint Genou (je vous fait grâce de la blague – éculée – sur la toponymie de cette partie du parcours).

Saint Genou/Chaussan : 4h28’59 » de course en 427 ième position (gain de 311 places) soit une allure de 7’05 » au km sur la portion.

J’accumule 32 minutes de retards par rapport au chrono de l’année dernière (ouh là là même pour la SaintéLyon d’Or cela va être chaud !)…mais dont le parcours sur cette portion ne comprenait pas la montée au Signal Saint André.

Et c’est reparti et je me remets en selle. J’ai l’impression d’avoir retrouvé mes jambes. J’aime bien cette partie assez roulante. Le parcours a un peu évolué, il semble plus court que l’année dernière. J’ai la caisse, « so far so good ». Je sais que les deux prochains ravitos vont se succéder à une fréquence d’une heure environ jusqu’à l’arrivée.

Soucieu-en-Jarrest : 5h33’38 » de course en 310 ième position (gain de 117 places) soit une allure de 5’53 » au km sur la portion.

Je réduis mon retard à 21 minutes vs l’année dernière. Et je continue à me sentir très bien ! Maintenant il faut mettre les turbo réacteurs. C’est maintenant que commence la SaintéLyon : « zombie or not zombie that is the question ». En d’autres termes ai-je la force de continuer à courir ou suis je contraint de marcher pour les 20 kms qui restent ? Et 20 kms en marchant c’est long ! Or, finalement c’est OK pour moi, j’ai encore de la caisse et je vais courir à environ 6 min / km sur la fin du parcours. En fait j’adore cette partie que je connais maintenant presque par cœur. Elle ne change plus depuis trois éditions et je la trouve géniale. C’est très roulant, on sent que la fin approche. C’est assez linéaire, je sens « l’expérience flux » de cet auteur au nom imprononçable (Mihaly Csikszentmihalyi). Je suis juste au-delà de ma zone de confort. Cela requiert pour moi une extrême concentration. Toutes mes ressources sont mobilisées pour soutenir un certain rythme de course, pour relancer après les faux plats où je me repose en marchant rapidement. Je suis incapable de parler, de répondre aux sollicitations. Je suis à 200% dans ma course, hyper concentré : je ne suis pas proche de la zone de rupture mais je suis dans un autre espace temps, je cours de manière presque automatique, comme une machine.

Chaponost : 6h32’38 » de course en 237 ième position (gain de 73 places) soit une allure de 5’54 » au km sur la portion.

Mon retard remonte à 31 minutes mais il faut noter que l’année dernière sur cette portion on nous avait réduit le parcours d’un bon km.

Je ne traîne pas, je suis mon process même si je pense que j’aurais pu sauter ce ravito car j’en sors un peu nauséeux. J’aime beaucoup cette partie encore ! Sainte-Foy-Lès Lyon : commune qui m’est chère. Je vous ai déjà dit que je m’y suis marié ! La descente dans la cuvette qui nous emmène au pied de la côte de Beaunant. J’adoooore ! Je vais pouvoir prendre le gel à la caféine (spéciale Côte de Beaunant) que je m’étais programmé avant le départ : à la fois une récompense et à la fois un coup de starter pour les derniers kilomètres qui reste. Je croise beaucoup de coureurs de la SaintExpress dans le parc nature. On traverse La Mulatière et emprunte le parcours (dernier point culminant dans un square le long d’une école primaire avant d’attaquer la descente des escaliers) que je vois de la fenêtre de la chambre que j’occupe dans l’appartement de belle maman : la lumière est éteinte. Donc, cela signifie qu’elle est en route pour aller me cherche à Tony Garnier. Je jette un coup d’œil au chrono : cela va être juste pour terminer en moins de 7h45 mais sauf pépin cela devrait passer avec une petite marge… mais je ne peux pas terminer en marchant en revanche. Il faut maintenir le rythme.

Je suis sur les quais de Saône sous le Pont de La Mulatière. Je pense que c’est gagné pour les moins de 7h45. Je peux me réconforter et profiter de ces derniers hectomètres. Le pont Raymond Barre est de toute beauté, je vais pouvoir faire le cabotin devant les photographes..Il faut que j’accélère pour dépasser des coureurs de la SaintExpress et faire risette pour la photo. Finalement je fais la « gueule sur la photo » : elle sera non publiée. Un petit crochet avant de pénétrer dans la Halle Tony Garnier : on profite, on profite. C’est finalement pas mal comme chrono. Un dernier coup de rein.

Arrivée à Lyon : 7h35’52 » de course en 183 ième position (gain de 54 places) soit une allure de 6’19 » au km sur la portion.

Et hop : huitième TShirt de finisher : il a été dur à ramener celui-là je peux vous le dire !

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Je suis sur un tapi volant : effet des endorphines garanti, vous pouvez me demander n’importe quoi à ce moment là, même de signer une reconnaissance de dette.

Je me reprendrai bien une tranche de l’entremets Roosevelt de Bernachon. Cela tombe bien j’avais prévu le coup !

stl 2017

Épilogue :

Je suis dans la voiture de belle-maman qui me ramène à la gare de Perrache pour prendre le train, il est 15h30. Nous nous arrêtons au feu rouge qui est juste devant le musée des Confluences sous l’autoroute A7 à l’intersection du Pont Pasteur. Je vois passer un coureur de la SaintéLyon qui est en train de boiter, il se déplace très difficilement, chaque pas semble le faire souffrir horriblement. Manifestement il s’est blessé sur le parcours mais a eu la volonté de persévérer, il ne lui reste que 400 mètres à peine, il va rejoindre le Pont Raymond Barre, il sera finisher (la barrière horaire est fixée je crois à 16 heures). Je suis admiratif de son courage. Je souffre pour lui. Aurais je eu la même volonté à sa place ? Aurais je continué ? Je n’en suis pas sûr… Chapeau. J’ai envie d’ouvrir la fenêtre, aller l’encourager. Bon sang tu es un vrai coureur digne de la SaintéLyon !!!

Le héros de cette SaintéLyon pour moi c’est bien toi, coureur que je ne connais pas.


Pour ceux qui sont intéressés par mes 7 précédents récits de la SaintéLyon voici la liste de lectures :

  • La SaintéLyon :

SaintéLyon 2010 : 1585 ièm au scratch (cote ITRA 459)

SaintéLyon 2011 : 820 ièm au scratch (SaintéLyon de Bronze) (cote ITRA 528)

SaintéLyon 2012 : 958 ièm au scratch (cote ITRA 469)

SaintéLyon 2013 : 625 ièm au scratch (SaintéLyon d’Argent) (cote ITRA 523)

SaintéLyon 2014 : 243 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or)  (cote ITRA 587)

SaintéLyon 2015 : 157 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 633)

SaintéLyon 2016 : 101 ièm au scratch (SaintéLyon d’Or) (cote ITRA 638)

 

La SaintéLyon 2017 : derniers réglages et temps de passage prévisionnels

Semaine d’affûtage terminée ce matin par la dernière sortie quotidienne de 1h15 à 5 heures du matin autour d’un Parc des Buttes Chaumont (Paris 19ième Arrdt.) avec quelques traces de neige. Cela m’a permis de valider et terminer les réglages des lacets de chaussure ainsi que du sac de trail (j’avais été embêté l’année dernière lors de la SaintéLyon par un bruit pénible de lacet de mon sac de trail qui tapait dans mon gobelet attaché sur le buste ; un vrai supplice chinois). Il faut tout tester et régler son matériel AVANT l’épreuve.

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Ce matin j’ai eu le temps de faire ma photo rituelique des TShirts de Finishers en attendant le huitième :

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Et voici ci-dessous mes temps de passage prévisionnels 2017 par rapport ceux enregistrés en 2015 et 2016.

temps passage STL 2017

Bonne chance à tous et à dimanche pour le réalisé.