Entre courir un semi marathon et participer à la SaintéLyon (68 kms la nuit à -7 degrés)… c’est quoi le plus dûr ?

Je réponds à cette question : « Le semi-marathon sans hésiter ! »

J’ai beaucoup plus souffert sur le semi-marathon ou les 20 kilomètres de Paris que sur le raid nocturne de la SaintéLyon. J’ai même la sensation que la SaintéLyon de par son côté un peu surrélaliste (courir sur la neige la nuit avec des lampes frontales pour courir une distance un peu folle) mets le coureur dans un état un peu second. En fait c’est tellement gratifiant comme expérience que les émotions transportent un peu le coureur et le laisse indifférent à la douleur, à la dureté de la tâche.

Cela dit parlons de l’effort à proprement parlé. Est-ce que l’intensité de l’effort sur un semi-marathon est comparable à celui déployé sur une course de plus de 8 heures ?

Evidemment non. Lors d’un semi marathon on court à bloc, autrement dit au seuil. Lors d’un raid nocturne de type SaintéLyon il est très difficile de courir à une telle intensité, en tous cas pour moi ! Par ailleurs il y a beaucoup de changement de rythme dans un Trail, on monte, on récupère dans les descente. Tous ces changement sde rythme font que l’organisme fait toujours face à de la diversité durant laquelle il peut se régénérer. Dans le cas d’une course sur bitume de type semi marathon ou 20 kilomètres de Paris, c’est très intense sur une surface qui est toujours la même (le bitume). Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil aux pulsations cardiaques pour s’en convaincre. Elles sont d’une très grande monotonie et caractérisées par une dérive vers le haut dans le cadre d’une course courte alors qu’elles sont TRES différentes dans le cadre d’un Trail.

Oui la perception de l’effort est beaucoup plus intense dans le cadre d’un semi-marathon que lors d’un trail en tous cas pour moi (je n’en ai couru qu’un seul en ce qui me concerne). Et cela change tout.

J’ai testé pour vous L’AquaBike

 

La semaine dernière soir j’ai testé pour la première fois l’Aquabike dans un excellent établissement 24 rue Monsieur le Prince à Paris 6.

Comme vous le savez je sors tout juste d’une période de blessure du TFL (Tendon Fascia Lata) au genou gauche. J’ai pu reprendre la course à pied depuis deux semaines (j’ai même passé un test d’effort, j’y reviendrai). Néanmoins, la douleur est toujours très légèrement présente en raison d’adhérences (dixit mon médecin du sport) mais en voie de guérison grâce aux massages d’un kinésithérapeute. Le vélo sous toutes ses formes est donc particulièrement recommandé pour les runners en convalescence pour ne pas trop perdre en termes de Vo2 Max, même si des études scientifiques semblent ne pas conclure sur la possibilité d’un transfert du maintien ou même du gain de Vo2 max vers la course à pied lorsque celle-ci a été sollicitée lors « d’exercices de cycling ». Qu’importe, en revanche c’est tout bon pour la PPG (Préparation Physique Générale) et le maintien de la musculature des jambes.

Pour en revenir à l’établissement : Ambiance SPA, superbe endroit avec une belle lumière, des douches/vestiaires super cleans, on vous donne une serviette toute belle et impeccable qui a été lavée préalablement à 60 degrés. J’y suis assez sensible faut dire ! Accueil génial, c’est très familiale comme ambiance.

Concrètement l’Aquabike cela consiste en quoi ?

Faire du vélo (celui que l’on peut trouver dans une salle de sport classique) immergé dans un bassin en suivant les consignes d’un coach – très costaud en l’état – cadencé sur de la musique. Vous avez de l’eau jusqu’à la taille. La température est à plus de 25 degrés…mais peu importe elle pourrait être à 15 degrés car étant donné les efforts à fournir on se réchauffe très très vite !

Nous étions 4 sportifs à tenter l’expérience.

La séance dure habituellement environ 30 minutes mais pour nous on a placé la barre à 45 minutes au vue de nos capacités aérobie tout à fait prometteuses 😉

Première sensation : L’eau joue un rôle à la fois de résistance au pédalage mais joue également un rôle massant ; c’est très agréable.

C’est parti, le coach qui pédale face à nous, nous ordonne de pédaler en guise d’échauffement, puis d’aller un peu plus vite, encore plus vite et toujours plus vite en utilisant plusieurs postures : assis sur la selle, en danseuse, en position de triathlète. En effet, le guidon est très ergonomique et permet d’effectuer plusieurs figures. Mais grosse inquiétude, au bout de 5 minutes, je suis déjà dans le rouge, je me mets à regarder -déjà- la pendule en me demandant si je vais réussir à tenir jusqu’au bout de la séance.

Heureusement les exercices difficiles succèdent à des exercices de récupérations, finalement mon organisme s’adapte à la charge. Nous enchaînons plusieurs exercices où nous montons la cadence, le coach nous égrène le compte à rebours « 20 – 19 – 18… » jusqu’au terme de l’exercice où nous devons mettre le paquet, la gomme quoi !!! J’ai les cuisses bourrées d’acide lactique. Je souffle comme un bœuf, contraint de fermer les yeux pour me concentrer sur l’effort –c’est bizarre cela marche mieux lorsque je suis dans le noir ? -. Mon rythme cardiaque doit probablement frôler ma FC Max, dommage je n’ai pas de cardio fréquence mètre sous la main pour faire le check. Et on continue par des exercices d’abdominaux sur la selle, les pieds sont tenus sous le guidon. C’est assez génial comme sensation puisqu’on a la sensation d’être allongé sur l’eau comme sur la mer morte (enfin je pense, je ne suis jamais allé en mer morte) et de tenir en suspension juste sur la ligne d’eau. Le coach scande l’exercice « 1-2-3-4-5… ! » et ceci jusqu’à 30. Et on redémarre par une autre série, et encore une autre…et là au bout d’un moment je n’en peux plus, j’ai de la limaille de fer dans les abdominaux. Je fais mine de continuer en gesticulant sur ma selle, mais mes mouvements ne sont plus vraiment fluides. Je me débrouille comme je peux. Bon finalement assez content quand cela se termine. Ensuite, c’est parti pour du gainage ; et on se dit chouette cela va être plus reposant ! Et bien non, peine perdue. Cela consiste cette fois à faire des abdos mais en restant immobile à 45 degrés, 30 degrés puis en position allongée environ 30 secondes à chaque fois. Je souffre comme il faut. Et on termine par des exercices d’étirements en se mettant debout dans le bassin. Et là on ressent une belle vague d’endorphine vous envahir.

Je me suis senti tellement bien, et un peu dans les vapes aussi…que j’en ai oublié de saluer mes acolytes d’exercices. Je leur présente mes plus plates excuses s’ils me lisent 😉

Quant à la soirée j’ai passé une excellente nuit avec endormissement instantané comme sur un nuage….ou plutôt comme sur un tapis d’eau.

Le lendemain je ne ressentais absolument aucune courbature, aucune séquelle si ce n’est l’envie d’y retourner pour un tour !