L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 2)

Deuxième post sur l’X-Alpine après l’article introductif pour vous faire découvrir un Ultra Trail singulier qui envoûte ceux qui y goûtent. En tous cas c’est un Ultra qui ne laisse personne indifférent.

Rappel du taux d’abandon des trois dernières années (les années durant lesquelles Le Catogne a été ajouté au programme du profil)

2015 : taux d’abandon de 64%

2016 : taux d’abandon de 57%

2017 : taux d’abandon de 51%

Un taux en baisse qui traduit une meilleure préparation ou une auto sélection des candidats qui ont lu mes récits de 2015 puis de 2016 ? ;-))

Néanmoins on peut être surpris par le taux d’abandon qui est un des plus élevés qui soit (juste pour mémoire l’UTMB connaît bon an mal an 35% de taux d’abandon seulement).

X alpine profil

Alors on va jouer au jeu des « questions réponses » pour essayer de répondre à la question : Pourquoi cet Ultra est il considéré comme très difficile alors que… ce n’est que 111 kms !

Effectivement l’UTMB c’est 170 kilomètres alors on pourrait vite en conclure que l’X-Alpine à côté « c’est du gâteau ». Et si l’on a été finisher de l’UTMB alors l’X-Alpine on va en faire une seule bouchée ?

Bon alors on va tout de suite recadrer les choses. Je connais quelques cas de finishers de l’UTMB qui ont abandonné sur l’X-Alpine, qui ont été surpris de sa technicité et qui ont été beaucoup plus éprouvés que sur l’épreuve mythique. Mais pourquoi ?

1/ Un rapport « dénivelé sur distance «  important :

8400 m de D+/- sur « seulement » 111 kms c’est juste énorme. Franchir 8400 m de D+/- « étalés » sur 170 kms justement serait d’une certaine manière plus aisé. Ce rapport traduit un profil où les montées « one shot » et descentes peuvent paraître non seulement interminables mais surtout très techniques (avec un degré de déclivité ou d’ascension qui fait mal).

2/ Une distribution des cols le long de la course qui est redoutable :

Qu’est-ce que j’entends par là ? En fait on vient d’aborder le « rapport dénivelé sur distance » mais un autre paramètre est également important à prendre en compte. Il s’agit de la manière dont est réparti ce dénivelé le long de la course. Il est probable que de faire de manière continu un parcours au dénivelé + de 8400 mètres suivi de sa descente est probablement moins exigeant (car la pente est la plus douce possible) que de le faire via des à-coups qui sont autant de décharges violentes à encaisser.

Et concernant cette distribution de dénivelé, L’X-Alpine compte 5 obstacles majeurs dont les deux plus difficiles positionnés dès le premier quart du parcours.

On attaque par le col le plus difficile long qui est à savoir le Catogne : une ascension de 1900 mètres « one shot ». C’est un peu comme si lors d’un dîner auquel vous êtes conviés on vous servait la côte de bœuf dès l’apéritif avant de passer à table…avec en ligne de mire l’objectif de bien tenir jusqu’au digestif post dessert, parce que sinon vous ne serez plus réinvité !

Le(s) risque(s) ?

C’est le petit matin, on se sent tellement bien, c’est tellement beau ce chemin de crête du Catogne après toute cette montée (cf. photo de mon précédent post) … que l’on risque d’y perdre de nombreuses plumes parce que l’on est parti trop vite. Une côte de bœuf cela se déguste lentement ! La descente qui suit en direction du lac de Champex est juste terrible pour les cuisses sur les premiers mètres : descente sur quelques mètres parfois avec l’aide de chaînes fixés le long de la parois.

Ensuite on attaque le deuxième plus long col qui est l’ascension vers la cabane d’Orny. Les premiers 400 mètres d’ascension jusqu’au col Breya sont très pentus d’autant que le soleil commence à taper fort. Et justement parlons en du soleil et de la chaleur… car il s’agit de la troisième difficulté de l’X-Alpine.

3/ Un soleil au zénith qui vous embrase au plus mauvais moment :

J’évoquais dans le paragraphe précédent le concept de « distribution ou encore de répartition du dénivelé » sur une course. Sur l’X-Alpine les coureurs « tout venant » comme moi passent de 2800 mètres d’altitude (Orny) à 1000 mètres d’altitudes (Saleinaz) en début d’après midi, quand le soleil est à son zénith. A 2800 mètres d’altitude la température dépasse rarement 10 degrés et à Saleinaz elle a pu être, selon les années, supérieure à 25 degrés. L’organisme qui vient d’encaisser plus de 4000 mètres de dénivelés depuis le départ de la course encaisse en moins de 2 heures un choc thermique de plus de 15 degrés.

Et maintenant vous comprenez mieux pourquoi ce sentier légèrement montant vers La Fouly mène directement vers ce purgatoire où se concentre la majorité des abandons dont le mien lors de ma première participation.

chemin de la mort

Je l’ai nommé le chemin de la mort non seulement à cause de son terme à La Fouly pour beaucoup mais aussi en raison de notre attitude de macchabées incapables de vraiment relancer. Personnellement je ne fais que marcher.

Bon là je crois que j’en ai effrayé plus d’un ;-))

Cela dit on peut faire face et devenir finisher quand même…

J’arrête pour aujourd’hui.

A suivre…

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “L’X-Alpine : pourquoi cet Ultra Trail est terrible…ment beau ? (Part 2)

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