Je suis finisher de l’UTMB

Un rêve un peu fou, une envie, une attirance… avant tout une mission.

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MA MISSION 2017

La voici :

Partir de Chamonix, et y revenir après avoir parcouru le tour du massif du Mont Blanc sur 170 kms et 10 000 mètres de dénivelé positif (et négatif, c’est à souligner car les descentes c’est encore plus dur pour l’organisme, j’insiste sur ce point !).

Objectif à atteindre en moins de 46 heures.

La récompense ?

Cette fameuse polaire avec cet insigne : « Finisher UTMB ». L’enjeu pour moi est de la ramener pour mes petits jumeaux Victoria et Sandro, nés le 8 août soit 3 semaines auparavant pour un terme qui était prévu le 31 août (veille du départ de cet UTMB 2017).

POURQUOI L’UTMB ?

On ne peut que reconnaître le fait suivant : l’UTMB est au monde des Ultra Trails ce que le marathon de New York est à l’univers des marathons : c’est « l’épreuve mythique » qu’il faut avoir courue. La renommée de l’UTMB a largement dépassé l’Europe. Une anecdote rapide. Juin 2015 : Je suis en plein cœur des USA, je discute avec un canadien de Toronto. Je lui dis que je fais un peu de course à pied et notamment des épreuves de trail sans être certain qu’il comprenne ce dont il s’agit. Il me répond du tac au tac : « Oh I see ! Have you ever run the UTMB ? ». Je suis coi…

MAIS C’EST LA QUE TOUT A COMMENCE :

Un jour de printemps 2010 au bureau. Cela fait quelques semaines, à l’âge de 37 ans, que je me suis mis à la course à pied. Un collègue hyper aguerri à l’exercice, qui court le marathon en moins de 3h, Jérôme S. (il se reconnaîtra) me parle d’un certain Kilian Jornet qui a une vitesse de pointe de 16 km/h sur des pentes ascendantes. Il a notamment gagné l’UTMB. « Le quoi tu dis ?, De quoi tu me parles ? » Je cherche quelques infos sur internet sur cet UTMB dont je ne comprends pas l’acronyme. On y parle de « trail ». Je ne sais pas de quoi il s’agit. Je lis un article sur cette épreuve étrange : faire le tour du Mont Blanc. Cela me laisse indifférent, je ne comprends pas bien le concept pour tout dire. Je zappe et termine mon inscription avec une grande fébrilité et l’index qui tremble pour ma première compétition officielle de course à pied : cela sera Paris Versailles prévu pour septembre 2010.

QUELQUES MILLIERS DE KILOMÈTRES PLUS TARD

Nous sommes le jeudi 31 août 2017 veille du départ de la quinzième édition de l’UTMB.

Fabrice mon frère, qui sera mon coach assistant, et moi-même arrivons à Chamonix en début d’après midi sous la pluie. Ce n’est pas une surprise cela fait plusieurs jours que les prévisions météorologiques sont mauvaises. Nous avons reçu un SMS de l’organisation de l’UTMB indiquant qu’une décision officielle allait être donnée le lendemain matin, jour du départ. Chamonix sous la pluie c’est plutôt tristoune comme ambiance. Après le retrait du dossard et le check du matériel obligatoire où la veste coupe vent a fait l’objet d’une attention particulière par les bénévoles, nous retournons à l’hôtel pour une sieste. Le soir même nous allons déguster un super plat de pâtes carbonara à « l’Impossible », très fin restaurant italien en bordure de Chamonix. Quand nous en sortons il pleut des trombes d’eau. Il fait froid. C’est la nuit et cela donne une bonne idée, déprimante, de ce qui attend tous les traileurs dans les prochaines 48 heures.

Nous sommes le vendredi 1er septembre 2017 : jour du départ.

Et puis la nouvelle tombe le matin : le parcours est modifié. Le col des pyramides calcaires est supprimé et on nous coupe la « tête aux vents » dernier obstacle du parcours pour un chemin « plus direct vers la Flégère ». Le départ est repoussé à 18h30. Je suis assez marri. Non, on ne veut pas un UTMB au rabais. On veut la totale ! Finalement il s’avère que ces ajustements sont assez mineurs et la longueur du parcours est la même à quelques miles près. Inutile de gamberger, place à la concentration. Au fait, il ne pleut plus sur Chamonix contrairement à ce qui était annoncé. Déjeuner pasta party et volaille d’un menu « spécial UTMB » d’un bistrot du coin. Puis j’ai besoin de faire une autre sieste durant l’après midi.

Il est 17 heures, je sens l’adrénaline monter tout doucement. Inutile de se presser, nous avons encore du temps. Je n’ai pas l’intention de quitter l’hôtel avant 18 heures. Je m’habille et arbore ma tenue de combat : Sur mon TShirt Falke bleu azur favori (je le porte sur tous mes trails) je mets d’ores et déjà mon coupe vent imperméabilisé « Gore » aux couleurs de la squadra azzura (clin d’œil à mes origines). Je ne quitterai plus cet excellent textile (qui demeure mon meilleur achat contre les intempéries ever) de toute l’épreuve.

18h00 : avec mon frère Fab on file vers la place du Triangle de l’Amitié. Quel monde ! Quel choc ! J’ai l’impression d’être comme un chien dans un jeu de quille, je suis totalement à la ramasse car la foule est compacte et blindée et je dois la fendre pour rejoindre les coureurs. Je me positionne tout au fond entre un espagnol et un japonais. Il est 18h20.

Et voilà enfin le moment tant attendu, le départ de l’UTMB se fait au son rituel de la fameuse musique Conquest Of Paradise de Vangelis. J’en fredonne les premiers accords et l’espagnol m’emboîte le pas. A force d’en rêver, de me projeter j’avais peur que le jour J je ne ressente plus rien. Je suis rassuré, le charme opère, la musique me donne des frissons. Lors du principal enchaînement de la mélodie, le départ est donné, l’élite peut s’élancer à 16 km/h et s’arracher de l’arche de départ. Parce que ça…c’est pour l’élite ! Quant à la masse principale des coureurs c’est plutôt en marchant que nous nous approchons de l’arche car la rue principale de Chamonix est étroite. Le goulet d’étranglement est tel que je ne franchis la ligne que 5 minutes après… et encore je continue à marcher longuement après l’avoir franchie. C’est à se demander quand est-ce que je vais me mettre à courir. J’arrive à voir Fabrice au sortir de Chamonix quelques secondes. L’ambiance côté public est juste exceptionnelle et elle le sera tout au long du parcours jusqu’aux Houches, et parfois même au-delà. Une ambiance qualifiée par beaucoup, et à juste titre, de celle du Tour de France. Incroyable le nombre de personnes qui jalonnent ce parcours de plus de 10 kms d’un sentier qui conduit à notre premier col, Le Déleveret. Les coureurs fusent pour la plupart comme s’ils étaient au départ d’un semi marathon,  mais souvent nous sommes au pas. Au moins pas de risque d’être dans le rouge.

Sur toutes les autres portions je vais quant à moi suivre ma stratégie de course. Elle est très simple, la voici en quelques lignes.

MA STRATÉGIE DE COURSE

Comme pour tous mes ultra trails je ne veux pas être dans le rouge. En d’autres termes, je cours avec une aisance respiratoire totale. Et aisance respiratoire totale signifie être capable de pouvoir respirer uniquement par les narines. Si je dois ouvrir la bouche pour absorber plus d’air cela signifie que je suis en léger surrégime, ce que je m’interdis. Les premiers kilomètres sont pour moi toujours poussifs, difficiles de ressentir des sensations. De plus je me fais doubler par quelques coureurs qui ont l’air frais comme des gardons, qui discutent avec leur compagnons de course avec une aisance qui me surprend. Je ne dois pas me laisser entraîner. Je dois faire MA course et suivre MON process… le résultat suivra je le sais. J’ai toujours procédé de cette manière sur mes ultras et cela s’est accompagné en général par une remontée graduelle au classement. C’est ce que je me répète mentalement.

PREMIER OBSTACLE : LE DELEVERET 

chamonix les houches

Il s’agit du premier col. Et j’avais tort de le sous estimer. On n’en parle jamais dans les récits sur l’UTMB de cette colinette. Moi je ne la trouve pas facile du tout pour deux raisons : d’une part c’est le premier col alors que je ne suis pas vraiment chaud, d’autre part on doit faire face à la tombée de la nuit. Cerise sur le gâteau cette année, il se met à pleuvoir et à faire froid. Et voici que le brouillard se mêle de la partie. La descente sur Saint Gervais est très dangereuse et pendant de longues minutes on ne voit juste rien. La lumière des frontales dans le brouillard forme un halo lumineux, mais cela ne permet pas de mieux voir le sentier hyper boueux. La déclivité de la descente est importante. C’est le premier moment de forte émotion de cet UTMB. Cela commence fort.

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SAINT GERVAIS / LES CONTAMINES

S Gervais les chapieux

Saint Gervais, enfin le premier ravito digne de ce nom pour faire une pause. J’enlève mes gants pour allumer mon portable et je remplis mes flasques. Toujours cette ambiance incroyable. Et puis et puis…je me rends compte que j’ai perdu un gant ! Gros coup de stress, impossible de le retrouver. Heureusement que j’ai mes gants de ski, prévus pour faire face aux « – 9 degrés ressentis » annoncés sur le haut des cols. Et j’attaque le léger faux plat montant en direction des Contamines (km 31). Ahh les Contamines c’est le ravito qui permet une zone d’assistance, c’est le premier rendez-vous avec Fabrice. Bon sang comme j’en ai besoin. C’est mon premier objectif.

LE PROCESS A SUIVRE SUR LES ZONES D’ASSISTANCE

Arrivé aux Contamines à 23:42 (après 5h 12min de course) je rejoins Fabrice. Nous avons un processus très précis à suivre qui est écrit sur une feuille de papier. Un peu comme celle des pilotes et co pilotes dans un cockpit d’avion. Fabrice me lit les instructions les unes après les autres : d’abord le retour au calme après des exercices de respiration, ensuite le point sur le classement (et là bizarre il zappe assez vite me disant « ce n’est pas là que cela se joue »). Étrange réponse mais nous passons à l’étape suivante qui est celle de la nutrition. Grosso modo je dois ingérer très précisément des parts de gâteaux salés, puis boire, puis prendre une part de cake au chocolat, puis boire, puis des financiers, puis boire. Ensuite on check le profil de la course. On se prend en photo (oui cela fait partie de la check liste). Puis on termine par le cri de guerre : « Victoria, Sandro, Greg…Go ! ». Et c’est reparti.

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EN DIRECTION DU DEUXIÈME OBSTACLE A FRANCHIR : COL DU BONHOMME

Je repars avec une super gnac ! Mais je ressasse et essaie d’interpréter la réponse alambiquée de mon frère sur mon classement. Bon j’ai bien compris en substance que mon classement doit faire peur… La réalité est la suivante : j’ai pointé dans les 200 derniers mais je ne le sais pas encore. Je le comprendrai beaucoup, beaucoup plus tard. Peut-être valait-il mieux que je ne le sache pas pour m’éviter de dérailler et de ne plus suivre mon plan de marche en prenant le risque d’accélérer bêtement… Donc, dans l’ignorance je continue à suivre strictement mon process qui est de courir en « aisance respiratoire totale, par le nez ».

Enfin je commence à ressentir de bonnes sensations dans la montée en direction de ce qui est le deuxième plus haut col de cet UTMB. Il fait de plus en plus froid mais je ne le ressens pas trop. Je ne suis doublé par aucun coureur jusqu’au sommet. Au ravito de la Balme je vois que de nombreux coureurs se sont arrêtés pour se restaurer. Cela est inutile pour moi, je file tout droit me disant avec satisfaction que je viens de faire un petit saut au classement.

On attaque une forte montée qui va laisser sur le carreau pas mal de coureurs si j’en crois leur respiration. Beaucoup se mettent – déjà ! – dans le rouge. Le chemin est très tortueux, très montagneux avec d’énormes rochers pour principaux obstacles. Ce n’est pas de la course à pied c’est du trekking. Il faut faire très attention où l’on met ses pieds. C’est dangereux car le terrain est hyper glissant, il pleut, il fait de plus en plus froid et surtout nous voguons dans un environnement très très sombre. Nous sommes à la queue leu leu, et laborieusement nous essayons d’avancer à la lueur de nos frontales. On voit très précisément le souffle de chaque coureur lors de son expiration. Cette condensation d’origine humaine contribue presque à la brume ambiante. J’ai l’impression que nous sommes une file de mineurs qui avançons laborieusement dans une galerie à la lueur de notre lampe anti grisou. Nous sommes des forçats.

Et on attaque la descente. Ce sont encore des conditions très difficiles qui nous attendent : pluie et un single track complètement boueux. Heureusement la brume a disparu. J’essaie à tout prix de ménager mes quadriceps qui sont mon maillon faible en Ultra. Surtout ne pas trop les solliciter, surtout pas maintenant. Il faut qu’ils soient encore opérationnels dans…100 bornes et pour les 30 heures à venir. Alors je fais attention, je me ménage dans cette descente hyper glissante. Puis j’arrive au ravito des Chapieux où je vais commettre une petite bêtise. C’est un ravito où il n’y a pas d’assistance de prévue, donc pas de présence de Fabrice, donc pas de suivi d’un processus rigoureux. Conclusion je fais n’importe quoi. Je prends par ci par là des barres, une banane, des gâteaux salés. Bref, n’ayant pas de processus, je suis dans l’inconnu et gère très mal mon ravito. Je repars l’estomac lourd et je me sens un peu nauséeux sur toute la montée du prochain col. C’est dommage car il s’agit du plus beau col de cet UTMB : le col de la Seigne !

EN DIRECTION DU TROISIÈME OBSTACLE A FRANCHIR : COL DE LA SEIGNE

Les Chapieux Courmayeur

Je remarque que sur cette portion je ne me fais jamais doubler mais que petit à petit je dépasse assez systématiquement des coureurs déjà à la peine. Je trouve cette montée très agréable. Cela fait un bien fou. La déclivité est parfaite pour moi, mes sensations sont très bonnes. La quasi totalité des coureurs court avec des bâtons et je les dépose les uns après les autres à la seule force de mes bras 😉 En fait je n’ai jamais ressenti le besoin de courir avec des bâtons que je trouve très encombrants. Je me sens tellement plus léger sans, ou tout du moins j’ai la conviction que cela me ralentirait. Cela me frappe d’autant plus lorsque je dépasse avec aisance les « coureur à bâtons » en faisant le constat personnel que loin de les avantager, les bâtons ont l’air de les freiner. Bref…

Je me rapproche du sommet du col de la Seigne et je remarque que l’aube commence à poindre le bout de son nez. Déjà ??? Cela me surprend de constater que je suis au bout de la première nuit blanche. Au fur et à mesure que je me rapproche du sommet un spectacle extraordinaire se présente à ma vue. Quelque chose d’incroyable, une de mes plus belles émotions de Trail. Oui je pèse mes mots. Non je n’ai pas été le témoin d’un OVNI à ce moment là ou d’une hallucination. C’est encore mieux : au levé du jour une chaîne montagneuse constituée de glaciers est en train d’apparaître. Nous gravissons un sentier qui est bordé de neige et nous voyons en face de nous un panorama majestueux en train de s’éclairer. C’est de toute beauté et je sais que nous sommes plusieurs coureurs à avoir le cœur serré d’émotion. Beaucoup s’arrêtent pour contempler, pour prendre des photos, pour méditer tout simplement devant ce spectacle qu’aucune photo ne saura vraiment rendre… Inutile de dire que c’est le plus beau moment de cet UTMB pour moi. Oui, on a fait tout ça pour ça et cela valait le coup de le faire.

Nous sommes au km 61 il est 6h 41min en haut du col après 12h 10min de course et je pointe 1394ième au classement général.

La suite du parcours se poursuit en Italie en direction du lac Combal. La traversée s’effectue sous une très belle lumière. Presque du soleil ? Le paysage est très montagneux comme je l’aime : de la pierre, de la neige, du froid sec, une perspective à couper le souffle. Que les choses soient dites, c’est esthétiquement – et de loin – la plus belle partie du parcours de l’UTMB, celle à laquelle on pense quand on rêve de parcourir en trail de beaux paysages. Dans la descente je me fais une petite frayeur en chutant comme d’habitude, et en ressentant dans le mollet une très forte crampe qui me fait hurler de douleur . Heureusement plus de peur que de mal, cela passe très vite. De toute façon il n’y a pas un seul Ultra où je ne chute pas au moins une fois. Je me dis donc à ce moment là : c’était prévu et au moins c’est fait !

Au ravito du lac Combal je remplis juste mes flasques et repars aussitôt. J’y croise un traileur originaire de Mayotte que j’ai l’habitude de voir sur la Trans Aubrac. On ne s’est jamais vraiment adressé la parole mais on se connaît de vue, on s’apprécie car on partage les mêmes trails donc les mêmes galères. Forcément cela rapproche.

EN DIRECTION DU QUATRIÈME OBSTACLE A FRANCHIR : COURMAYEUR

Le titre de ce paragraphe peut surprendre celui qui connaît bien le profil de la course. Courmayeur est au fond d’une cuvette et ne serait donc pas un obstacle ? Et bien si car la déclivité de la pente est juste terrible pour les cuisses, en tous cas les miennes. De plus le soleil est là pour nous chauffer. Cela est presque incommodant et j’ai l’impression de descendre dans une fournaise. Je ne suis pas un descendeur, je le sais et c’est ainsi. Je vois de nombreux traileurs qui galopent et tels des funambules franchissent les obstacles de ce sentier hyper raide dans le sous bois. C’est tellement raide que parfois des marches d’escalier ont été creusées dans la terre. C’est clairement pour moi un des moments les plus difficiles de ce trail. Cette descente sur Courmayeur m’use. Je suis las. Vivement le ravito assistance qui va me permettre de retrouver mon frère après cette longue nuit. J’ai besoin de me retaper pour attaquer cette nouvelle journée.

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Nous sommes au km 78 il est 10h du matin pile poil après 15h 30min de course et je pointe 1200ième au classement général.

Enfin, la ville est là. Le ravito est organisé dans un immense gymnase. Quel monde ! Mon frère Fab coach assistant est là pour me remonter. On applique le process à la lettre. Je me sens mieux. On termine par le cri de guerre. Il est temps de repartir après 33 minutes d’arrêt. Le soleil est éclatant, presque brûlant.

EN DIRECTION DU CINQUIÈME OBSTACLE A FRANCHIR : REFUGE BERTONE / GRAND COL FERRET

Courmayeur Arnouvaz

Sur les premiers mètres de bitume de Courmayeur je dépasse un coureur célèbre pour les vidéos qu’il produit, à savoir Bruno Poulenard qui est accroché à son téléphone portable, habillé de pied en cape comme un super héros.

Très vite le temps se gâte à la vitesse grand V. Des bourrasques de vent et de la pluie commencent à s’abattre à quelques encablures du Refuge Bertone et j’arrive juste à temps pour enfiler ce qui deviendra un accessoire absolument indispensable et que je ne quitterai plus, à savoir le « surpantalon imperméable ». Qu’est-ce que j’ai pesté contre l’organisation nous imposant ce textile que j’ai acheté à la dernière minute ! Et qu’est-ce que je vais remercier l’organisation de nous l’avoir imposé !!! Sans ce matériel il m’aurait été juste impossible de finir cet UTMB. Par ailleurs comme il fait tout d’un coup hyper froid je mets ma deuxième couche (qui est à manche longue). Cet arrêt un peu pénible dure plus de 10 minutes. Eh oui essayez d’enfiler un surpantalon imperméabilisé après avoir enlevé le sac, le goretex, la ceinture dossard sous des bourrasques de vent (avec la trouille de voir s’envoler son dossard !) et de devoir tout remettre en place ! C’est pénible et long.

Ce que j’adore c’est que 5 minutes après avoir mis la tenue « total waterproof », ce qui devait arriver, arriva : le retour du soleil et de la chaleur ! On en est à pester et à prier pour que la pluie et le vent reviennent vite !! J’irai même jusqu’à espérer que la neige retombe histoire de justifier tout l’équipement dont je viens de m’affubler. Zut alors ! Cela dit mes vœux seront bientôt exhaussés au-delà de toutes mes espérances…

Je passe le refuge Bonati sans m’y arrêter et hop je dépasse encore un petit groupe de coureurs. Puis le temps se gâte un peu dans la descente hyper boueuse en direction d’Arnouvaz. Un peu, beaucoup….On ne reverra plus le soleil de la journée. Bienvenue, pour très bientôt, en enfer. Je ne reste que quelques minutes au ravito d’Arnouvaz histoire de remplir mes flasques. Cela dit avec l’eau qui va nous tomber dessus j’aurais pu m’abstenir. Je ressors très vite de la tente pour affronter un géant, point culminant de cet UTMB : le Grand Col Ferret, frontière entre la Suisse et l’Italie.

Grand col ferret Champex

Au fur et à mesure de la montée les éléments se déchaînent : vent en tornade, pluie qui devient neige, température qui chute sensiblement, brouillard. J’en suis à me demander si la course ne va pas être annulée. Je ne veux pas lever la tête pour ne pas voir ce qu’il reste à grimper….de toute manière on ne voit plus à 20 mètres. Je m’attache à suivre le balisage, à mettre un pied devant l’autre, tout simplement. Malgré les gants de ski le bout de mes phalanges se raidit, le sang les irrigue de moins en moins. Il est impératif que l’on passe de l’autre côté du col. Dans ma tête des voyants passent au rouge. Il faut vite passer de l’autre côté (en Suisse) sous des cieux plus cléments, enfin j’espère…

Le bénévole qui nous attend au sommet est juste frigorifié. Je ne sais pas comment les places ont été attribuées mais sur ce coup là il a tiré le mauvais numéro. Je bascule du côté suisse. La brume nous empêche de voir à plus de 100 mètres. Au fur et à mesure de la descente en direction de La Fouly le bout de mes phalanges recommence à être irrigué. Je reprends confiance, je suis sain et sauf. Les voyants repassent au vert. Il s’arrête de pleuvoir. C’est vraiment chouette la Suisse ! Et puis j’arrive bientôt en terrain connu puisque c’est le parcours de la X-Alpine à rebours. J’aime bien La Fouly car en général un très bon ami d’enfance m’y attend 😉 Et cela ne manque pas. Double surprise, mon frère Fabrice y est également alors que ce n’est pas une zone d’assistance prévue au programme. Moment de bonheur, presque d’euphorie. Je leur dis que j’ai une super pêche. On plaisante, on se prend en photo. Mais il me revient en tête cette citation singulière qui a trait à l’univers du trail : « Tu te sens bien ? Ne t’inquiète pas, cela va pas durer ! ». Et bien les kilomètres qui vont suivre vont confirmer cette formule.

UN VRAI COUP DE MOINS BIEN

Je reprends la course sur cette portion de bitume qui selon moi ne devrait pas durer puisque je connais le sentier dans le sens « Orny / La Fouly » de la X-Alpine. Or curieusement, le parcours de l’UTMB continue à empreinter … la route !!! C’est juste atroce. Je n’arrive plus à courir. J’ai une baisse d’énergie. Mes jambes n’avancent plus. J’ai le moral qui flanche. Avec le moral qui flanche, mes jambes avancent encore moins et le moral flanche encore plus… Je suis maudit, cette portion pré ou post La Fouly (UTMB et X-Alpine réunis) est un calvaire. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on reste sur cette p…. de route alors qu’il existe un sentier à 100 mètres de là, en forêt. Comme il est loin le temps des paysages alpins avec glaciers en perspective ! Ici on croise des voitures qui pour certaines d’entre elles nous klaxonnent pour nous encourager : c’est trop le bonheur ! Finalement le calvaire bitumeux a une fin, on attaque une montée assez raide en sous bois. Très vite la lumière disparaît, la nuit tombe…et la pluie avec ! Et ce n’est pas une petite pluie qui m’accueille lors de mon entrée au ravito de Champex, ce sont des cordes ! Elles achèvent mon moral. Vite il faut que je m’en remette à mon frère coach assistant Fabrice. Sylvain est là aussi. C’est top, mais j’ai les traits tirés.

Nous sommes au km 123 il est 20h07 après 25h 36min de course et je pointe 732ième au classement général.

Dans l’immense tente où doit régner un taux d’humidité de 90% je fais part de mon inquiétude. Je ressens une vraie lassitude, une quasi déprime. Place au réconfort. Cela passe par plusieurs moyens : Fabrice arrive à trouver les mots. Il me remonte comme un coucou. C’est aussi à travers la nourriture: des financiers maison, des pom potes à la fraise. Bref de la nourriture régressive. Cela fait un bien fou. Le cri de guerre et c’est reparti.

Au sortir de la tente, dans Champex, après 30 minutes d’arrêt c’est quand même l’enfer. Il pleut des cordes, et je me suis refroidi sous la tente. Ambiance lugubre : masse sombre du lac sur notre gauche, pluie battante que l’on perçoit à travers les phares des voitures, bitume et balisage que je n’arrive pas à voir correctement. Je suis seul, bien seul et presque paumé, demandant mon chemin à des passants : « c’est par où le chemin ? ». « C’est tout droit et ensuite à droite « . Finalement après avoir continué tout droit puis tourné à gauche je quitte le bord de la route pour un vrai sentier avec le vrai balisage. J’ai besoin de réconfort et c’est la raison pour laquelle je tape la discussion avec un autre coureur : le dossard 8 moins 2 égale 6. Il se reconnaîtra 😉Il s’agit d’un ancien cycliste professionnel avec une Vo2 max de 76, qui a couru son premier marathon en 2h30. C’est très réconfortant de constater qu’il « en ch. comme moi » (c’est son expression mais je comprends qu’il n’y en ait pas d’autres qui viennent en tête à ce moment). Et puis au bout de quelques minutes il me largue et je le laisse voguer devant car on n’a manifestement pas la même cylindrée.

De fil en aiguille, avec la pluie cessante, je me remets tout doucement en selle. Je dirais même que je suis à nouveau en jambes en initiant l’ascension de La Giète, le sixième obstacle.

EN DIRECTION DU SIXIÈME OBSTACLE A FRANCHIR : LA GIETE

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Je monte comme un cabri. Les montées c’est vraiment mon truc. Et puis le climat devient beaucoup plus sec. On pourrait presque apercevoir la lune qui joue à cache cache avec les nuages. On reprend de l’altitude et mon moral avec. Arrivé au refuge de La Giète une grosse surprise m’y attend. Il y a une assiette de viande préparée par les bénévoles, quel bonheur ! J’en mange goulûment, avec les doigts. Il n’y en aura pas pour tout le monde car ce n’est en fait pas prévu pour les traileurs (ce sont juste les restes du dîner des bénévoles). C’est un délice. Pas de doute : je suis un carnassier et pas un mangeur de gels. Je repars gaiement dans la descente en direction de Trient. Cela sera l’avant dernier point de rendez vous avec mon frère. Au fond de moi je sens que cet UTMB arrive à son terme ou tout du moins que le plus dur est fait. Mais il faut se méfier de ce genre de sentiment…

Arrivée à Trient sans difficultés, sous une légère bruine. Il fait encore très humide sous la tente du ravito. Avec Fabrice on suit notre check liste. J’ai une grosse patate car il ne reste que deux obstacles et si c’est à l’image du précédent c’est juste « fingers in the nose ». Il reste cette montée de Catogne avec environ 550 mètres de déniv. + (à ne pas confondre avec la montagne du même nom côté Suisse sur la X-Alpine) puis le parcours direct vers La Flégère puisque l’on nous a coupé « Tête aux Vents ». Je me dis que c’est tout à fait dans mes cordes ! Youpiii cela sent l’écurie. Il faudrait vraiment à l’avenir que je fasse gaffe lorsque je ressens une telle excitation…c’est le signe que je sous estime grandement les épreuves à venir.

EN DIRECTION DU SEPTIÈME OBSTACLE : CATOGNE

Mes sensations sont très bonnes, je monte toujours de manière continue, sans grande difficulté, en suivant mon process : aisance respiratoire totale par le nez. On ne se grille pas, ne jamais être dans le rouge. Je continue gentiment à dépasser des coureurs. Je suis souvent seul dans la montée et la descente. A ce stade de la course on a rarement quelqu’un en visuel donc il faut faire très attention au balisage. J’arrive à Vallorcine pour le tout dernier point de rendez vous avec Fabrice avant … Chamonix ! Cela viendra vite, enfin c’est ce que je pense.

Au ravito on change un peu le processus sur la partie nutrition. Fabrice me conseille de mettre un peu plus la gomme sur les gels. J’applique. Il est vrai que j’en ai un peu marre du cake, des financiers (de toute façon y’en a plus) et des pom’ potes. Si on comprend bien les informations des bénévoles le nouveau parcours comprend une ligne directe vers la Flégère que j’interprète de la manière suivante, toute personnelle : « c’est plus facile et rapide que le parcours initial ». Et c’est tant mieux car on l’a pas volé étant donné les conditions atmosphériques difficiles. Voilà ma traduction du nouveau parcours. Mais dans une heure environ je vais faire face à la réalité des choses et autant le dire, je vais très vite déchanter. Cela dit Fabrice me dit quelque chose qui va énormément me marquer pour la suite : « Greg tu continues comme tu l’as fait jusqu’à maintenant sans prendre de risque,  tous les coureurs ici sous cette tente seront finishers, il faut juste assurer ». Je lui souris et lui dis que notre prochain rendez vous sera… Chamonix. Dernier cri de guerre : « Victoria Sandro Greg…Go ! »

EN DIRECTION DU HUITIÈME OBSTACLE : LA FLEGERE

Le sentier commence en pente hyper douce. On suit finalement une route départementale française. Cela sent bon le retour au bercail. Je comprends mieux ce que voulait dire « route plus directe en direction de La Flégère ». L’organisation nous fait prendre un sentier qui suit la route qui va vers la commune de La Flégère. C’est malin ça, et efficace ! Je commence déjà à rêver du passage sous l’arche à Chamonix. Et puis curieusement j’aperçois le long de la route une tente de l’organisation comme si c’était un ravito. Etrange. En fait il y a des bénévoles qui font la circulation permettant aux coureurs de traverser la route pour aller sur l’autre rive. Un bénévole me prend par l’épaule il me regarde dans le blanc des yeux et ce qu’il va me dévoiler va juste me crucifier. « Voilà tu vas tout droit, il reste 750 mètres de dénivelé sur 11 kms et ensuite une descente de 8 kms sur Chamonix ». Et moi de lui répondre, blanc comme un linge « Mais c’est énorme ! ». « Oui mais Grégory tu es un guerrier ! ». Au fond de moi j’ai plutôt l’impression d’avoir été une poire… d’avoir été trompé, de m’être trompé. Pu…. 750m de dénivelé après 33 heures de course à plus de 4 heures du matin (deuxième nuit blanche) c’est juste le plus difficile des trois derniers obstacles alors que je croyais mordicus qu’il ne restait quasiment plus rien après avoir coupé « la Tête au Vent ». Ce coup de bambou est juste atroce. Il va falloir faire face. Mettre un pied devant l’autre, serrer les dents. « Greg, tous les coureurs dans cette tente seront finishers » raisonne dans ma tête et me redonne du cœur. Alors à l’attaque ! Je mets un pied devant l’autre et finalement je monte assez bien. Très vite j’atteins un chemin en balcon. Déjà ? Evidemment non, je me doute que je ne viens pas de faire 750 mètres de dénivelés en 45 minutes. Et puis bizarrement le balisage se poursuit en descente. Et ce n’est pas une petite descente, non c’est presque une chute libre. Mais c’est quoi ce parcours qui redescend ?? On m’a dit une ascension de 750 mètres. Une angoisse m’étreint : suis-je sur le bon parcours ? Derrière moi des anglais à qui je demande s’ils ont pointé à la Flégère me répondent que oui ! Je me dis que j’ai dû me paumer et que je suis sur le chemin en direction de Chamonix sans être passé au dernier check point. C’est juste dramatique si je dois tout remonter pour retrouver le bon parcours. Je me prends un coup au moral qui pourrait m’achever. Un autre traileur déboule. Il est français et je lui demande si nous ne nous sommes pas plantés car il est étrange de redescendre. Celui-ci me dit avec affirmation que nous sommes sur le bon chemin et qu’il connaît très bien le parcours. Je lui fais à moitié confiance mais décide de le suivre. On poursuit une descente hyper casse gueule. On doit mettre les mains pour passer entre d’énormes rochers dans un sous bois lugubre où l’on ne voit rien. Ce traileur a au moins la soixantaine, il est grand et sec comme une trique. Il fait preuve d’une souplesse remarquable. On aborde un long chemin en balcon. C’est à peine si j’arrive à le suivre car il impose un sacré rythme. Derrière moi deux traileurs chinois sont dans ma trace. Je commence à m’impatienter et lui demande si l’on est bientôt arrivé à La Flégère. Il se met à se marrer « La Flégère ? Mais on a à peine commencé l’ascension ! ». A cette heure là de la nuit (lors de cette deuxième nuit blanche) et après 33 heures de course on perd un peu sa lucidité, on perd patience aussi. Car effectivement un gros morceau nous attend.

On attaque une montée hyper sèche. On sort enfin des sous bois pour aboutir sur une piste de ski le long d’un remonte pente. L’aube arrive. Les deux traileurs chinois derrière moi me déposent et me scotchent sur la piste de ski. Cela dit le paysage s’ouvre et commence à révéler sa beauté à mesure que la lumière se lève. J’aperçois tout en haut de la piste le ravito. La fin approche, la libération, le point culminant de ce dernier obstacle. Le spectacle offert sur la chaîne du Mont Blanc est spectaculaire à cette heure du jour (car il fait quasiment jour). Je pénètre dans la tente. Nous sommes trois ou quatre traileurs. Les bénévoles sont plus nombreux que les coureurs. Je me fais servir un café bien réconfortant. Un moment de bonheur partagé. Je prends mon temps, je ne veux pas prendre de risque. J’envoie un texto à mon frère pour lui dire qu’il ne reste que la descente d’ici Chamonix. Je discute avec les bénévoles. J’ai oublié tout chrono, toute idée de classement (je n’ai aucune information sur ce sujet depuis le début du trail). Seuls les plaisirs de discuter et d’être au chaud comptent : enjoy yourself ! Je sors de la tente pour profiter du panorama, je demande à une bénévole de me prendre en photo devant la chaîne de montagne du Mont Blanc. Puis j’attaque la descente.

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EN ROUTE VERS L’ARRIVÉE

Cette descente il faut la gérer et ne pas prendre de risque inutile. Cela serait trop bête de se blesser si près du but et de ne pas être capable de franchir la ligne. Cela dit je la franchirai maintenant même à 4 pattes en faisant des roulades avant s’il le fallait. J’ai quelques larmes qui coulent le long de mes joues. C’est assez fort et il faut parfois que je me reprenne pour me concentrer sur les obstacles du terrain: nids de poule, racines d’arbres. Cette descente me fait vraiment penser à celle, ultime, de la X-Alpine lorsqu’au petit matin j’arrive sur Verbier. C’est exactement la même configuration.

Me voilà aux portes de Chamonix, j’envoie un SMS à Fabrice : « Tiens toi prêt ». A 1 km de l’arrivée, je n’ai plus de jambes, j’ai des ailes ! J’arrive le long de l’Arve et là un collègue de travail qui a sa résidence secondaire à Chamonix (ultra traileur et multi finishers de l’UTMB) m’interpelle : quelle surprise à 7h du mat ! Il me suit sur quelques dizaines de mètres juste avant le grand virage de contournement qui me conduit sur la ligne droite de l’arrivée. Je vois Fabrice qui a également anticipé mon arrivée, il me dit qu’il va m’attendre sur la finish line.

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Et là je savoure chaque mètre, chaque centimètre qui me sépare de cette arche d’arrivée.

C’est un torrent d’émotion.

C’est fait.

Je suis finisher de l’UTMB.

Je ramène leur polaire.

La suite, personnelle et intime, m’appartient… 😉

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REMERCIEMENTS :

A mon frère sans qui jamais tout cela ne se serait déroulé tel que cela s’est déroulé. Et c’était fort.

A mon épouse qui m’a permis de m’entraîner jusqu’au bout malgré l’arrivée de deux petits lionceaux nécessitant beaucoup d’attention.

A mon pote fidèle d’enfance Sylvain, traileur lui aussi et dont le dernier article sur les 100 kms de Millau requiert d’être lu. Il donne une autre perspective sur ma stratégie de course.

A mon collègue PAD pour s’être levé à l’aube afin de me voir le long de l’Arve ainsi qu’à l’arrivée.

Et à tous les bénévoles un grand bravo pour avoir bravé le froid et m’avoir qualifié de guerrier 😉


DEUXIÈME PARTIE : les chiffres, les faits bruts.

  • Je termine cet UTMB en 37 heures 26 minutes à la 508 ième position (clt. V1 H : 192) parmi 2537 partants et 1688 arrivants (taux d’abandon de 33%).
  • Cela me classe dans le 20% des partants et 30% pile poil des finishers. Je ne suis pas first quartile mais first tiers tile 😃 des finishers.
  • A noter que cette année, tous les participants à l’UTMB avaient pour prérequis d’avoir été finishers d’au moins deux Ultra Trails de plus de 100 bornes avec un profil montagneux dans les 18 mois précédents l’inscription. Pas de touristes à l’inscription.
  • Fait singulier : mon premier pointage en haut du col Delevret est 2309 (je suis dans le dernier décile) et à chaque pointage, sans exception, je gagne des places au classement pour arriver 508. La remontée est de 1801 places.

Un prochain post abordera des points plus techniques comme le matériel, l’entraînement, des réflexions diverses. Cela n’était pas l’objet de ce présent article consacré exclusivement au récit, à mon histoire telle que je l’ai vécue avec mes tripes.

14 réflexions sur “Je suis finisher de l’UTMB

  1. J’ai suivi ta course avec attention et t’as été un vrai métronome. Vraiment constant dans les différentes difficultés, ce que j’aurai aimé faire sur mon UTMB. Félicitations !

    1. Merci pour ton message. C’est un peu ma marque de fabrique de commencer en aisance respiratoire totale ne me permettant pas de courir aussi vite que le gros du peloton. Mais comme j’arrive à maintenir ce rythme jusqu’à la fin et que le gros du peloton décélère (et abandonne) progressivement j’avance au classement. Finalement rien de mystérieux.

  2. Merci ! Merci ! Merci de nous avoir emmené avec toi dans cette « ultra » aventure 😉
    Bravo ! Bravo ! Bravo pour toutes ces heures d’entrainements, cette préparation aux oignons et cette belle course parfaitement gérée 🙂 Quelle remontada !
    Bonne récupération et à très vite pour de nouvelles aventures.

  3. Très beau récit, j’en suis ému !

    Quel modèle de rigueur pour faire tous ces tours de parc à Paris !
    Quel Tour de force de faire cette épreuve 3 semaines après l’arrivée de jumeaux.

    Grégory M : first quartile des jeunes daddys c’est certain !

    1. Hello mon grand. Merci pour ton message :-)) Bon toi tu connais bien mon parcours, tu connais même la carte qui décore mon salon ! Un « modèle de rigueur » ? Et bien non justement ce n’est pas de la rigueur mais un exercice devenu routine, si cela avait nécessité de la rigueur et donc un effort de volonté d’aller courir tous les matins cela n’aurait duré qu’un temps comme toutes les « bonnes résolutions de début d’année ». Justement l’enjeu pour que cela fonctionne d’aller tous les matins à 5h30 courir 2 heures c’est faire en sorte que cela devienne automatique et sans besoin de volonté, donc sans rigueur particulière, pour suivre le process. Une routine ! Comme pour aller se brosser les dents…

  4. Grégo, quelle aventure et quelle course. Encore bravo pour ce défi hors norme dans l’antre du Trail mondial. Tu as bien ta place parmi les Ultra-Runners du Mont-Blanc, je n’en ai jamais douté, malheureusement tu es trop rapide et je suis arrivé trop tard pour voir ton arrivée 😦
    Repose-toi bien avec tes loulous, je pense que la STL2017 sera encore un exploit dont tu as le secret et que tu vas encore progresser dans le classement

    1. Un grand merci à toi d’avoir répondu présent mon ami ! Tu es arrivé un peu tard, mais j’ai eu mes croissants !
      Pour la STL on essaiera de faire comme l’année dernière et j’en serai ravi. Tu feras partie de la cohorte toi aussi.

  5. Ju

    Bravo, très beau récit. Quelle aventure 🙂

    Je suis perplexe face au côté mécanique et hyper encadré (ne JAMAIS sortir de sa zone d’aisance respiratoire / la check list des ravitos / vos entraînements identiques etc.). J’ai l’impression que ce côté robotique est antonyme de plaisir. Le principal c’est que pour vous ça ne soit pas le cas !

    Très bonne continuation, et encore félicitations !

    1. Hello Ju, Non pas antonyme de plaisir car justement cela libère des ressources pour autre chose. Si je dois me prendre la tête au ravito pour savoir quoi faire c’est justement consommateur de ressources, si je dois également me prendre la tête pour adapter une allure à une typologie de terrain ou en fonction d’un roadbook, c’est également consommateur de ressource psychique. Le fait de faire les choses selon un process très simple ou déjà encadré et formalisé (la checke liste du ravito justement) t’apporte au contraire de la liberté d’esprit et une absence de stress.
      Merci pour votre remarque.

  6. Comme Doune j’ai suivi le travail du métronome.
    On se croirait presque sur ta saintélyon tellement les étapes s’enchaînent avec une fluidité apparente et une belle maîtrise surement due à une ultra méticuleuse préparation 😉
    Bravo Grego !

    PS : est-ce que ça sentait le chocolat en passant le col ? 🙂

    1. Hello Juju, La préparation n’a pas été méticuleuse mais plutôt routinière et effectuée avec régularité : toujours la même chose tous les matins sans se prendre la tête en adaptant son allure à la fatigue du jour. Ne jamais faire en sorte que cela devienne une corvée, ou une astreinte. Only pleasure ! Et non au col pas de chocolat ! Et d’ailleurs j’avais testé le chocolat sur une STL : idée très mauvaise car en dessous de 15 / 10 degrés : le chocolat n’a aucune saveur.

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