Comment gérer la période récupération post Ultra Trail ? … à 1 mois de l’UTMB.

Un Ultra Trail cela laisse des traces !

L’état dans lequel se trouve l’organisme suite à une course de 26 heures et 8400 D+ / D- est inédite et particulière. Je me propose de vous faire part de mon expérience. Finisher de la X-Alpine le 8 juillet je pourrais prendre la décision de souffler plusieurs semaines or je ne peux me permettre d’être en roue libre alors que se rapproche à vitesse grand V ma participation à l’UTMB 2017 … dans exactement 6 semaines à l’heure où j’écris ces lignes.

NB important : les descriptions qui suivent n’engagent que leur auteur quand bien même j’utilise la troisième personne laissant suggérer qu’il s’agit de vérité universelle. Or il ne s’agit que de mon témoignage : n=1.

CONSTAT DES DÉGÂTS OU LE DOUBLE EFFET KISS COOL :

  • COURBATURES ET DOULEURS PHYSIQUES

Suite à un Ultra, l’organisme est perclus de courbatures. L’Ultra a généré de nombreux foyers inflammatoires. Quelques heures après la fin de l’épreuve on ressent des douleurs très vives comme si on avait de la « limaille de fer entre les fibres musculaires des quadriceps ». On ne peut plus descendre un escalier dans le sens normal de la marche. On les descend mieux à reculons. Les deux premières nuits sont difficiles car les douleurs ressenties sur les jambes vous réveillent dès que vous bougez.

Et puis finalement ces courbatures disparaissent en l’espace de trois jours. Dès le mercredi vous pouvez enfin monter et descendre les escaliers normalement.

Mais comme le dit un certain Warren Buffet pour figurer les prises de risques non couvertes des portefeuilles en finance et qui apparaissent au grand jour : « c’est quand la mer se retire que l’on voit ceux qui se baignaient sans maillot de bain ». Certes mon illustration est tirée par les cheveux mais cela signifie en substance que c’est lorsque les « courbatures normales » disparaissent que les VRAIES douleurs physiques apparaissent, car celles-ci … et bien elles ne passent pas au bout de trois jours comme les courbatures, elles restent ! C’est l’heure du constat des vrais dégâts.

En ce qui me concerne, une grosse douleur en haut du mollet gauche au niveau de l’insertion dans l’articulation du genou a continué à me faire un mal de chien. Diagnostique : « c’est très gonflé, il y a un œdème ». Quel bonheur. Je n’ai donc pas pu répondre la course à pied comme prévu le dimanche suivant et les 6 jours OFF de course à pied prévus initialement se sont transformés en presque 15 jours d’arrêt.

  • BAISSE D’ÉNERGIE /  DE TONUS :

Les dégâts physique ne sont pas les seules séquelles laissées par un Ultra. Le deuxième effet Kiss Cool c’est une sorte de fatigue psychique, une sorte de vide qui arrive plus tard, lorsque les courbatures ont disparu. Le physique se remet bien mais on ressent comme un état de lassitude qui vous envahit pendant plusieurs jours. Pourtant on recommence à dormir correctement et malgré tout la récupération de cette énergie est assez longue. Dans mon cas il m’a fallu plus de 10 jours complets pour retrouver un certain tonus.

UNE REPRISE DE LA COURSE A PIED UN PEU COMPLIQUÉE :

L’entraînement en course à pied c’est ingrat ! Pourquoi ? Parce que le désentraînement est rapide. Le corps fonctionne selon le modèle de « Use it or Loose It ». Si tu ne lui appliques plus la stimulation spécifique et bien le corps fait tout pour se débarrasser des fibres musculaires inutiles, de l’usine à mitochondries inutiles. Et ceci semble se faire chez moi à une vitesse assez rapide. J’utilise l’image de la montée d’une échelle pour figurer la vitesse d’apprentissage du corps dans le cadre de l’entraînement / désentraînement. Il est long et difficile de monter une échelle barreau après barreau (c’est à dire atteindre un niveau de fitness en course à pied de plus en plus élevé)…or la dégringolade (et la descente des barreaux) est quant à elle bien plus rapide lorsque l’on arrête toute stimulation/stress de son organisme (le désentraînement). On fera un tout premier bilan de ce mois de juillet le 31. Alors nous serons à J-30 de l’UTMB.

 

4 réflexions sur “Comment gérer la période récupération post Ultra Trail ? … à 1 mois de l’UTMB.

  1. Un peu de repos ne fait jamais de mal, c’est d’ailleurs une base de l’entrainement, mais je sais que je ne t’apprends rien. Repose toi bien tu en auras besoin, mais ce que tu as fait est énorme, vu le pourcentage de finishers et ta bonne position.
    Je serai sur le parcours de l’UTMB, je ne sais pas encore ou ni quand, mais je te suivrai grâce aux méandres d’internet.
    Bon tapering pour le dernier mois, profite bien !

    1. C’est vrai mais je préfère reprendre la course à pied en maintenant un rythme très lent, très lent. Je pense attaquer un vrai tapering à partir du 15 août et non à J-7 comme je le fais habituellement. Super de te savoir sur le parcours ? A La Fouly as usual ?? ;-))

  2. Ping : Prépa UTMB 2017 : le point à J-31 – Grégo On The Run

  3. valmente

    alors moi j’ai les mêmes effets (surtout l’effet kisskool que tu décris : j’ai presque le moral à zéro on m’a dit que c’était hormonal) même après un trail de qq heures – je fais pas encore de courses de + de 12h – donc dans ce que tu écris je me reconnais bien 🙂 je laisse toujours passer les courbatures et au bout de 48h je constate ou non les vraies douleurs ou bobos qui subsistent (moi je fais attention à ma sciatique récalcitrante). J’espère que ton mollet sera complètement remis pour l’UTMB.

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