Récit : Semi Marathon de Paris 2017

7h54 : Paris quartier Montorgueil / Les Halles : je me réveille alors que je prends le départ dans 1h05 min à Vincennes. Bref je ne suis pas vraiment en avance. Je n’ai pas le temps de prendre un petit déjeuner. Je bois deux ou trois gorgées d’eau et quelques morceaux d’oranges confites trouvées dans le placard. Cela dit je me sens encore bien lesté par le dîner de la veille où je n’ai pas lésiné sur les mets : charcuterie corse, velouté de carotte, deux assiettes énormes de blanquettes de dinde accompagné de riz, un entremet au chocolat, un flan pâtissier et trois financiers taille XXL (c’est comme ça que je les pâtisse).

En définitive la nuit a été lourde… tout comme l’est mon estomac.

Je file prendre le RER aux Halles au pied de chez moi, le train est à quai et finalement je me retrouve 30 minutes après mon réveil déjà … à Vincennes. C’était finalement express, tout se goupille très bien. Je file vers la consigne et en moins de 5 minutes y dépose mon sac de change. Direction les sas de départ et notamment celui des « moins de 1h35 » (en jaune)…assez surprenant de se retrouver en plein milieu de coureurs alors que je me suis réveillé il n’y a même pas une heure. Oui on peut le dire : « j’ai la tête dans un seau » mais il faudra bien faire avec. Une chance qu’il ne pleuve pas encore.

TOP DÉPART : et il se met à pleuvoir !

Et il va se mettre à pleuvoir des cordes pendant toute la course.

Mes sensations au niveau cardio sont très bonnes. En fait je suis plutôt bien gêné par mon ventre tendu comme une peau de tambour. Je sens toujours bien le repas de la veille. Au moins on ne pourra pas dire que j’étais low glycogène durant cette course : j’ai les stocks à niveau. On peut même dire qu’il y a trop plein…dans les intestins. Je me sens moyen moyen. Il va falloir que je m’arrête à un moment ou l’autre.

5ième kilomètre : 22′ 44 » soit 4′ 27 » au km (cela sera mon allure la plus rapide).

Bon et bien maintenant on se prend des seaux d’eau sur la tête : ambiance dantesque. « c’est la guerre mon colonel » ! J’ai l’impression d’être un personnage d’un film de guerre où tous les coureurs luttent et foncent dans la même direction affrontant les éléments qui se déchaînent sur nos têtes. Bon c’est pas tout mais j’ai mal au ventre : l’arrêt s’impose impérativement. Juste avant la Place de la Bastille je prends une transverse sur la gauche et m’isole entre deux voitures stationnées, presque une minute d’arrêt le temps de faire son job. Et c’est reparti pour réintégrer le flot de coureurs même si je ne peux pas emprunter une bretelle d’autoroute me permettant d’accélérer et de retourner dans le pack de manière progressive. Essayez de réintégrer un peloton lancé à 13 km/h alors que vous êtes à l’arrêt sur le bas côté ! Bon il faut bien se lancer.

Maintenant cela va tout de suite mieux.

10ième kilomètre : 44′ 58 » soit 4′ 33 » au km sur la portion (oui oui je décélère… mais il y a eu un arrêt)

Et on attaque le chemin du retour. J’ai d’assez bonne sensations, je saute gaiement dans les flaques d’eau : floc floc floc. C’est presque ludique. Je me sens assez bien. Je ne vais m’arrêter à aucun ravito. Cela dit on est servi au niveau hydratation il suffit de tirer la langue. La rue de Charenton est juste atroce. J’ai l’impression d’être complètement au ralenti.

15ième kilomètre : 1h 15′ 25 » soit 4′ 41 » au km sur cette portion (oui je décélère encore).

Bon on attaque dans le dur… enfin je suis dans le dur. C’est dur. Je regrette mes séances d’endurance fondamentale aux Buttes Chaumont. Qu’est-ce que je fous dans cette galère ?

Et puis ZUT ! J’ai un lacet qui se défait après le passage d’un tunnel. Je suis contraint de m’arrêter pour tenter de refaire un nœud alors que mes doigts sont complètement engourdis, surtout se calmer, prendre son temps, un arrêt d’au moins 20 secondes. Et là comme il est difficile de reprendre son rythme.

Je me dis que plus je vieillis moins je suis fait pour ces épreuves de dingue où l’on se met la rate au court bouillon : les épreuves de 10 kms / ou semi : c’est atroce !

C’est sympa de voir Giao au 18ièm kilomètre et merci encore pour la photo !

20ième kilomètre : portion courue à 4′ 45 » au kilo.

La fin de l’épreuve en légère descente constitue un moment assez surprenant. Le cerveau, rassuré, sait que vous allez bientôt en finir et il vous permet de lâcher les chevaux. Vous êtes totalement en anaérobie, vous avez l’énergie pour accélérer. C’est la libération, on est dans un autre espace temps, on respire à peine mais pour autant on peut accélérer sur les quelques mètres qui nous séparent de la ligne d’arrivée. Moment assez euphorique cette sensation d’apnée non contrôlée. On aimerait presque recourir un semi marathon rien que pour revivre cette sensation ressentie lors des quelques mètres qui vous séparent de la ligne d’arrivée où l’on se se sent « overshooté » !!

Chrono à ma montre de 1h 37′ 08″ qui ne sera pas tout de suite confirmé par le chrono de l’organisation car ma puce n’a pas été initialisée lors du passage du tapis de départ (cela a été rectifié une semaine après).

Et je vous passe la description du retour où je suis en total hypothermie revenant à Paris dans un état de zombie remontant la rue Montorgueil à deux doigts de tomber dans les pommes…

36862796
Hyper marqué. Non je n’ai pas cette tête habituellement la faute au réglage de contraste poussé à son max des photographes Maindru !!

BILAN et mise en perspective de ce chrono par rapport aux autres semi de Paris courus :

tableau de synthèse semi paris 2017

  1. Le fait de cumuler des kilomètres en endurance fondamentale (457 kms sur les 4 semaines précédentes) ne permet pas du tout d’améliorer sa performance sur des courses de type semi marathon (et à fortiori sur des 10 kill) où sa Vo2max joue un rôle non négligeable. Or, on ne peut améliorer celle-ci (et son corollaire sa VMA) que par les entraînements de fractionnés et non par des séances d’endurance fondamentale. En tous cas chez moi c’est probablement le cas.
  2. Manifestement pas de relation entre son poids et la performance ;-). Mon meilleur chrono je l’ai enregistré en 2015 avec 1.5 kg de plus que cette année.
  3. En dehors de quelques écorces d’orange confites prise le matin et quelques gorgées d’eau (ainsi qu’une gélule de 60 mg de caféine pour remplacer le thé), je n’ai rien pris d’autres et ne me suis arrêté à aucun ravito. Inutile selon moi : aucune sensation de soif. De toutes manières je cours tous les matins mes 23 bornes en 2h10 avec deux gorgées d’eau et rien d’autre.
  4. Ce semi était finalement ma séance la plus courte de la semaine l’année et clôturait une semaine à 116 kms en cumul. J’avais néanmoins fait OFF la veille et le jeudi précédent.

Maintenant j’ai plutôt les yeux tournés vers la prochaine épreuve : un Ultra de 105 kms en Aubrac le 22 avril, jour de mes 44 printemps. Enfin je vais pouvoir me reposer et partir à mon allure de sénateur !

 

 

7 réflexions sur “Récit : Semi Marathon de Paris 2017

  1. Sylvain

    Très d’accord avec toi, un semi c’est quand même assez rapide et éprouvant. Je suis toujours très surpris de voir que ces 21km passent assez vite.
    Bravo pour ton temps sous le déluge et tes statistiques toujours précises !!!

  2. Ping : Prépa UTMB 2017 : le point à la fin du mois de mars – Grégo On The Run

  3. Fred

    Bravo pour les analyses d’après course, c’est toujours un plaisir de constater que d’autres coureurs que moi ont les mêmes démarches.

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