Récit de la X-Alpine 2016 : des larmes, du sang, de la sueur, mais finisher.

“It’s hard, it’s crazy !”. C’est ce que vient de dire un traileur de la X-Alpine à son correspondant, le téléphone portable à l’oreille, il est assis sur un rocher en plein soleil sur la rude montée en direction de la cabane d’Orny.

Je passe devant lui poursuivant mon rythme et ne peux qu’acquiescer au fond de moi : oui c’est bien vu “It’s hard, it’s crazy”!”. Et c’est pourtant ce que je voulais, désirais depuis un an. Je voulais me reconfronter à cette X-Alpine pour pouvoir achever ce qui n’avait pu l’être en 2015. Oui, elle est “dure” cette course, 8400 mètres de D+/- concentrés sur seulement 111 kms alors que la plupart des UltraTrail ont un ratio dénivelé sur distance moins élevé.

Le taux d’abandon l’année dernière était de 65% et cette année il sera de 57%.

Moins d’un traileur au départ sur deux arrive au terme de la course. “It’s crazy”, car cette course est très technique, les pentes ont une assez forte déclivité, en tous cas plus forte que celles que l’on peut rencontrer sur les épreuves classiques de l’UTMB (les CCC, et TDS). La X-Alpine “c’est encore un cran au-dessus de la TDS” selon ceux qui ont couru les deux épreuves (NB : la TDS est la course considérée comme l’épreuve la plus technique de l’UTMB).

J’avais mal digéré mon échec de l’année dernière mettant celui-ci sur le compte d’une mauvaise gestion de mon état psychique arrivé à La Fouly. Pourtant … pourtant, je fais le constat aujourd’hui – X-Alpine 2016 aujourd’hui devenu 😉 – que je n’étais pas prêt l’année dernière à la terminer. Il n’y avait finalement pas de regrets à avoir. J’ai acquis la conviction aujourd’hui que j’aurais de toutes manières abandonné après La Fouly à un moment ou un autre en 2015.

Je n’étais pas prêt en 2015 pour obtenir le Tshirt de finisher taggé du “I’m X-Alpine”. Mais j’étais prêt cette année. Je le disais depuis un mois à Laetitia de retour de mes séances d’endurance matinales : « Laetitia je suis prêt pour la X-Alpine, il faut juste que j’entretienne cet état de forme et tout ira bien ». En tous cas j’avais mis toutes mes chances de mon côté et ne pouvais faire mieux en terme de préparation étant donné les moyens dont je disposais : notamment ma “piste d’entraînement” que constitue l’allée de ceinture (mon trottoire) du Parc des Buttes Chaumont dans le 19 ièm à Paris que je foule tous les matins entre 5 et 7.

Mais pour un check de ma préparation plus préçis c’est ici le récit.
C’est donc confiant et la rage au ventre que j’abordais cette nouvelle édition. Une chance : la météo s’annonçait au beau fixe sans pour autant connaître les pointes de chaleur insupportables de l’année dernière (Plus de 30 degrés à La Fouly l’année dernière au moment de mon abandon).
J’avais choisi de prendre le départ de 4 heures du matin en compagnie des cracks et non celui de 1 heure alors que la barrière horaire est la même et laisse de facto plus de marge à ceux qui partent plus tôt. Je m’en suis déjà expliqué. Je préfère faire partie de ceux qui rattrapent que d’être rattrapé tel le fugitif hyper stressé qui a les chiens à ses trousses. Cela présente 3 avantages :

  1. c’est qu’il est plus confortable psychologiquement de dépasser des coureurs (ceux qui ont pris le départ à 1 heure) que de l’être soi-même, et
  2. deuxièmement le classement intermédiaire qui vous est communiqué ne nécessite pas de réajustement (à la baisse) comme peut l’être celui des “coureurs départ 1 heure du mat” qui se voient petit à petit descendre au fond du classement au fur et à mesure du passage du groupe des “coureurs départ 4 heures” aux différents check points.
  3. Last but not least, cela me laisse le temps (la possibilité si on y arrive) de DORMIR au moins 1 ou 2 cycles avant de prendre le départ et d’éviter de faire 2 nuits blanches.

 

Départ à 4 heures :

Contrairement à l’année dernière où je n’étais pas arrivé à fermer l’œil, entendant même les clameurs des « départ 1 heure » sous la fenêtre de mon hôtel (le stress !), et bien cette année j’ai pu m’endormir pour au moins 2 cycles ! C’était pour moi de très bon augure.

Réveil naturel sur les coups de 3 heures, je vais quitter l’hôtel Montpelier à 3h45 pour me rendre vers l’arche de départ situé en plein centre de Verbier. Combien sommes nous pour ce deuxième départ de 4 heures ? 150 traileurs à tout casser ! La très grande majorité des 450 coureurs a préféré prendre le départ de 1 heure. Je suis un peu déçu par l’ambiance mise par le speaker. L’année dernière le départ s’était fait en silence, ambiance monacale. En fait si je comprends bien, l’organisation a eu cette année l’autorisation de mettre les décibels contrairement à l’année dernière. Dommage. J’avais adoré la citation du speaker en 2015 que j’ai fait mienne depuis : “Ne craignez pas d’être lent, craignez d’être immobile” : c’est ma “citation de trail” favorite pour les moments difficiles. Cette année on nous sert du “Traiilllleuuuuuurrrrrrrrs de la X-Alpiiiiiiiiiiiiiiiine” “Comportez vous en Traiiilllleuuuuuuuuuuuursss d’une épreuve dont vous vous souviendreeeeeeeeeeeeezzz toute votre vie”. Et j’ai gardé le meilleur pour la fin “Une soufrance temporaiiiiiiiiiiiirrrrrrrrrrrrrrree pour une fierté éterrrrrrrrrrrrrrnelle”. Et ben…il était plus inspiré l’année dernière sur le fond comme sur la forme.

4 heures Top départ :

Je fais partie des 150 coureurs qui, frontale allumée, franchissent l’arche de départ dans l’espoir d’y revenir en venant de l’autre côté du massif après avoir fait une boucle de 111 kms.

Le profil de course commence par un chemin -pas beau- en sous bois. Nous devons grimper dans un premier temps avant de plonger dans la vallée en direction du village de Sembrancher. Je ne me souvenais pas que la première montée était aussi difficile. J’ai toujours des sensations aussi pourries au début d’une course : UTA, La SaintéLyon. C’est toujours la même difficulté à rentrer dans la course, une sensation d’avoir des enclumes attachées aux jambes et le souffle un peu court. La descente est assez technique. On arrive assez vite dans la vallée, le peloton s’effiloche très vite. Et très vite je commence à me perdre en suivant d’autres coureurs aussi perdus mais qui ne le savent pas encore. On me hèle derrière moi : ce n’est pas là ! Vite il faut que je fasse de même devant moi sauf que les 4 ou 5 coureurs en question filent comme des flèches et ont déjà disparu de mon viseur. Je retourne sur mes pas et retrouve la signalétique.

Le point sur ma stratégie de nutrition :

Une barre home made chaque heure. J’ai dans mon sac de quoi prendre à chaque heure une barre de type greenies (saveur matcha), blondies (saveur pâte à gâteau basque) ou brownies (chocolat Manjari Valrhona) que j’ai cuisinée moi-même. Ce seront tout au long du trail des moments privilégiés pour moi. A chaque heure dépassée je me prendrai une barre au hasard (quel bonheur d’ailleurs) que je dégusterai lentement sans jamais m’arrêter de courir. Cela va constituer, jusqu’à mon « pépin » à Bourg Saint Pierre, de vrais moments de bonheur et de régénération. Un peu comme si je m’octroyais un « tea time » chaque heure, ce que je ne peux faire qu’une fois par jour en temps normal.

Sembrancher : Km 13 et 365 m de D+ depuis départ / Il est 05h 37 soit 01h 37 de course / classement 247

Arrivé au ravito de Sembrancher :

Je suis un peu surpris (et surtout déçu) par mon chrono car j’arrive avec plus de 7 minutes de retard par rapport à l’année dernière alors que je n’ai pas eu la sensation de m’être particulièrement ménagé. Bon on verra bien. Je ne traîne pas au ravito : on boit, on remplit les flasques (un peu d’eau clair coupée au coca..enfin l’inverse).

On peut ranger les frontales, le jour se lève.

On va attaquer le gros morceau de cette X-Alpine : Le Catogne ! Cette X-Alpine a un profil qui fait mal d’entrée de jeu. On ne vous ménage pas car commencer ce trail par cette montée, ce Gulliver, c’est un peu comme si lors d’un repas auquel vous êtes convié on vous servait dès l’apéritif la Côte de Boeuf ! Et il faudra tout manger avant de passer à table et attaquer les autres…plats de résistance.

Cela dit j’adore cette montée, ce moment de grimpette sur Le Catogne c’est une des raisons qui m’ont poussé à recourir la X-Alpine. J’ai d’ailleurs en fond d’écran de mon PC la photo de la cime du Catogne avec quelques traileurs l’arpentant au levé du soleil.

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La grimpette se passe très bien. J’adore. La musique qui me vient en tête est celle de Girl (du groupe The Internet). Au bout d’une heure les rayons du soleil commencent à nous toucher d’une couleur auburn / oranger. C’est somptueux et me fait complètement oublier l’effort nécessaire à la montée.

Mon cerveau ne m’avait pas trahi en reconstruisant des souvenirs. La réalité est conforme à ces derniers…en plus beaux encore. La montée du Catogne constitue pour moi l’un des points saillants de cet Ultra.

Une fois arrivé en haut il faut redescendre et là c’est très technique. Des cordes de rappel sont parfois présentes pour ne pas que l’on se fasse découper en rondelles par des rochers coupants. Il faut assurer chaque appui. Et on court bien seul, déjà. Ma descente est identique à l’année précédente ; même rythme, mêmes déséquilibres lorsque je me mets à accélérer (c’est à dire que je me fais quelques petites frayeurs). En contre bas on aperçoit en vue plongeante le lac bleu foncé de Champex. Laetitia n’y sera pas comme l’année dernière, notre rendez vous étant prévu à La Fouly.

Champex : Km 29 et 2339 m de D+ depuis départ / Il est 09h 44 soit 05h 44 de course / classement 194 (gain de 54 places depuis Sambrancher)

Arrivé au ravito de Champex en 5h44 soit exactement le même chrono à la minute près que l’année dernière : une vraie horloge. J’avais décidé de ne surtout pas aller plus vite, que cela serait mauvais signe de se cramer dès le début. Je prend mon temps au ravito, je mange du pain pour diversifier un peu mes « barres énergétiques sucrées home made ». Et il est temps de repartir sauf que j’ai vraiment pris mon temps cette fois. On va attaquer un très gros plat de résistance avec la montée vers la cabane d’Orny via le col de la Breya. Dans un premier temps c’est un paysage champètre le long d’un ruisseau, on se croirait dans un paysage tiré tout droit d’un épisode du seigneur des anneaux : mais où sont les nains ? Et puis très vite la pente toute raide nous fait sortir de nos rêveries. On attaque une montée « droit dans le mur ». J’adore cette expression que j’ai emprunté à Fabrice H. Cela porte tellement bien son nom. Alors une montée « droit dans le mur » cela signifie que cela monte dans l’axe de la montagne tout droit, il n’y a pas de virages, les traceurs ont préféré tirer une ligne droite du pied de la montagne vers le sommet comme ça c’est plus direct ! Dans ces cas là la meilleure posture à avoir c’est de mettre un pied devant l’autre, de serrer les dents et ultime consigne – très importantes celle-là ! – surtout NE PAS LEVER LA TÊTE pour voir jusqu’où cela va ! On fixe son regard sur les … talons de chaussure du traileur qui est devant soi. Et en l’occurrence c’est « Aurélien 222 » qui joue le rôle de lièvre pour moi. Aurélien 222 ? Oui je ne connais que ce qui est écrit sur son dossard : son prénom c’est Aurélien et son numéro est le 222. Nous ne nous sommes pas du tout adressés la parole mais il est arrivé que je passe devant lui et qu’il repasse derrière moi.

Nous quittons la forêt pour un paysage minéral, lunaire avec un glacier sur notre gauche.

Orny : Km 37 et 3689 m de D+ depuis départ / Il est 12h 26 soit 08h 25 de course / classement 151 (gain 43 places)

Tout se passe bien j’arrive avec aisance à la cabane d’Orny après une grimpette de 1350 mètres de dénivelés depuis Champex engloutis en 2h40 environ. Mes sensations sont très bonnes. C’est un jeune enfant qui tient le joystick pour pointer la puce de notre dossard. Il ne me montre pas l’affichage de mon numéro de dossard sur son écran et je n’ai pas entendu de « bip » caractéristique. Mais il me dit que « c’est bon ! ». Je remplis mes flasques avec du coca coupé à l’eau et puis il y a quelques shortbreads (j’adore ces petits gâteaux écossais au bon goût de beurre !). Yes !! J’en emporte une bonne poignée. Et je repars rapidement. Certains traileurs sont allongés en train de prendre un bain de soleil, franchement je ne comprend pas comment on peut être « aussi relax ! ». Il y a pourtant un chrono qui tourne !

Sur une partie de la descente il va falloir franchir un névé sur environ 20 mètres, certains choisissent de faire de la luge sur les fesses…et quant à moi je préfère contourner. Les fesses mouillées : non merci. Je ne vais pas traîner sur la descente que je vais courir à vive allure en suivant un autre traileur dont je n’ai ni le nom ni le numéro de dossard. Je suis dans sa roue. Purée, on attaque la descente comme des funambules ! C’est un crack manifestement mais j’arrive à tenir le rythme. Il me dit qu’il a terminé la CCC dans les 120 l’année dernière : ah cela me calme tout d’un coup ! Il habite près de Thonon après avoir résidé en région parisienne (Juvisy je crois). Ami traileur si tu lis ces lignes et que tu te reconnais, fais moi signe. On arrive à la fois à discuter et à la fois à être concentré sur nos pieds. Bon au bout d’un moment je suis contraint de lui dire de continuer sans moi, je ne le reverrai plus. Et puis j’arrive près de la zone dangereuse pour moi, celle où je me suis mis en tête l’année dernière que la X-Alpine c’était trop dur pour moi et que j’allais abandonner à La Fouly. C’est ce « sentier maudit » que je vais commencer à emprunter. Et bien il est toujours maudit ! Cela cogne au niveau température, la lumière est très vive comme l’année dernière. J’espère qu’il n’y aura pas de bis repetita. A priori je me sens bien…jusqu’à ce qu’un SMS de Rémi ne me donne un coup de stress. Il me demande si je suis passé par Orny ??? Mais mon coco j’y suis passé il y a plus d’une heure ! Et là une angoisse m’étreint. Je me mets en tête que le gamin n’a pas bien checké mon dossard et que je risque d’être disqualifié ! Je gamberge pendant de longues minutes et là, une faute d’inattention fait que je trébuche et fais une chûte : un gros carton oui ! Je me tords les doigts de la main droite, m’écorche le genou. Je crains ne m’être fait une entorse des doigts. Cela me fera un mal de chien pendant 10 minutes, puis plus rien. J’envoie un SMS à mon frère qui a l’abonnement Live Trail et qui reçoit mes pointages pour lui demander … si je suis bien enregistré à Orny. Et là j’attends avec angoisse sa réponse… Vite, vite répond s’il te plaît…. Yes ! J’ai bien été enregistré il m’envoie mon chrono. Ouff!! Soulagé je suis. Je tourne la page. Maintenant place au rendez vous avec Laetitia. Je lui envoie un SMS pour lui dire que je suis sur le « chemin maudit » à quelques kms de La Fouly, dites donc j’avais oublié qu’il y avait quelques montées un peu raides sur ce chemin maudit ! … Et je tombe sur Laetitia qui m’attend à environ 1 km du ravito. Cela fait un bien fou. On continue ensemble en marchant d’un pas vif. Cela contraste avec l’année dernière où j’étais un macchabée. Et voilà que nous arrivons au ravito, vifs et alertes. Je sens que je prends ma revanche.

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La Fouly : Km 52 et 4118 m de D+ depuis départ / Il est 15h 09 soit 11h 09 de course / classement 132 (gain 19 places)
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C’est donc ici que « j’ai mourru l’année dernière ». Ben oui j’en avais un peu perdu mes capacités cognitives et donc ma maîtrise de la conjugaison. Mais aujourd’hui je revis je me sens presque euphorique de me sentir dans un état physique et psychologique tout autre. Je suis ravi de traverser cette tente… en vainqueur. J’arrive à La Fouly avec une heure d’avance sur mon chrono de l’année dernière, marquant alors mon arrêt définitif. Mais non, cette année je ne m’arrêterai pas, je continue, Na ! Je suis tout excité à l’idée de connaître la suite du parcours, la plus belle dit-on. A moi les paysages minéraux, les lacs d’altitude et ce fameux Col du Grand Saint Bernard qui a donné le nom à cet UltraTrail. Je franchis la sortie de ce ravito avec l’esprit du vainqueur sur moi-même. Je démystifie mon abandon ici-même l’année dernière. Mais en même temps je suis en train de faire une grave erreur qui va me coûter très cher et je ne le sais pas encore…. Je ne remplis qu’une de mes flasques, et encore même pas à fond. Laetitia me le fait remarquer. « As tu bien remplis tes gourdes ? » Et moi de lui répondre : « Mais oui t’inquiète ! Regarde j’en ai une remplie à ras bord ! ». « Bon et bien bois encore un peu » alors qu’elle me tend sa bouteille. Je bois une ou deux gorgées car je n’ai pas du tout soif. …. Et j’ai bien tort d’agir ainsi. Je vais m’en mordre les doigts dans quelques heures. Et c’est reparti. Finalement la grimpette qui suit La Fouly est vraiment tranquille niveau déclivité. On traverse ce que j’appelle des prés aux vaches. En revanche c’est en plein cagnard, pas un pet d’ombre. Donc je dois boire déjà, et boire encore un peu, et je continue à boire, pfuiii purée fais quand même bien chaud !!…. euh je ne vais pas encore boire quand même parce que, parce que… je n’ai plu d’eau dans aucune de mes flasques. La tuile ! Je n’ai aucune conscience de la vitesse à laquelle on peut se déshydrater il doit faire plus de 25 degrés à 16 heures et cela cogne comme jamais. Je m’inquiète sérieusement car je m’aperçois que je ne sais pas du tout quand aura lieu le prochain ravitaillement en eau, je n’espère quand même pas que c’est le col du Grand Saint Bernard car je n’y serai pas avant 3 heures. Que faire ? Demander à un autre traileur de me donner un peu d’eau ? Mais pourquoi ferais-je supporter sur autrui mon erreur ? Et surtout pas à un autre traileur qui a, lui également, besoin de cette ressource et à qui je ne veux pas forcer la main…ni recevoir de sa part une fin de non recevoir qui pourrait me donner un gros coup sur le moral. Alors que faire ? Tiens on passe devant une cabane / ferme devant laquelle il y a une réserve d’eau pour animaux : le style de dispositif pour chopper la dysenterie. Je pose la question à un traileur qui y remplit sa gourde de savoir s’il est certain qu’elle est potable. Il me répond qu’il n’en sait rien mais que les deux dernières années il en avait bu sans tomber malade. Ouais….et bien quant à moi je ne veux prendre aucun risque de me retrouver à me contorsionner de douleur le long d’un sentier. Je continue mon chemin avec le mors entre les dents. Que faire ? La soif me tenaille de plus en plus, l’inquiétude aussi. Je pense à l’œuvre Vol de Nuit d’Antoine de Saint-Exupéry. Il y relate les grandes heures de l’aéropostale et notamment son accident en plein désert de Libye où pendant 4 jours il est tenaillé par la soif (sans une seule goutte d’eau si ce n’est la rosée du matin qu’il récupère sur les ailes de son avion) et marche des dizaines de kilomètres sans rien absorber. S’il a pu tenir 4 jours consécutifs sans s’hydrater, je peux bien tenir 3 heures ! Et bien je sens que non. C’est vraiment atroce ce sentiment de soif et cette culpabilité d’avoir fait l’erreur de ne pas avoir pris ses précautions au ravito. Je suis vraiment en train d’écrire un nouveau chapitre du recueil du « Guignol qui fait du Trail ». Et puis et puis…je vois un groupe de randonneurs. Et là je prend la décision de les accoster et de leur demander de l’eau. J’espère ne pas me prendre un soufflet. Ils sont 4 : 2 filles et 2 hommes. Je vais leur demander avec toute la politesse dont je suis capable. Non ils ne pourront pas me refuser. Quoique les suisses ils sont assez strictes, j’ai une petite crainte. Car chez eux c’est « un peu chacun pour sa pomme ». C’est le cliché que j’en ai : une rigueur et grande conformité. « T’as pas d’eau ? …et bien t’as pas d’eau tu te débrouilles c’est ton problème et pourquoi je devrais t’en donner ! » C’est un peu ma frayeur… Or l’accueil que je reçois est juste extraordinaire. Ils me remplissent à fond les gourdes, me posent des questions sur ma course, s’intéressent à moi. Oh là là : ce sont mes sauveteurs, mon Grand Saint Bernard avec sa barrique non pas remplie de rhum mais d’eau clair et pure ! Et quand on a vraiment soif, quel soulagement. Je les remercie très très chaleureusement. J’étais prêt à les payer. D’ailleurs c’est la question que je me pose en continuant mon chemin. Une question très conceptuelle de micro économie que nous aurait posée notre prof en fac d’Économie. Quelle est la valeur du litre d’eau pour moi dans cette situation donnée, combien serais je prêt à mettre sur la table pour étancher ma soif? J’ai longuement réfléchi sur la montée vers le col Fenêtre à cette question. Et j’en suis arrivé à la conclusion que sa valeur était pour moi … inestimable. Mais d’un point de vue plus pragmatique si nous avions pu faire une transaction financière à ce moment là entre ces randonneurs et moi-même je pense que j’aurais été prêt à leur virer plusieurs dizaines d’euros (100 euros ?) pour 1 litre d’eau. Pour moi la valeur de cette substance était inestimable à cet instant donné, je suis dans une situation totalement asymétrique vis à vis de ma contrepartie, l’eau m’est absolument nécessaire dans ma situation pour continuer mon chemin et terminer mon trail jusqu’au Grand Saint Bernard. Ce trail constitue mon objectif de l’année et l’échec n’est pas tolérable pour moi.

Bref, c’est donc remis en selle que je continue le parcours qui va devenir de plus en plus splendide car nous quittons les paysages d’alpages pour les paysages granitiques de haute montagne avec son lacs et ses névés. J’adore ! Quel bonheur d’être là enfin : plus d’un an que j’en rêve de ces paysages de trail. Y’a plus qu’à profiter, les jambes vont super bien, le cardio aussi : cela baigne. Enjoy ! Et je « enjoy un max » je peux vous le dire. Etat d’euphorie, plénitude d’être là à ma place, là où je voulais être après les efforts consentis, la récompense est sous mes yeux sous mes pieds. Je prends le temps de m’arrêter pour prendre des photos au Smartphone. Grand moment de plaisir intense !

Et c’est le col Fenêtre, déjà !

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Col Fenêtre : Km 64 et 5489 m de D+ depuis départ / Il est 17h 48 soit 13h 48 de course / classement 85 (gain 48 places)

Le gain en nombre de places reflète juste le nombre d’abandons pléthorique à La Fouly (98 abandons sur un total de 270) qui ne badgeront jamais au Col Fenêtre et qui te propulsent en haut de tableau sans n’avoir rien eu d’autre à faire qu’à mettre un pied devant l’autre. « Ne crains pas d’être lent, crains d’être immobile » : la fameuse citation du speaker de la TVSB l’année dernière.

Et nous attaquons la descente sur le col du Grand Saint Bernard, c’est un peu le clou de cette épreuve. La température a bien baissé, la lumière du soleil plus rasante confère une atmosphère très particulière à ces montagnes. J’adore.

Je prends mon pied dans la descente, et hop je fais le cabotin devant le photographe officiel.

Et puis une légère remontée pour arriver au col proprement dit. Rendez vous avec Laetitia : le bonheur quoi !

Col Grand Saint Bernard : Km 67 et 5586 m de D+ depuis départ / Il est 18h 21 soit 14h 21 de course / classement 87 (perte 2 places)

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Au ravito qui est côté italien je remplis mes flasques à fond. On marche quelques centaines de mètres avec Laetitia. Qu’est-ce que c’est beau ! Ciel azur, lumière magnifique, je suis au top pour continuer. Bises, photos et tout ça. On se donne rendez-vous à Verbier au petit matin si tout se passe bien.

J’attaque le dernier « petit col » très alpin qui est celui des chevaux avant d’attaquer la grande descente vers Bourg Saint Pierre. Aussi vite arrivé au col, aussi vite je prend le chemin de la grande descente. Le décor est magnifique, minéral, désert, sauvage : comme je les aime. Très belle lumière : l’instant idéal pour prendre des photos de pro. pour cartes postales. A partir du moment où nous quittons les pierriers assez dangereux pour rejoindre les terrains d’alpages je commence à accélérer le rythme. Je me sens plus à l’aise pour prendre un peu de vitesse, je double 2 ou 3 traileurs. Et puis tout va bien jusqu’à ce qui va constituer la rupture dans ce trail pour moi. Le moment choc à partir duquel plus rien ne sera comme avant. Je vais vivre cette deuxième partie de trail sous le sceau de l’inquiétude et de l’angoisse. L’euphorie se sera définitivement envolée pour revenir quand même…à 200 mètres de l’arrivée à Verbier.

Tout commence par… une envie d’aller uriner.

LA RUPTURE

Nous ne devrions plus être très loin de Bourg Saint Pierre, enfin je crois. Nous venons de passer le long d’une énorme retenue d’eau par un barrage. Et puis je m’arrête sur le bas côté pour uriner et là horreur. J’urine un liquide de couleur marron, presque noir, comme du coca cola. Je prends un grand coup sur la tête. J’en conclus que j’ai du sang dans les urines à l’instar d’il y a quelques mois. Je m’inquiète. Et je ne sais pas ce qu’il se passe mais j’ai tout d’un coup besoin de m’arrêter pour uriner un peu tous les 500 mètres. Et je vois toujours ce liquide noir. Putain je me vide de mon sang qui se déverse dans ma vessie ?? !! On se calme, on se calme… D’abord ce n’est pas que du sang ce sont des urines colorées avec du sang. Pas de panique. Je diagnostique la chose suivante : le fait de courir et de gigoter dans tous les sens fait subir de grosses vibrations à mes organes, cela contribue à l’hémorragie qui est localisée dans la vessie : conséquence il faut que j’arrête de trop bouger (et donc d’osciller) et me mettre à marcher tranquillement pour que cela se « referme ». Et me voilà à marcher comme un macchabée sur le faux plat en direction de Bourg Saint Pierre. Tout le gain de la descente où j’ai « bourriné » comme un âne je vais donc le reperdre sur cette portion jusqu’à Bourg Saint Pierre pour cause de marche forcée. Je vois un jeune homme en train de fumer assis devant la porte de son hameau et manifestement ma tête en a pris un coup car je ne maîtrise plus la syntaxe de la langue française je lui demande « Bourg Saint Pierre c’est bientôt loin ? » Il ne semble pas surpris par la tournure de ma phrase et me répond avec flegme que c’est à une demi heure. Je me marre intérieurement…

Je me mets à trotter et bizarrement j’ai perdu mes bonnes sensations. Ma vessie me laisse un peu de répit, plus envie de m’arrêter toutes les 5 minutes : tant mieux cela me permet de ne pas en voir la couleur. Et j’arrive dans un très joli village de montagne du style de Saint Véran, la lumière est entre chien et loup, c’est calme, c’est charmant. J’aurais presqu’envie en temps normal de m’arrêter dans un petit troquet pour déguster une tarte aux myrtilles.

Bourg Saint Pierre : Km 82 et 5980 m de D+ depuis départ / Il est 21h 13 soit 17h 13 de course / classement 75 (gain 12 places)

Le ravito a lieu dans une grande salle de gymnastique comme celle de Soucieu en Jarrez (La SaintéLyon). C’est là que nous avons la possibilité de récupérer nos sacs laissés à Verbier. Je me sens un peu comme un chien dans un jeu de quilles. Il y a un tel décalage entre les quelques traileurs qui prennent leur temps assis à des tables en train de manger un plat de pâtes sauce bolo et parmesan et moi qui suis un peu stressé et ne veut pas traîner que je ne sais pas quoi faire. Je ne me sens pas à ma place, je me sens complètement maladroit comme un personnage d’un film de Jacques Tati. Les traileurs sont tellement décontractés affalés sur les bancs que je me demande s’ils ne vont pas sortir un jeu de carte pour taper le carton après leur pantagruélique plat de pâtes. Et moi que faire? Dans mon sac (il s’agit d’un sac poubelle laissé à Verbier dans lequel les coureurs ont la possibilité de laisser plein d’affaires) il y a une boîte de tupperware avec mes greenies, brownies et autres blondies pour refaire le plein. Allez je prends tout et les range dans mon sac de trail. Il y a également une autre paire de chaussure (mes Hoka Rapa Nui) que je sors du sac… euh que je remets dans mon sac poubelle. Il y a aussi une paire de gants, que je sors du sac pour tout remettre dedans. Bref je suis écartelé entre d’énormes questions existentielles du type « je prends ou je prends pas » ? Bon et si je me prenais une ou deux cuillerées de pâtes trop cuites ? Je m’approche du réfectoire sans réellement savoir ce que je veux. Je prends ou je prends pas … ou je laisse la bénévole décider à ma place : « Vous voulez des pâtes ? »….Et moi qui a du mal à me décider : « euh… un peu ! ». C’est bien de dire « un peu » ! Car c’est à mi-chemin entre le « j’en veux pas » et le « j’en veux ». Donc cela me convient. Et me voilà à déguster absorber mes trois cuillerées de plâtrée de pâtes comme tout le monde, par souci de conformité. Et puis et puis c’est pas tout, mais il faut y aller ! Allez, Mr Hulot Grégo dans le livre « Grégo fait du Trail » repart assez vite en reposant son sac de change (qui ne lui a pour ainsi dire servi à rien) et repart de Bourg Saint Pierre le cœur vaillant.

Il fait encore un peu jour, j’ai sorti la frontale et ai revêtu mon Gore Tex car il va commencer à faire froid. Je suis complètement seul, je me demande d’ailleurs si j’ai bien pris la bonne direction. M’attend l’avant dernier col que je vais arpenter de nuit : le col de Mille.

Avec la tombée de la nuit vont revenir les angoisses sur mon réel état physique. Cela dit la montée me convient bien puisque je marche en mode « randonneur pressé ». Cela m’évite de « trop faire bouger mes organes ». J’essaie de contempler « l’obscure clarté qui tombe des étoiles » si vous me permettez d’user de cet oxymore apprise à l’école. Car cette citation convient bien à ce que je suis en train de contempler. Le ciel est limpide, le soleil est planqué derrière les montagnes depuis longtemps, les lanternes dans le ciel s’allument, un très fin croissant de lune apparaît. J’admire, il n’y a rien d’autre à dire. Je monte calmement, avec constance…et j’atteins la cabane de Mille peu de temps après minuit.

Col de Mille : Km 94 et 7077 m de D+ depuis départ / Il est 00h 21 soit 20h 21 de course / classement 63 (gain 12 places)

Je caille, il fait quand même assez froid dans ce refuge. Je n’ai pas vraiment le moral. Les autres traileurs tirent des têtes de cadavres. Seuls les bénévoles conservent une certaine bonhommie. Ils nous apprennent que le vainqueur de cette X-Alpine est Jules Henri Gabioud, le suisse du pays. Je ne me sens pas bien du tout. Inquiet, pas envie de boire ni de manger, pas envie de redescendre. Je redoute terriblement cette descente. Les autres traileurs n’ont pas plus le moral que moi et me foutent le bourdon. Ils parlent de la montée Lourtier / La Chaux en disant qu’elle est terrible et qu’il ne faut surtout pas lever la tête et monter en silence en prenant son mal en patience. Supeeeerrr!!!! Merci pour les mots qui font chaud au coeur, on se sent galvanisé comme ça. Vite il faut que je parte de cet endroit malsain. Merci aux bénévoles qui ont su garder le sourire et la pêche. On me souhaite une excellente descente. Pour moi elle va constituer une descente en enfer. J’ai reçu un SMS de Remi qui me dit avec enthousiasme de penser à mon super chrono de la SaintéLyon…. cela me met mal à l’aise car je suis tellement en décalage avec cet état d’esprit de winner qui fait une superbe perf., je suis à ce moment là tellement en déroute. Je pars complètement en vrille.

#jemesensbienseul #envied’abandon #appelerlesurgences #lesurgencesensuissecelavamecouteruneblinde #appelerlaetitiafautpas! #latrouille #escargot

Je n’arrive plus vraiment à courir. J’ai fait un arrêt … pour voir. J’urine toujours du marron foncé coca cola. Je regrette de ne pas avoir prévenu les bénévoles, juste au cas où on me trouverait inanimé sur le bord d’un sentier histoire que les secours fassent rapidement le bon diagnostic. Et je commence à me sentir mal au niveau de l’estomac. C’est la première fois que j’ai envie de vomir sur une épreuve de course à pied. Pas la pêche, le stress de ne pas savoir si ce que j’ai nécessite un arrêt définitif, envie de vomir : cela ne va pas du tout. Il va falloir envisager d’abandonner car s’il y a une probabilité de ne serait-ce que de 10% que cela soit grave je ne peux pas me permettre de continuer. J’entends la voix de ma belle mère : « tu sais Grégory ce que j’en pense de tes trails ! » Et moi de répondre « Euh non je ne veux pas le savoir ! ». Cela dit sur ce coup là je ne peux pas lui donner tort. Je me fais doubler par deux ou trois flèches. Alors eux ils ont la pêche, il n’y a pas de doute. A un moment donné je ne perçois plus la signalétique, je suis complètement paumé. Pas de frontale devant moi, rien derrière moi : l’angoisse totale. Je ne sais pas quoi faire. Le noir intégral, il n’y a pas d’arbres seulement un parterre de rochers, j’ai beau chercher, pas de signalétique au sol et pas de piquet non plus, de toutes façons pas possible de le faire tenir sur un rocher. Je suis paumé, mal au ventre, envie d’abandonner, personne à l’horizon, le noir intégral. Je tente de revenir sur mes pas …oui mais je n’ai pas laissé de cailloux tel le Petit Poucet… Alors j’attends. Et au bout de 5 minutes enfin des frontales dans ma direction. Yes ! Cela fait du bien, les pulsations cardiaques reviennent à un niveau convenable. Alors j’avance un petit peu et oh miracle aperçois un flag au loin. C’est OK tout rentre dans l’ordre je comprends mieux le balisage.

Je me fais dépasser, les traileurs eux courent, pas moi… Petit Poucet je demeure. Petit, tout petit je suis, mais qu’est-ce que je fous dans cette galère ? La sensation horrible de ne pas être à ma place, d’être un petit joueur débutant dans un monde où je n’ai pas ma place. Et cette envie de vomir… Bon durant ma marche je continue à rassembler mes idées : « Ne pas craindre d’être lent, craindre d’être immobile ». Je me demande ce que vont penser mes supporters, ma famille, quand ils vont voir ma dégringolade au classement lors du prochain pointage ! Ils vont être déçus. Dois-je appeler Laetitia pour lui dire que je pisse le sang ? Excellente idée pour l’affoler, on sera bien avancé tiens ! Alors appeler mon frère qui veille ou presque ? Mais que pourra-t-il me conseiller lui aussi ? Appeler les secours ? Ils vont quand même pas appeler un hélico pour des problèmes d’urines. En fait j’ai la trouille de tourner de l’œil. Je n’ai finalement pas d’autres choix que d’avancer, d’avancer et continuer à mettre un pied devant l’autre même si c’est au rythme de la rando…

Et puis il y a la rencontre qui change tout. Alors que nous sommes dans les bois, plus très loin de la civilisation (j’aperçois des lumières, Lourtier ?), je me mets à discuter avec un traileur, hyper sympa. Cela fait beaucoup de bien d’échanger nos impressions. C’est fou comme cela réchauffe et remet en selle. Et j’ose lui parler de mes problèmes d’urine couleur coca cola. Et miracle il me dit la chose suivante : »c’est normal moi aussi cela m’arrive quand je n’ai pas assez bu ! Ce sont des toxines pour cause de déshydratation qui colore à ce point les urines ». Eurêka !! Je fais le lien avec ma déshydratation de cet après midi. Cela tient la route ce qu’il me dit. On continue à échanger jusqu’à Lourtier en très léger rythme de trot. Et voici le point de ravito qui fait du bien.

Lourtier : Km 106 et 7118 m de D+ depuis départ / Il est 02h 46 soit 22h 46 de course / classement 58 (gain 5 places)

Et je demande au pointeur notre classement. Je suis abasourdi, je n’ai rien perdu ! Cela veut dire que d’autres sont aussi mal en point que moi, et il y a les abandons également. Ben ça alors ! Je me force à manger quelque chose de salé. Pour le sucré je crois que je suis full pour…une semaine au moins. La moindre évocation de pâtisseries / friandises me donne la nausée. Je prends deux tranches de pain avec un peu de saucisson…cela passe. En revanche vraiment je ne peux pas boire au risque de tout rejeter. On décide avec mon compagnon d’y aller et d’attaquer la fameuse dernière ascension : l’ascension qui tue. Lourtier / La Chaux : 1100 m de D+ sur 5 kms seulement. Une déclivité de malade. Un troisième traileur nous rejoint. Nous prenons notre courage à deux main (à deux pieds). On attaque et je me mets dans la roue de mon nouveau pote. Le troisième me suit. Vous voyez la figuration de la pente sur le schéma du profil de la course ? Et bien c’est conforme à la réalité …mais en pire !

Très vite c’est atroce. J’en veux au traceur qui doit être un pervers. C’est un chemin « droit dans le mur ». Pas de répit. C’est comme La côte de Beaunant (cf. La SaintéLyon), mais sur 5 kms. Je sens que je ne vais pas pouvoir tenir le rythme que notre ami nous impose. Lui tient bien, moi pas. Je me sens être la souris dans une roue de laboratoire. Je n’ai pour champs de vision que les talons du traileur devant moi. Pas de paysages à contempler, on est dans un sous bois complètement noir. Il faut avancer et mettre un pied devant l’autre avec le palpitant qui est assez haut. Mais je n’en peux plus, je sers les dents pour poursuivre. Je me dis que je ne pourrai pas courir une autre X-Alpine, c’est trop dur. Rien qu’à cause de cette montée de malade je ne pourrai plus jamais prendre le départ d’une X-Alpine. Je laisse le troisième traileur de notre petit groupe passer devant moi, je préfère être lanterne rouge à qui on n’impose plus le rythme. Je suis à bout. Finalement j’arrive à adopter un rythme qui me convient mieux en faisant de tous petits pas. Cela me soulage. C’est pas mal du tout. Tiens au fait je me rend compte qu’il est 4 heures du matin et que je viens de faire un tour de cadran depuis le départ pour la première fois que je pratique cette discipline. Notre leader a pris la poudre d’escampette, on ne le reverra plus. Nous sommes donc deux.

Et puis finalement on sent que la déclivité est un petit peu plus tolérable, on sort des sous bois pour arriver vers les paysages d’alpages. Je me sens mieux. Mes problèmes de nausées ont disparu d’un coup d’un seul. Et c’est finalement un peu mieux en point que j’arrive à La Chaux laissant mon deuxième compagnon à 100 mètres derrière moi. J’entre dans le bâtiment près de l’arrivée du télésiège de La Chaux. Cela ressemble à un self de montagne.

La Chaux : Km 113 et 8324 m de D+ depuis départ / Il est 05h 04 soit 25h 04 de course / classement 62 (perte 4 places)

Cette fois je sais que je serai finisher, mais je ne sais pas encore quand. Nous sommes 4 dans ce ravito. Il y aussi deux bénévoles derrière le comptoir du self. Il y a un papi traileur qui doit être au moins VH3 (mes respects !), mais probablement parti à 1 heure du matin. En fait je suis fourbu, j’ai l’impression d’avoir revêtu une armure très mal huilée. Mes articulations on perdu de la mobilité. C’est vraiment un gros risque de devoir s’arrêter dans un lieu fermé où il fait chaud, j’ai l’impression que tout mon corps se raidit. J’ai soif d’eau clair ! Je prend deux gobelets d’eau qui font du bien. On demande aux bénévoles ce qu’il reste à parcourir et là. « Oh il reste 7 kms ». Et là la réaction de papi traileur est vive et spontanée « 7 kms !!!! ». Et le bénévole d’ajouter : « Mais ce n’est que de la descente ». Papi traileur faisant des yeux gros comme des soucoupes : « Mais c’est pire !!! ». Et je ne peux qu’acquiescer. Je le regarde et hoche la tête ne pouvant plus parler, n’ayant plus la force de dire un seul mot. Oui il a raison, c’est pire. Je ne peux plus entendre parler de descente, mes quadriceps me l’ont fait comprendre sur les quelques rares portions de déclivité négative à l’approche de La Chaux. Je sens que je suis tout déglingué. Il ne faut pas traîner, plus on restera ici au chaud plus on aura du mal à repartir. Aller Go ! Je sors et m’aperçois que la lumière s’est faite déjà plus intense. On est entre chien et loup. Le petit matin est déjà là. Cela dit je ne vois pas encore Verbier là bas loin, très loin en contre bas. Cela va être compliqué cette descente.

Et puis j’ai hyper froid, j’avais rangé mon Gore Tex sur la descente du col de Mille pour rester en TShirt. J’ai trop la flemme de le ressortir, cela va me demander de l’énergie que je n’ai plus. Finalement mes quadri tiennent le coup. J’éteins la frontale à mi pente. Je croise des coureurs de l’épreuve de la Traversée (épreuve dont le départ est à La Fouly) dans le sous bois. Je reçois un beau SMS réconfortant de Fabrice qui veut me voir arriver en direct live, c’est beau d’avoir un frère en or ! En revanche j’ai du mal à joindre Laetitia qui doit dormir. Nannn, elle m’envoie un SMS, elle est bien réveillée ! Et curieusement je trouve que la descente n’est pas si longue que cela. Ça y est j’arrive aux contreforts de Verbier. La boucle sera bientôt bouclée. Je commence seulement à prendre conscience maintenant que oui je vais être finisher, à goûter à la joie de l’être. Laetitia m’attend devant l’hôtel W (au départ du télésiège de La Chaux). On court les derniers 200 mètres ensemble. On franchit l’arche ensemble.

THE END

Verbier : Km 111 et 8400 m de D+ depuis le départ / Il est 06h 18 soit 26h 17 de course / classement définitif 62

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Ça y est, j’en rêvais chaque matin durant ma séance d’endurance depuis 18 mois : It was hard, it was crazy… But now =>> I’m X-Alpine.

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  • Statistiques personnelles : 

Classement scratch : 62 sur 206 finishers (soit un classement individuel dans les 30% des finishers)

Nombre de coureurs au départ : 476 (soit un taux d’abandon de 57%)

Classement VH1 : 21 sur 74 finishers VH1 (soit dans les 28% de ma catégorie finishers)

  • Caractéristiques de la course X-Alpine selon scoring de l’ITRA (International Trail Running Association) :

Rappel : X-Alpine : 111 kms pour 8400 m D+/-

Score ITRA Endurance : 6 sur une échelle de 0 à 6

Score ITRA Montagne : 12 sur une échelle de 0 à 14


  • Remerciements personnels à 3 personnes :
    • Mon frère Fabrice qui m’a apporté un indéfectible soutien par ses SMS qui m’ont fait beaucoup rire et également très chaud au cœur.
    • Mon pote Sylvain : traileur lui-même, mon ami d’enfance toujours fidèle au poste et qui sait trouver le ton juste.
    • Mon « grand » Rémi : le tri athlète éclectique qui m’a donné des coups de pied aux fesses par SMS..et en souvenir de cette sortie improbable à Lille à 5 heures du mat après un concert.
  • Et mention spéciale à mon épouse pour son soutien inconditionnel et ses petits soins…

31 réflexions sur “Récit de la X-Alpine 2016 : des larmes, du sang, de la sueur, mais finisher.

  1. C’est une vraie leçon de vie que tu nous donnes: le stress, le doute, les chutes et tous les errements des pensées et surtout la victoire du héros à la fin.
    Vu depuis mon mac sur livetrail, ta course me semblait beaucoup plus facile et plus simple 🙂 Mais quel récit et quelle rage de finir, j’avais remarqué qu’en phase d’entrainement l’urine était un peu plus jaune, mais couleur coca-cola jamais.
    Franchement tu me donnes envie avec ce Trail, mais c’est un monstre et tu es devenu un GEANT !! Si tu fais l’UTMB, et si tu le veux, je ferai partie de l’équipe des ravitailleurs/photographes/logistiques !!

    1. Merci Sylvain. Si un témoignage permet d’apporter (je n’irais pas jusqu’à dire des leçons) une nouvelle façon de voir : tant mieux. J’essaie à travers ce récit d’apporter un peu de divertissement mais aussi de partager ce que j’ai vécu. Pour la couleur de l’urine j’ai un peu de regret aujourd’hui de ne pas avoir choisi le qualificatif d’une autre boisson que le Coca, c’est vrai … j’aurais pu choisir la Guiness ! C’était plus glamour ! « Géant » : merci pour ce qualificatif. Mais face à la montagne et à ce type d’épreuve on se sent bien petit et l’on doit garder une grande humilité car l’euphorie d’un temps peut très vite s’envoler pour laisser la place à la peur et l’angoisse comme je le retranscris dans mon récit. Et quant à l’UTMB : et bien attendons le tirage au sort de janvier 2017. Je m’inscris à la loterie ayant obtenu les points nécessaires. Mais pourquoi pas partager ce moment ensemble, cela serait super !!!

      1. Oui GÉANT.
        Non pas face à la montagne, mais face à ce défi qui me parait fou (dénivelé et distance) que 99% de la population ne peut faire. GÉANT face aux sacrifices et à l’entraînement. Et la satisfaction de voir l’arrivée … ça doit être GÉANT !!!

  2. Marc

    Ton récit est hallucinant.
    Je ne suis pas sûr qu’à moi, cela me donne envie. Tant de souffrance, de stress !!!
    Mais nous sommes tous différent.
    En tout cas cela confirme ce que je pense : la course à pied est plus mentale que physique.
    Je ne dis pas qu’il ne faut pas un excellent physique, loin de là, mais il semble que c’est le psychique qui fait le « finisher » et non le physique.

    Un très grand coup de chapeau, en tout cas.
    C’est « grand » ce que tu as réalisé.

    1. Marc, nous sommes tous différents il est vrai mais il faut prendre un Ultra Trail comme une grande aventure, une vraie aventure initiatique où chacun va vivre sa propre histoire. Tout ce que je peux te dire ce que cela vaut d’être vécu et que cela m’a énormément apporté bien au-delà de la « performance sportive » que cela peut représenter qui devient bien secondaire…
      Merci à toi.

  3. Hey bien! Quelle aventure! Déçu de ne pas avoir pu être dans ton sillage. Tu as réalisé une superbe course! Bravo! Et merci pour ce récit détaillé, tu m’a emmené sur la X-Alpine l’espace d’un instant.
    Encore un immense bravo!
    You are X-Alpine!!

    1. Merci c’est sympa. Dommage que tu n’aies pas pu être des nôtres. Cela dit ton objectif majeur de l’année 2016 n’était pas celui-ci. Focus on the UTMB now !

  4. La classe, la très grande classe ! Bravo monsieur 😎🍾🍾🍾 et un grand merci pour ce super récit, je me suis régalé 😋 bonne récup 🏆

    1. Oh là là que de flatteries ! Je vais avoir du mal à rechausser mes chaussures de trail avec ces chevilles qui enflent ! Merci pour ton support et ton intérêt en tous cas. Bien à toi.

  5. bblmr

    Bravo ! Pour ton périple ET pour ton récit. Je ne sais pas comment tu fais pour te remémorer tous ces moments après coup… surtout qu’à certains moment tu doit avoir les idées aussi claires que ton urine !
    Tu ne me croiras peut-être pas, mais il m’a fallu presque autant de temps pour lire ton récit qu’il t’a fallu pour venir à bout de ton épreuve. D’accord, j’ai observé quelques pauses… non pas que le récit ne soit pas haletant…

    1. Remarque tu as dû remarquer qu’entre temps (entre le début de ta lecture et la fin soit près de 30 heures après…) j’avais pu corriger plein de fautes d’orthographes et même modifié le texte (encore pas plus tard que ce matin). Arriveras tu à faire le « avant » « après » et identifier mes modifications ?
      Je crois vraiment m’être trompé sur la couleur de mes urines : c’était pas du Coca mais de la Guiness !!

  6. PhilippeG-529

    Bravo Grego ! Félicitations, tu l’as réussi cette année (j’aurai été très déçu sinon)
    Tu as bien fait d’abandonner le coca pur 😉
    C’est bien vrai qu’elle était belle, un parcours magnifique, j’ai adoré !
    Bonne récup à toi.
    @+
    Philippe

  7. Merci Philippe. C’est plutôt à moi de te féliciter de ta superbe performance canonissime ! Et franchement je me demande si tu as le temps de voir le paysage ? Bien à toi.

    1. PhilippeG-529

      Merci Grégo, c’est gentil mais oui, je me suis imprégner de tous ces beaux panoramas, instants rendus magiques par ce temps magnifique 🙂
      Pour une fois le temps était avec nous, comme s’il nous aidait à progresser pour voir de meilleurs paysages.
      C’est lors de moments pareils que j’ai une sensation de communion avec la « Nature ».
      Malgré certains passages moins faciles, je garde à l’esprit que chaque course pourrait, je ne le souhaite pas, être la dernière 😉
      Bien à toi également et vive le trail en montagne !
      @+
      Philippe

      1. Ah tu me rassures. Et je partage complètement ton ressenti : oui ce sont des moments privilégiés qui pourraient être les derniers. Vivons les pleinement.

  8. OMG!!! Bon, on a bien compris que tu t’étais perfusé du chocolat directement dans les veines, en volumes que les reins n’ont pas réussi à filtrer !!! C’est juste un truc de dingue. Tu nous raconteras aussi ton programme recup 😜 et mention spéciale à Laetitia!

    1. On va dire plutôt du sucre sous toutes ses formes : saveur thé matcha (greenies), sucre de cannes (blondies) et sur la fin (la faim) des brownies (choco. Manjari Valrhona). Grosso modo cela faisait environ 350 Kcal / heure de course ce qui correspond à un peu moins que les dépenses, environ 450 Kcal / heure. Mais avec le sucre que l’on ingère via les boissons (coca et sirop) le compte y est. Et globalement je suis à iso calorie sur l’ensemble de la course : c’est vraiment pas le moment, ni le lieu, de faire un régime ! Quant à la récupération en terme de calorie c’est donc inutile. Mais je n’en pouvais plus de manger du sucré : pendant 4 jours cela m’écœurait. Je ne ressentais globalement pas la faim non plus. Maintenant que presque 15 jours sont passés tout est rentré dans l’ordre : l’appétit pour les foodies sucrés est revenue : youpiiiiiii ! Comme au bon vieux temps. Et quant à la course : mention spéciale pour Laetitia qui s’est retenue de manger mes barres sucrées qu’elle devait me fournir à La Fouly pour me ravitailler, j’avais la trouille qu’elle me boulotte tout en m’attendant ! Bizz

  9. Toujours aussi incroyable et pourtant tu as réussi, encore une fois. Je me permets de te tutoyer même si je n’ai découvert ton blog que cet hiver avec ta préparation pour la SaintELyon.
    Je suis allée lire aussi des posts plus anciens et j’ai suivi ton évolution en terme d’entrainement. J’ai savouré tes récits si riches en précisions qu’on a l’impression de vivre la course (comment fais-tu pour te souvenir de tout ça ?). Enfin, j’admire ta méthode d’entrainement à l’opposé de tout ce que l’on peut voir ou lire en général et qui porte ses fruits avec grand succès. Elle est très proche de ma philosophie d’entrainement mais je suis une disciple du grand Serge Cottereau depuis de si longues années 🙂
    Je reste néanmoins stupéfaite que l’on puisse réussir un trail de montagne aussi technique en ne faisant pas de travail spécifique, moi qui habite et m’entraine à Bordeaux et qui me plains : je n’ai plus aucune excuse 🙂 Je cours déjà très souvent et la majeure du temps en endurance, c’est ma tête et mes jambes qui décident de l’allure donnée à ma séance. Les km s’enchainent sans blessure (je ne l’ai jamais été et j’espère continuer).
    Tout cela est très inspirant pour moi, alors merci !

    J’oserais bien te demander les recettes de tes barres qui ont l’air si délicieuses ^^

    1. Marc

      Un petit témoignage de la « méthode Grégory ».
      Je l’ai découverte en début d’année, moi aussi persuadé qu’il était impossible de progresser sans les « fichus » séances VMA.
      Pourtant, je me disais que nos ancêtres qui avaient une condition physique très loin de la notre, ne faisait pas de séance de VMA. Ils devaient bien sûr faire quelques sprints pour échapper à un danger mais je les vois mal faire des séries de sprint, rien que pour s’améliorer 😉
      J’ai donc depuis 6 mois environ, essayé cette méthode sans VMA mais avec presque 1 heure de course à pied par jour, globalement « au feeling » et maintenant des sorties longues hebdomadaires ( celle d’hier 2h45 pour 22 km) .
      Je peux témoigner que cela marche car j’ai beaucoup progressé en 6 mois et cela sans difficulté ni blessure et en prenant à chaque fois du plaisir à courir ( ce qui n’était pas le cas avec un plan « traditionnel »)
      Par ailleurs, l’exemple de Grégory sur une épreuve de « malades » montre bien que les séances de fractionnées ne sont pas obligatoires .
      Qu’on se le dise !!!!

      1. Je ne peux rien ajouter à ce que dit Marc dans sa réponse ! Comme aux « Chiffres et des Lettres » : Pas mieux !

    2. @Valmente Merci pour ton message. Si tu es adepte de la méthode Cottereau alors je comprends que ma démarche te semble faire sens. Cela dit je ne veux pas faire de prosélytisme même si la teneur de certains de mes posts le laissent penser explicitement (en fait je force le trait pour être plus cash par effet de style). Je pense de plus en plus que chacun doit trouver sa propre voix, ce qui lui convient. Mais comme j’ai l’impression qu’il est difficile aux runneurs d’expérimenter d’autres pistes que celles qui sont actuellement enseignées à savoir la sacro sainte trinité : séance de VMA / la séance de tempo run (au seuil) et la sortie longue du WE et bien j’adopte un ton un peu provocateur pour dire : « Faire de l’endurance fondamentale pour 95 à 99% de son temps c’est possible ! Et cela peut donner de bons résultats ! Tenter, tester et éprouver ! ». Je suis comme toi pour mes sorties : à 100% au feeling, c’est le corps qui commande. Je n’analyse plus mes courbes et d’ailleurs je n’ai plus d’accéléromètre m’indiquant à quelle allure je cours, je n’en sais strictement rien. Et je ne peux que partager également ton analyse : « je ne me blesse plus depuis que je m’entraîne de cette manière…alors que je me suis blessé à répétition avant … lorsque je pratiquais des « séances dures ». Mais je ne suis pas certain non plus à 100% que c’est dû à mon nouveau mode d’entraînement. Je conserve mon scepticisme même aujourd’hui. Pour le recette de ces barres : une vraie tuerie (les recettes de Grossman in Un goûter à New York). Et c’est le livre de recettes que j’utilise le plus en pâtisseries dans la catégorie « comfort food US ». Envoie moi un mail perso à la page de « sur le runner qui écrit ». Je n’ai pas les droits de diffusion donc je ne peux les publier en public dans cette réponse. Merci pour ton intérêt.

      1. valmente

        Coucou ! Je t’ai envoyé 2 mails suite à ta demande (un 2e la semaine dernière) car je n’ai pas eu de réponse. Peut-être que les mails ont rejoint tes spams ? Sinon pour reprendre un peu la philosophie d’entraînement présentée et adoptée je me documente et j’applique depuis 3 semaines la méthode Maffetone (la FAQ du site pourrait énormément t’intéresser) 😉).

  10. Ping : Post partum X-Alpine…et après on fait quoi ? – Grégo On The Run

  11. wow quelle course,
    quelque part je m’y suis retrouvé pour avoir vécu en mode « traversée » pendant 9mois.
    Mais bon la comparaison s’arrête là, par ce que courir une traversée avec 52km 4000+ dans les jambes c’est une autre histoire.
    Bravo pour ta course et pour ton récit très immersif, on s’y croirait ! Chaud ton histoire de pisse, j’aurais flippé puissance 10.
    Dans la dernière bosse du dis, pas une autre x-alpine, maintenant qu’il ne reste que les bons souvenirs c’est toujours ton avis ? 🙂

    1. Merci pour ton message. « chaud ton histoire de pisse » : bien vue pour le jeu de mot. Tu as de la chance d’avoir ce magnifique terrain de jeu. « pas une autre X-Alpine »? et bien il est vrai que maintenant que le temps passe je me dis : pourquoi pas ? Même si la Eiger me fait de l’œil depuis longtemps…et qu’elle se joue une semaine après.

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