Analyse technique de mes deux derniers marathons New York 2011 / Londres 2013

Vous aimez les chiffres et les tripatouiller dans Excel ? Cet article est pour vous !

Oui le marathon est une guerre d’usure.

Les données d’analyse de mon marathon couru à Londres 2013 le prouvent une fois de plus.

Rappelez vous en 2011 j’avais utilisé mon tableur pour cruncher les données de New York et Cyrille Gindre (Volodalen) m’avait fait une analyse particulièrement pertinente, pour la relire c’est là ! Grosso modo les données aboutissaient à cette conclusion.

Pour le coup il était intéressant de superposer les données de mes deux derniers marathons courus avec le même chrono. Pour mémoire le marathon de New York 2011 fut couru en 3h 40min 41s et le marathon de Londres cette année en 3H 40min 27s soit à peine une minute de mieux. Au moins cela me simplifie la vie pour la superposition des données sur mon application préférée (Excel), je n’ai pas besoin de faire d’ajustements particuliers.

Entrons dans le vif du sujet et analysons l’évolution de l’allure au fur et à mesure de la course.

GRAPHIQUE 1 : EVOLUTION DE L’ALLURE SUR LE MARATHON DE NEW YORK 2011 ET LONDRES 2013

Evolution Allure New York Londres

PREMIER CONSTAT CONFIRME : L’ALLURE CIBLE N’EST PAS MAINTENUE SUR LES DEUX MARATHONS

L’allure chute dans les mêmes proportions. C’est assez étrange dans les deux cas, les premiers kilomètres (jusqu’au dixième quand même) sont courus à une allure plus rapide que  l’allure cible de 5min le kilomètre. Mais au départ impossible de se freiner, on est comme “emporté par la foule”. L’allure se normalise à partir du km 12 / 13 autour de l’allure des 5 min/km.

Pour Londres on peut se rendre compte que je tiens plus longtemps cette allure cible (du km 13 au km 32) alors que pour NY l’allure continue à dévier gentiment jusqu’à la fin.

Km 32, BIENVENUE, VOUS ETES DANS LE DUR (à défaut de mur) ! 

L’accélération de la baisse d’allure est notable passé le trentième km, il y a un réel point d’inflexion. Ce point d’inflexion est corrélé à la sensation physique durant la course. Il est très net que lors des deux marathons je ressens une vraie souffrance à partir du km 32 / 33 dans les deux cas. Je pioche, je dois me faire violence pour continuer à avancer, j’ai la sensation de peser très lourd. Les douleurs articulaires au niveau des jambes sont nettes. En revanche je ne ressens pas à proprement parlé d’une baisse d’énergie (baisse de glyco. relaté dans les témoignage de ceux qui “frappent le mur”) ou un problème d’ordre cardio vasculaire car au niveau du souffle tout va bien (endurance fondamentale). J’ai mal physiquement aux jambes et chaque foulée me demande de faire un effort pour m’arracher ! Dans les deux cas je ne m’arrêterai jamais de courir, de peur de ne pas repartir.

Conclusion, la souffrance au marathon en ce qui me concerne serait un problème de châssis et elle serait perceptible passé le Km 30.

Or, et c’est là l’observation intéressante que Cyrille Gindre avait faites : l’usure du “châssis” intervient beaucoup plus tôt, quasiment dès le début de la course. Analysons le graphique de la longueur de foulée enregistrée par le capteur S3 de mon Polar.

GRAPHIQUE 2 : EVOLUTION COMPAREE DES LONGUEURS DE FOULEES SUR NEW YORK 2011 et LONDRES 2013

Evolution Allure Londres New York

 

CONSTAT DEUX : OBJECTIVEMENT L’USURE SE CONSTATE DES LE DEBUT

Le graphique ci-dessus affiche l’évolution de la longueur de la foulée durant la course. Or que constate-t-on? Dès le cinquième kilomètre la foulée se raccourcie et ceci dans les deux marathons. Pour le marathon de Londres c’est même un quasi effondrement de la longueur de foulée sur les 5 derniers kilomètres, mais l’usure est bien là depuis le tout début.

(NB : ne pas comparer en absolue les valeurs entre les deux marathons car les capteurs de foulées étaient différents donc les données ne sont pas « normalisées entre elles »)

 

CONCLUSIONS :

L’analyse des données de course du marathon de Londres ne fait que confirmer ce qui avait été identifié à New York.  Le marathon est une guerre d’usure du “châssis”.

  1. L’allure chute tendanciellement tout au long de la course avec un point d’inflexion assez net passé le trentième km. La perception de l’effort (le début des souffrances phyiques perçues) correspond à ce point d’inflexion.
  2. En revanche, même si les sensations demeurent bonne jusqu’au trentième kilomètre la longueur de la foulée se raccourcit dès les tous premiers kilomètres. Ce raccourcissement de foulée est pourtant le symptôme d’une fatigue, d’une usure, mais qui n’est alors pas encore perceptible par le coureur (en tous cas moi 🙂

Leçons à tirer en terme d’entraînement. L’adage dit “qu’il faut certes ménager sa monture” mais dans le cas spécifique du marathon si l’on veut progresser, il semble nécessaire de la renforcer.

 

12 réflexions sur “Analyse technique de mes deux derniers marathons New York 2011 / Londres 2013

  1. bblmr

    Sympa de te lire de nouveau, au retour de ma petite sortie matinale (il doit faire 37° aujiourd’hui, donc mieux valait trottiner en tout début de journée…) de 15 km.
    Et bien, crois moi ou pas, mais j’ai senti la fatigue dès les premiers km !
    C’est tout de même étonnant comme analyse. Il serait intéressant de faire la même analyse en ne dépassant pas l’allure cible au début, mais il est vrai qu’il est aussi difficile de se freiner au début que de garder l’allure à la fin !
    bblmr

    1. Je savais que je pouvais compter sur bblmr pour tirer le plus vite. Et en plus après avoir couru 15 bornes ! Chapeau. Je ne pourrai pas lors de mon prochain marathon mettre le frein, l’objectif ne sera pas le chrono (pas le premier en tous cas) mais le fun.

  2. Hello Grégory,

    Voilà le retour des analyses, super intéressant ! Peut-être que le plein de malto avant et de gels pendant, ainsi qu’un negative split (courir avec le frein sur le premier semi) te résoudraient en partie ces petits soucis, tout en ajoutant une bonne dose de bonnes sensations sur la fin du parcours ? 🙂

    Quel est ton prochain marathon et ton objectif ?

    A bientôt,

    Arnaud https://twitter.com/alegrandrunning

  3. Oh la déception !
    Je m’attendais à trouver les séances type de crossfit (où assimilé) à inclure dans mon plan marathon qui commence la semaine prochaine 😉

    Et pour ton analyse, c’est quand même intéressant. Je suis presque d’accord avec Arnaud sur le respect de l’allure cible dès le départ. 30″ au kilo c’est beaucoup si on a passé des semaines à limer le bitume à 5’00.

    Pourquoi pas quelques séances de piste, en vérifiant l’allure au chrono tous les 200m ?
    5’00 au kilo, tu dois passer en 60″ pile chaque quart de tour 😉

    1. Du Crossfit j’en mange chaque semaine du lundi au vendredi. Cela fait du bien, j’ai pris deux kilos de muscles bien rouge : j’suis à point pour le 400 mètres ! Pour le marathon en revanche va falloir que l’incorpore du long (quoi!!!! Qu’est-ce que j’ai dit????). Et puis New York c’est d’abord les premiers 20 bornes à Brooklyn pas simple de mettre le frein.

  4. tu as passé quel % de ton entrainement en allure cible (seule ou à l’intérieur d’une sortie longue) ? combien de sorties longues avec du fast finish et combien de sortie longue sous forme de progression run ?

    1. 0% en allure cible / aucune sortie avec fast finish / et rien en progression run. En revanche j’ai fait des Box Jump / Over Head Squat / Handstand Pull Ups / Push Ups / des 400 mètres etc… 5 fois par semaine les 2 mois qui ont précédé Londres.

  5. J’adore tes analyses post-courses, c’est toujours intéressant de voir comment on peut chercher des infos pour tenter de progresser… et dans ce domaine, t’es le meilleur que je connaisse.

    1. Sacré flatteur ce Doune !!! J’sais pas ce que tu voulais me vendre à travers celle-ci ;-)) Mes encouragements pour ton UTMB? Mais voyons tu n’avais pas besoin de cela pour m’amadouer ;-))) J’étais accroché à mon smartphone pour te suivre en direct.

      1. Y avait aucune sous-flatterie la dessous… juste un commentaire sincère et honnête. J’aime bien triturer les chiffres dans tous les sens après courses pour voir où j’ai merdé et voir si ca collait avec mes sensations, et à ce niveau là, suis loin loin loin de ta qualité d’analyse.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s