Saintélyon 2012 : une histoire de coeur. Analyse des pulsations durant un raid nocturne.

« J’entends ton cœur qui bat qui bat …je ne sais pas s’il bat pour moi. » Interprète non identifié.

Donc il m’a semblé intéressant de faire une analyse des pulsations cardiaques d’une course surréaliste telle que la Saintélyon pour essayer d’en extraire quelque chose. J’avais en mémoire ce que Cyrille Gindre (Volodalen) avait écrit en analysant mes pulsations sur le marathon de New York en 2011.

J’avais été frappé par son commentaire que je cite ici : «  Niveau cardiovasculaire, on repère davantage une légère baisse de FC qu’une stabilité. C’est toujours ainsi lorsque la vitesse de course baisse. Cette baisse signifie que les muscles fatigués n’arrivent plus solliciter le système cardiovasculaire au même niveau. Le cœur ne fait que s’adapter à la moindre demande en diminuant sa vitesse de contraction et le débit de sang envoyé dans l’organisme. Sur ce point également, sur les longues distances le système cardiovasculaire n’est pas le premier facteur limitant. Dans les trails par exemple, les FC baissent à des niveaux bien supérieurs à ceux que l’on observe sur toi. (ici sur le marathon de NY) On repère la même chose en cas de surmenage (fatigue). » Cyrille Gindre (Volodalen)

J’ai souligné les points importants de son commentaire. En effet ce qui m’avait frappé c’est le fait de mentionner une BAISSE des pulsations au cours du temps alors que nous sommes plutôt habitués à entendre parler de dérive cardiaques au cours de l’effort et donc plutôt une augmentation des pulsations. Alors entrons dans le vif du sujet :

Analyse des pulsations cardiaques sur les premières 90 minutes de la Saintélyon 2012 :

STL v1

On constate bien une augmentation des pulsations pour atteindre une phase de plateau aux alentours de 157 – 159 pulsations cardiaques par minutes (cf. moyenne mobile 180 observations pour lisser le bruit).

Maintenant regardons tout l’enregistrement soit les 9 heures de course et là surprise !!!

saintélyon 2012 analyse FC v2

On constate bien un EFFONDREMENT GLOBAL des pulsations cardiaques et ceci de manière linéaire en fonction du temps, conformément au commentaire de Cyrille Gindre. Certes il y a bien un regain pour les 30 dernières minutes sur les quais de Saône et Rhône quand on sent la finish line approcher. Mais on est surpris de constater que je n’arrive même pas à dépasser les 140 pulsations cardiaques après 6 heures de course alors que lors des 90 premières minutes ma moyenne était proche de 160 !

Je ne toucherai plus JAMAIS les 160 pulsations même lors du sprint à l’arrivée alors que je cours à 6min30 le km, allure presque aussi rapide que lors des premiers 6 kms à Saint-Etienne.

Conclusion : après 5 heures de course l’organisme entre dans une période inédite, jamais vue à l’entrainement et pour laquelle il réagit de manière inédite. J’ai clairement senti (et je le mentionne dans mon récit) une très forte baisse de régime, une impossibilité » de monter dans les tours ». Etait-ce une fatigue physique ?  Pas vraiment, je n’ai à aucun moment eu envie de dormir, j’étais très clairvoyant durant toute la course. Mais au niveau respiratoire je sentais  « comme si quelque chose était bloqué », une impossibilité « d’envoyer » – même dans les descentes – comme si on m’avait mis au niveau cardio vasculaire (quelque part, je ne sais où) une courroie (une courroie de sécurité ?).

Je laisse la parole au spécialiste .. à suivre.

6 réflexions sur “Saintélyon 2012 : une histoire de coeur. Analyse des pulsations durant un raid nocturne.

  1. boblemar

    Intéressant.
    Mais je ne comprends pas comment tu arrives à remonter à l’approche du finish. Si c’était une barrière physiologique, tu n’aurais pas pu accélérer. Est-ce que le mental ne te freinait pas aussi ?
    Les éditions précédentes, tu avais ressenti ce phénomène ?

    1. Je ne sais pas trop. Disons que le fait de s’approcher de la ligne te pousse à puiser au fin fond de tes entrailles ce qui te reste d’énergie. Oui même constat sur les précédentes éditions, chute des pulsations cardiaques, plus aucun jus…mais néanmoins un dernier souffle lors des trois quatre derniers kilomètres.

  2. Vraiment sympa ton analyse !!
    Et même impressionnante, car malgré de rares pics, tu n’es jamais dans le rouge !!
    Une bonne prépa a également joué en ta faveur !!

    1. Pas vraiment Maya pas vraiment ! C’était justement pour démontrer à quel point je n’étais pas en condition. C’est de la fatigue qui m’empêcha de monter dans les tours. Tu l’aurais pas lu un peu trop vite mon article Maya ;-))

  3. Ping : Saintélyon 2013 : le récit d’une aventure nocturne. | Grégo On The Run

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