Trail de 36 kms des Portes du Vexin 2012 à Issou : ce n’est pas de la tarte !

C’est donc la deuxième fois que j’ai pris part à ce trail situé à 20 minutes des portes de Paris. Ce trail est toujours organisé le 1er mai -qu’on se le dise – et non le premier dimanche du mois de mai comme je le pensais. Cela m’avait valu deux jours auparavant de faire le pied de grue en attendant Jean-Yves au point de rendez-vous. La tarte au chocolat Valrhona sur une recette de Ladurée confectionnée par votre serviteur (aïe c’est assez long) était donc allée au congélateur pour attendre deux jours supplémentaires.

Du soleil mais des sentiers bien boueux ! A vos rangers…euh non, à vos Trabuco !

Finalement je n’ai pas regretté que la course ait lieu deux jours plus tard puisque c’est sous un soleil radieux que nous avons pris le départ à 9h30 dans le Parc d’Issou avec près de 130 traileurs. L’année dernière j’avais énormément souffert lors de ce trail qui m’avait rendu malade. Tout d’abord j’avais explosé au 28ième kilomètre pour finalement terminer à l’agonie en marchant (beaucoup) et en trottinant (très peu). J’avais bouclé ce trail parcourant champs de colza et prés de vaches en 3 heures 44 minutes 30  » (96ième sur 153 à l’arrivé, 63%), soit dans le troisième quartile (effectivement il faudrait que je change le libellé de mon blog). A l’arrivée je m’étais précipité sur du coca-cola (boisson que je ne bois jamais par ailleurs) et les biscuits salés dont le mélange – détonnant – dans mon estomac avait provoqué des spasmes de nausées pendant les trois heures qui suivirent la fin de la course et rallongèrent presque d’autant notre retour sur Paris puisqu’il fallait s’arrêter à toutes les aires d’autoroutes pour qu’éventuellement je puisse vidanger (ce qui n’arriva jamais). Quand je vous disais que j’étais maudit sur ce trail vous comprenez mieux maintenant. Et ne cherchez pas de compte rendu sur cette course 2011…j’en avais retiré tellement d’amertume que j’avais zappé purement et simplement le récit.

Donc l’objectif du jour n’était pas de pulvériser mon record, mais surtout de faire une course sans à coups et de terminer sans souffrance. Bref faire de ce trail une séance longue tout simplement.

Les deux pirates : moi et Jean-Yves

C’est donc avec un rythme de sénateur que je suis parti au coup d’envoi. J’ai laissé les fusées (dont Jean-Yves) partir devant moi, je n’allais plus les revoir. En fait mes sensations furent bizarres quasiment tout le long. J’ai couru avec un vétéran 2 sur les premiers 10 kilomètres en me demandant tous les kilomètres s’il n’allait pas me flinguer sur place en mettant une accélération. Et puis au vingtième kilomètre je me retrouve désormais bien seul avec les mêmes sensations de lourdeurs. Les sentiers sont boueux, heureusement mes trabuco GTX, que je n’ai pas rechaussées depuis la SaintéLyon font des merveilles, quoique je suis un peu surpris ; je les trouve un peu grandes, j’ai l’impression de patauger dedans….déjà que je patauge dans la boue avec. Bon, je n’y prête pas plus attention.

25ième Km je commence à me sentir pas très bien, heureusement le ravito est là me permettant d’ingurgiter pas moins de 8 abricots secs et 6-7 pruneaux, bref une vraie envie compulsive de prendre du sucre. Bien m’en a pris, puisque je reprends assez vite pied (c’était donc bien une petite hypoglycémie qui était en train de se tramer). Cela dit je cours toujours à mon rythme de sénateur de 6 min/km. Les petites montées sont assez coupe pattes mais je les négocie sans marcher en petits trots. Le dénivelé plus de ce trail est de +700 mètres donc pas de quoi fouetter un chat mais suffisamment pour bien m’émousser. Au trentième kilomètre j’ai la satisfaction de ne pas avoir mis le pied à terre comme l’année dernière et de pouvoir continuer. En revanche j’ai la sensation d’avoir des ampoules : c’est une première pour moi. Incompréhensible ! J’ai couru avec ces Trabuco près de 70 bornes sur la SaintéLyon sans rien ressentir. Oui mais oui mais…ce n’était pas avec les mêmes chaussettes de trail. J’avais pris les paires conçues pour l’hiver (plus épaisses) pour la STL alors que sur cette course je me suis contenté des fines paires. Je dois m’efforcer de ne pas y penser et de continuer ma route…je me dis que je pourrais toujours m’arrêter pour mieux serrer mes chaussures mais en fait je ne veux pas. C’est idiot les raisonnements que l’on peut avoir au bout de 30 bornes, je préfère encore continuer à souffrir plutôt que de m’arrêter tranquillement pour relacer mes chaussures…car j’ai vraiment la crainte (ou la flemme?) de m’arrêter de peur de ne pouvoir me relever et repartir.

Il ne reste plus que deux kilomètres j’en vois le bout je jette un coup d’œil à mon chronomètre… horreur, je m’aperçois, alors que je n’ai pas eu de coups de barres sérieux et que j’ai couru jusqu’à maintenant, que je vais à peine faire mieux que l’année précédente ?????

Le dénouement

Il reste 500 mètres dans le parc d’Issou. Je ne comprends pas pourquoi il faut faire un tel détour avant de remonter sur la pelouse pour franchir la ligne d’arrivée. Le speaker a largement le temps de lire mon numéro de dossard et de donner mon nom étant donné la faible fréquence d’arrivée des coureurs (à peine toutes les 30 secondes). C’est terminé en 3 heures 41 minutes 42 secondes… j’aurais pu faire un effort ! Avec deux secondes de mieux,  j’égalais mon temps du marathon de New York 2011. Mon classement est 75ième parmi 111 coureurs à l’arrivée ; oui merci de me le rappeler c’est dans le troisième quartile (67%) ! Si le temps est meilleur de 3 minutes (différence non statistiquement significative par rapport à l’année précédente), mon classement relatif a légèrement décliné.

Et voilà je retrouve enfin Jean-Yves qui a terminé avec deux minutes de mieux que l’année dernière en 3 h 29 min. Surtout ne pas prendre de Coca…la tarte au chocolat sortie du congèle nous attend ! J’enlève mes chaussures…pour mieux comprendre les raisons pour lesquelles je glissais dedans, j’avais omis de mettre mes semelles faites par le podologue qui étaient restées dans mes Kinvara (chaussures de bitumes). La malédiction a quand même un peu frappé même si je ne peux pas honnêtement attribuer ma performance à cette absence de semelles.

De gauche à droite Jean-Yves et une tarte décongelée après la course (pour l’anecdote, photo prise par le vainqueur du trail, Elric Oreal…merci à lui)

Comme j’aime bien les feuilles Excel voyons ce que peut nous dire les données de la montre Polar

Analyse technique des deux courses (2011 vs 2012)

Tout d’abord analysons les vitesses de courses

On s’aperçoit que je suis parti à une vitesse inférieure à l’année dernière lors du point de ravito (points ou les vitesses chutent) on fait  le constat qu’en 2012 je suis en retard. Finalement c’est sur les 5 derniers kilomètres que je récupère le retard par rapport à 2011 où l’on aperçoit bien la très forte baisse de régime que j’évoquais en préambule et qui fait qu’en 2011 cette course avait été un vrai chemin de croix.

Et le coût cardiaque?

Le coût cardiaque qui est le rapport entre les fréquences cardiaques et la vitesse permet d’apprécier l’effort fourni (en nombre de pulses) pour une vitesse donnée. Ce n’est pas la même chose d’avoir à fournir 150 pulses pour une vitesse de 12 km/h que 140 pulses. Donc, que nous révèle le graph? On constate moins de piques en 2012 ce qui peut s’interpréter comme un rendement en 2012 un peu meilleur qu’en 2011. Sur la fin du trail on fait le constat qu’en 2011 mon organisme était vraiment à bout puisque le coût cardiaque était alors assez élevé : mon organisme était éreinté par la chaleur, je suspecte même une insolation. Finalement au-delà de l’amélioration très modeste de la performance je peux faire le constat que ce trail a été beaucoup mieux vécu. A quoi l’attribuer? Un meilleur conditionnement (IE entrainement)? De meilleures conditions extérieures (température)? Un sommeil plus réparateur cette année que l’année dernière? Difficile de dire.

Le plus important est finalement d’avoir fait un sort à cette malédiction qui pesait sur moi lors de ce trail des portes du Vexin qui ne s’est pas transformé cette fois en Portes de l’Enfer.

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