Pourquoi je cours encore la SaintéLyon en 2011 ? Et pourquoi vous allez l’aimer !

Demain soir c’est le grand soir ! J’écris ce post avec devant moi une vue plongeante au loin sur le stade de Gerland et son palais des sports juste à côté qui accueillera les coureurs finishers de la SaintéLyon. Je suis arrivé hier soir dans l’appartement de la belle famille dont l’immeuble est situé à quelques encablures du parcours de la SaintéLyon pas très loin du chemin de Fontanières que j’espère pouvoir fouler du pied dimanche matin sur le coup des 7 heures – 7 heures 30…resteront alors 11 kms pour franchir le parc de Gerland via la Confluence et le Pont Pasteur.

Alors pourquoi je cours cette épreuve?

ANECDOTE DE BUREAU A PARIS AUTOUR DE LA MACHINE A CAFE

Moi : je vais courir la SaintéLyon, c’est un de mes objectifs de fin d’année

Collègue : Ah la SaintéMilion, la course super festive ! Celle où l’on te sert des verres de vin rouge aux ravitos, tu vas bien t’amuser, tu as prévu quel déguisement?

Moi : euh, non tu dois confondre avec le Marathon du Médoc. La SaintéLyon c’est une course entre Saint-Etienne et Lyon.

Collègue : Ah bon! Quel intérêt? C’est moche !

Moi : euh…disons que c’est…une belle épreuve…. bon et toi tu as fais quoi ce week end?

fin d’anecdotes (avec un s). Oui, car ce quiproquo je ne l’ai pas eu qu’une seule fois.

En effet qu’est-ce qui m’a poussé un jour à m’inscrire à cette course après s’être mis à la CAP 8 mois avant? Disons que c’est une course qui fait sens pour moi.

QUI SUIS JE?

A la question que mes amis (ou collègues parisiens) me posent : Tu es lyonnais ou stéphanois? C’est vrai que j’ai toujours donné une réponse alambiquée. Je suis un peu des deux ! Selon mon état civile je suis lyonnais car j’y suis né. Mais j’ai aussi habité toute mon enfance et adolescence à Saint-Etienne pour revenir à Lyon y faire toutes mes études. Par ailleurs, de père stéphanois et de mère lyonnaise…on a forcement des problèmes d’identité au bout du compte ! Alors qui suis-je? Stéphanois ou Lyonnais? En la matière je suis schizophréno-ambidextre : les 2 mon capitaine !

Remarquez lors des derbys de football Saint-Etienne – Lyon : mon coeur balance SANS HESITER pour les verts de Saint-Etienne n’en déplaisent à mes amis lyonnais. Que voulez vous, le virus de supporter est plutôt transmis par le père.  A noter que le départ de la SaintéLyon sera donné devant le stade Geoffroy Guichard cette année pour la première fois. Des souvenirs pour moi ce stade ? Oui et non, j’ai toujours vécu les grandes heures du stade Geoffroy Guichard par procuration. Né un peu trop tard ; durant la grande équipe des verts de 76, j’étais plus préoccupé par le fait de marcher sans me cogner, durant l’ère Platini, j’étais plus préoccupé par le fait d’écrire droit à côté de la marge, et durant mon adolescence j’étais plus préoccupé par mes boutons d’acnés qu’attiré par les affiches St Etienne-Gueugnon ou St Etienne-Chaumont…l’équipe étant alors en division 2. Mais je m’égare.

Cela dit, si je cours la SaintéLyon cela fait bien écho en moi, car plutôt que de devoir m’engager pour être l’un ou l’autre et bien je suis les deux ! Je suis SaintéLyonnais ! Voilà qui arrange bien mon affaire.

A QUAND REMONTE MON PREMIER SOUVENIR DE LA SAINTELYON ?

En classe de 4ième au collège à Saint-Etienne (au milieu des années 80), c’est la première fois que j’entends parler de cette épreuve. Notre prof de math, qui du jour au lendemain se mets à marcher en canard, nous annonce qu’il a un peu mal aux jambes car il a couru le week end passé la « SaintéLyon,  la course qui relit les 2 villes la nuit » (sic)! Je me dis, il est vraiment complètement maboul (déjà qu’il enseigne des maths), pourquoi s’infliger tant de souffrances ? Jamais je ne ferai une chose si absurde !

Quelques années plus tard, 1990. Le journal Le Progrès de Saint-Etienne sur lequel je tombe par hasard édite une pleine page sur l’épreuve qui a été très perturbée par de violentes chutes de neiges, seule une poignée de coureurs finiront la course malgré l’annulation plus ou moins officielle de celle-ci. Je me dis : « encore des malades, un peu maso ! Mais chapeau quand même ! Jamais, mais jamais je ne m’engagerai dans une telle galère ! »

Et c’est ainsi que 20 ans plus tard, je m’inscris à l’édition 2010…pour recommencer cette année. Car oui, au-delà du coup de coeur pour mes deux villes qui me sont chères et familières et que j’ai plaisir à retrouver, cette course a quelque chose de surréaliste.

LA SAINTELYON « La nuit cela n’a rien à voir » ! Courir avec un nouvel état de conscience.

J’aime beaucoup ce slogan. Oui courir la nuit c’est autre chose. Tout d’abord c’est une épreuve qui est inédite pour notre organisme. On ne court la nuit que dans de très rares occasions. Et pour ce faire on est en quelque sorte un peu transcendé. Nos sensations, nos sens sont un peu chamboulés, pour ne pas dire sublimés.

1/ Notre perception du temps qui passe est modifiée. L’année dernière je ne voyais pas le temps passer. Il filait à toute allure. 2H du mat, 3h, 4h du mat… jamais je n’avais couru aussi longtemps et pourtant les chiffres de mon Polar défilaient à toute vitesse.

2/ Une concentration requise par la course. Car il fait nuit, que le parcours est parfois difficile et qu’en dépit des lampes frontales il est nécessaire d’être très attentif aux obstacles. Cette concentration nécessaire fait que nous sommes dans un état d’esprit très différent de celui que l’on peut avoir lors des sorties longues en plein jour.

3/ Etat de conscience modifié au petit matin : après une nuit blanche, nos sens nous trompent. D’ailleurs le corps médical suggère de ne surtout pas conduire au petit matin sans avoir dormi (quant à la course à pied, il ne s’est pas encore exprimé)… On a l’impression de flotter, de ne plus être là. C’est ce qui m’est arrivé à l’aube. Pour être sincère je suis incapable de me souvenir de ce qui s’est passé entre 7 heures du matin et 8 heures. Enlevé par un OVNI?  J’ai été « réveillé » lorsque je suis tombé sur le panneau d’entrée de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, lieu de résidence de ma belle famille et qui m’attendait un peu plus loin. Mais avant…le trou noir !

Et puis la SaintéLyon c’est une fête des lumières avant l’heure. La fête des lumières à Lyon c’est une manifestation lyonnaise très célèbre qui a lieu le 8 décembre où nous mettons tous des lumignons sur le rebord des fenêtres. Et quant à nous, coureurs de l’épreuve, nos lampes frontales forment une vraie procession dans le montée après Sorbiers. Prenez votre temps à ce moment là pour levez les yeux, retournez vous pour regarder cette file indienne de lumière à laquelle vous faites partie. Là aussi, vos sens vont vous submerger.

Donc oui, la SaintéLyon c’est une course qui va vous offrir des expériences, des sensations inédites.

Et c’est un SaintéLyonnais qui vous le dit…en toute objectivité !

Bonne course.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s