Le marathon : une petite mort ! (suite et fin avec l’analyse de Cyrille Gindre de Volodalen)

Suite à mon article posté sur les facteurs explicatifs de l’usure que les coureurs peuvent ressentir durant un marathon (et notamment celui que j’ai couru début novembre), j’ai sollicité l’avis de Cyrille Gindre le grand architecte du site Volodalen.

Son analyse est non seulement beaucoup plus pointue et pertinente que la mienne, mais aussi plus indépendante, contrairement à celle que j’ai faite qui est entachée de projection. En effet il est difficile d’être l’analyseur et l’analysé !

Je vous la livre en substance ci-dessous :

ANALYSE DE CYRILLE GINDRE (VOLODALEN) DES MES DONNEES SUR LE MARATHON DE NEW YORK

On constate :

1/ Une perte continue de l’allure à partir du neuvième kilomètre et non pas une phase plateau

2/ Une perte de vitesse qui est en fait quasiment superposable à la perte de la longueur de foulée : cette dernière est bien le facteur explicatif de la baisse de l’allure ; elle-même symptôme de l’usure.

Concernant ce dernier point, le type de rapport entre perte de vitesse et perte d’amplitude est habituel. Il n’est pas rare qu’il y ait également une légère baisse de fréquence de foulée (ce qui n’est pas le cas ici) mais l’amplitude est toujours le paramètre le plus directement lié à la perte de vitesse en course à pied.

3/ Au niveau cardiovasculaire, on repère davantage une légère baisse de FC qu’une stabilité (contrairement à ce que j’avais mentionné dans mon post). C’est toujours ainsi lorsque la vitesse de course baisse. Cette baisse signifie que les muscles fatigués n’arrivent plus à solliciter le système cardiovasculaire au même niveau ; Le cœur ne fait que s’adapter à la moindre demande en diminuant sa vitesse de contraction et le débit de sang envoyé dans l’organisme. Sur ce point également, sur les longues distances le système cardiovasculaire n’est pas le premier facteur limitant. Dans les trails par exemple, les FC baissent à des niveaux bien supérieurs à ceux que l’on observe ici. On observe la même chose en cas de surmenage (fatigue).

Selon Cyrille Gindre, l’évolution de cette allure témoigne d’une fatigue musculaire qui dépend davantage de l’amplitude (qui sollicite davantage les muscles) et qui a plusieurs causes (réserves musculaires en sucres, processus inflammatoires locaux…).

UNE DECONNEXION TEMPORAIRE ENTRE SENSATION DE FATIGUE ET LES SIGNES DE FAIBLESSES DÉJÀ PRÉSENTS

Le fait singulier est que la sensation de fatigue ne se manifeste que beaucoup plus tard. Il y a une dichotomie entre la perception subjective de fatigue du coureur et des paramètres physique qui se dégradent beaucoup plus tôt. Dans mon cas sur le marathon, il y a dégradation dès le 9ième kilomètre alors que je commence à accuser le coup (sensation de lourdeur) au sortir de Brooklyn vers le vingtième kilomètre. Il est très probable que le caractère un peu exceptionnel de l’événement, et notamment un public hallucinant m’a donné des ailes et m’a permis d’être moins à l’écoute de mes sensations physiques.

Je remercie très chaleureusement Cyrille Gindre pour le temps passé à l’analyse de mes données.

4 réflexions sur “Le marathon : une petite mort ! (suite et fin avec l’analyse de Cyrille Gindre de Volodalen)

  1. sympa l’étude !!

    Si j’en conclus rapidement en lisant le tour de travers, tu n’as pas taper dedans à fond du maximum possible car tu as pris le temps de regarder le paysage c’est ça ?

  2. Ping : Saintélyon 2012 : une histoire de coeur. Analyse des pulsations durant un raid nocturne. « First Quartile Runners

  3. Ping : Analyse technique de mes deux derniers marathons New York 2011 / Londres 2013 | First Quartile Runners

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