20 Kilomètres de Paris 2011. Enfin le plancher des 1h30 franchi.

J’avais un temps de référence de 1h31 l’année dernière. Bien entendu l’objectif était de passer sous la fameuse barre.

J’avais fait en sorte que la semaine soit une vraie semaine d’affûtage. Une seule sortie VMA mercredi et c’est tout. Plus des hydrates de carbones à fond les ballons dès mercredi soir en terminant royalement par un risotto maison au lard de Colonnata samedi soir. L’objectif était de surcompenser un max. Et trois jours d’arrêt total m’ont fait le plus grand bien pour atteindre l’objectif.

Dimanche matin.

Réveil à 8 heures, on jette un coup d’œil à la fenêtre, et il pleut. Trop le bonheur ! Petit déjeuner composé de quelques tranches de pain à l’épeautre plus du beurre, plus un thé.

9 heures, il pleut toujours et je n’ai pas envie de pointer le bout de mon nez dehors. Je n’ai jamais couru une course dans ces conditions et je sens moyen l’attente de 45 minutes sous la pluie dans le sas. Je décide de partir au dernier moment. Mais il faut revoir sa stratégie de préparation de course, il sera trop tard pour laisser son sac. Alors je décide de partir en tenue avec le dossard sur le maillot. Et concernant ce dernier je prends mon windstopper déperlant Gore sur mon maillot Falke ; comme ça je ne serai pas mouillé, enfin pas trop.

Direction Trocadéro en métro.

9h35, je suis en bas du grand escalier du Trocadéro, direction le sas préférentiel (celui réservé aux coureurs de 1000 à 2000 ayant fourni un justificatif de performance d’une course similaire en moins de 1h35). C’est un peu la panique, puisqu’au moment où j’arrive les officiels ouvrent le sas à tout le monde, c’est la cohue. Et je ne pourrai pas retrouver Giao et Vincent avec qui j’avais rendez-vous à l’entrée du sas. Je fulmine mais ce n’est pas grave puisque j’arrive à me frayer un chemin et à me positionner pas trop mal.

10h00 : On a le grand privilège de passer devant la tribune officiel en marchant et de saluer le maître d’honneur en la personne de Michel Drucker qui vient de donner le coup d’envoi de cette course.

Cela bouscule un peu sur la montée, il y a beaucoup de monde, sas préférentiel ou pas.

Mon premier kilomètre sera le plus lent à 4.38.

Descente du bois de Boulogne : je me sens moyen en jambe il faut dire, heureusement que le plan est incliné. Grâce à cela j’arrive à faire entre 4.11 et 4.17 de moyenne sur 4 kilomètres. Puis c’est la fin du bois de Boulogne, le plan n’est plus incliné, je commence à souffrir… de la chaleur. Et oui, ma deuxième couche anti-vent et légèrement déperlante commence à me gêner, je serais mieux en T-shirt. Finalement je l’oublierai par la suite. Ma moyenne par Km baisse, je suis à 4.28 / 4.29 sur 3 kilomètres. Vers Auteuil, au 10 ième kilomètre je me remets en jambe (4.17 au 10 ième kilomètre et 43 minutes 40 secondes à son passage).

J’essaie de me concentrer sur ma foulée en essayant de la raccourcir et en augmentant la cadence. Je cale ma respiration sur ma cadence de course et là je ressens comme un état de bien être ou de grâce. Est-ce « l’expérience flux » dont fait allusion cet auteur au nom imprononçable de Mihaly Csikszentmihalyi (merci à la fonction copie colle). Je ressens cet état de plénitude où je suis totalement concentré sur ma course, où je ne souffre plus. Et cet état dure bien…euh comment dire…pas plus de 15 secondes. Néanmoins c’est à deux reprises, c’est déjà ça ! Dommage de ne pas pouvoir faire durer cela plus longtemps. Mais je suis dans un drôle d’état durant ces moments, presqu’anesthésié, totalement « replié sur moi, sur mes sensations », mais cela est trop fugitif. On est vite rattrappé par les stimuli extérieurs.

Sur les quais, je souffre, ma moyenne s’en ressent, du 13ième au 17ième mon allure chûte entre 4.25 et 4.38. Le public s’est amassé le long des voies ainsi que sur les ponts ; oui on a bien besoin d’encouragements. Ma femme m’attendra au 15ième ainsi que de l’autre côté de la Seine pour le dernier mille mètres. Sur les derniers mètres je suis décomposé. J’aperçois au loin l’arche sans vraiment être conscient d’avoir atteint ou pas mon objectif de passer en dessous de la barre des 1h30. Finalement j’aperçois le chronomètre avec le temps officiel de 1h28 avec un grand soulagement. Mon temps réel (puce) sera de 1h27 min 52 secondes.

Bilan de la course :

1/ De l’importance de la semaine d’affûtage. Et oui il faut savoir arrivé frais le jour de la course et ne surout pas culpabiliser de n’avoir quasiement rien fait les jours qui précèdent. Une séance de VMA ou HIT pour entretenir les mitochondries à J-4, c’est tout et c’est très bien

2/ La température et la bruine. C’est finalement très bien pour faire une perf. La température était idéale.

3/ L’expérience flux : j’avais déjà ressenti ces sensations fugitives à l’entrainement (toujours de durées courtes ; quelques secondes). Ce serait bien de pouvoir travailler sur les conditions permettant de ressentir cet état de grâce. Selon notre auteur (cf. plus haut) il conjugue à la fois une très forte concentration sur soi (sur sa foulée, sa cadence, sa respiration), un effort intense (ben tiens !), une grande maîtrise de ce que l’on fait (moins évident) ; trois facteurs qui, de mémoire (j’ai lu son bouquin il y a 5 ans déjà), sont indispensables pour ressentir cet état de conscience.

9 réflexions sur “20 Kilomètres de Paris 2011. Enfin le plancher des 1h30 franchi.

  1. Ben voilà !! On peut te parler maintenant même si ce n’est pas un semi ! 😉
    Chapeau à toi pour cette belle perf’ !! Tu as franchi cette barre de bien belle manière.
    Merci à toi pour le lien du livre. Ce type de sensations très fugaces sont vraiment agréables.

  2. Un petit devant l’autre, et hop ! on progresse… Paris ne s’est pas fait en un jour et tu as su redresser la barre depuis ton dernier semi-échec à Lyon.

    Well Done.

    C’est quoi la suite ? de retour sur les chemins Lyonnais pendant une nuit de décembre ?

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