Les effets de l’altitude sur la performance en course à pied

J’ai voulu tester les effets de l’altitude sur les performances d’une séance d’EPI (Entrainement Par Intervalles ou en anglais ce que l’on nomme l’Interval Training).

En effet il est coutume de dire que les runners qui ont passé quelques jours en altitude ressentent certains bienfaits une fois de retour au niveau de la mer.

J’ai passé une semaine de ski (de piste) à environ 1400 mètres d’altitudes dans la station des Saisies. Le jour du départ de Lyon j’ai fait une petite séance d’EPI classique sur les quais du Rhône. Et de retour de ma semaine passée en altitude j’ai eu l’occasion de refaire cette même séance d’EPI dans les mêmes conditions (même endroit, même heure…même enregistrement avec la montre Polar). J’ai été assez surpris par les résultats.

Alors commençons par le début et définissons le protocole :

Séance d’EPI (Entrainement par Intervalles)

20 répétitions de 15’’ / 15’’ (c’est-à-dire 15 secondes à une allure de 3.45 minutes le km et récupération de 15 secondes à une allure de 5 min le km).

Temps total de l’exercice : 10 minutes

Bien entendu il y a eu 30 minutes d’échauffement au préalable non enregistrés.

Lieu : Quai du Rhône à partir du Pont de l’Université en direction du Parc de Gerland.

Quand ?

ð  première séance le 12 mars au matin (à jeun)

ð  deuxième séance le 20 mars au matin (à jeun) APRES une semaine passée aux sports d’hiver.

Analyse OBJECTIVE des résultats :

Ci-dessous trois graphiques qui présentent consécutivement la superposition des séries des 2 séances pour les données suivantes :

1/ les allures des deux séances

2/ les FC (fréquences cardiaques)

3/ le coût cardiaque qui est la synthèse des deux éléments vus ci-dessus à savoir le nombre de battement par Km/h (si pour une même vitesse deux coureurs enregistrent pour l’un 150 pulses et pour l’autre 140, le deuxième coureur a un coût cardiaque plus faible que le premier).

Légende des graphs :

Couleur bleue = données de la première séance (AVANT le départ en altitude)

Couleur mauve/rose =  données de la deuxième séance (APRES la période d’exposition à l’altitude)

1/ Les Allures exprimées en Km/h des deux séances :

Ce graphique permet de constater que les allures effectuées lors de cet exercice d’EPI sont superposable (à quelques exceptions près). A noter que les vitesses de pointes sont plus élevées lors de la deuxième séance faite, notamment après la dixième répétition. A noter quand même que pour les 17ièm et 18ième répétition de récupération de la deuxième séance j’accuse un peu le coup en descendant à 10 et 9 km/h. Néanmoins j’ai à chaque fois plus de pèche lors de la phase de ré accélération pour monter à 16 et plus et ceci à chaque fois après la 10ième répétition.

2/ les FC (fréquences Cardiaques) des deux séances d’EPI :

C’est là que c’est le plus surprenant !!

Alors que l’exercice a été effectué à l’identique lors de la deuxième séance, les FC quant à elles ont pour le même effort (en terme de vitesse déployée) baissé sensiblement ! Les différences sont parfois de plus de 5 pulses. Et en fin d’exercice il n’y a finalement pas convergence, il y a plus de 4 pulses par minutes de différence.

3/ le coût cardiaque des deux séance d’EPI :


C’est la synthèse de ce que l’on vient de voir. Lors des phases intenses (les 15 secondes à près de 16 km/h et plus), le coût cardiaque est plus faible lors de la deuxième séance. La même allure nécessite moins de battements cardiaques.

Et quant à mes impressions subjectives ?

Et bien j’étais très entamé lors de ma séance initiale dès la 15ième répétition. J’ai fait les dernières répétitions au forceps !!! L’indice de Borg de cette séance était de 17.

Et lors de la deuxième séance, je n’ai jamais ressenti cette sensation de « cramage »…et pour tout vous dire j’ai mal compté mes répétitions puisque j’en ai fait 21 sans m’en rendre compte (elle ne figure pas dans les graphs). Indice de Borg lors de cette deuxième séance après le séjour en altitude : 16

BILAN :

En ce qui me concerne ce séjour en altitude a eu un impact positif sur les performances de ma séance d’EPI indiscutablement, aussi bien d’un point de vue objectif (les chiffres parlent d’eux-mêmes) que d’un point de vue subjectif. Un récent article du magazine Sport et Vie fait une bonne synthèse sur le sujet. Je vous invite à vous le procurer. Il indique notamment que les effets de l’altitude sont néanmoins assez discutés, il n’y a pas consensus parmi les chercheurs. Par ailleurs un point notable : les effets de l’altitude seraient différents selon les organismes. Certains y seraient plus ou moins sensibles. Par ailleurs se pose la question de la durée de ces effets bénéfiques.

3 réflexions sur “Les effets de l’altitude sur la performance en course à pied

  1. Bonjour ! Intéressante analyse, merci d’avoir pris le temps de nous partager cela. Je suis surpris de voir l’ampleur de l’effet pour une seule semaine. Il y a peut-être aussi un petit effet d’entraînement obtenu par le ski ? Mais si tu t’étais reposé en altitude, on dirait que c’est le repos ! Difficile de séparer les variables, mais si tu cherches un petit avantage pour ta prochaine course importante, et que tu as le temps de passer la semaine à la montagne… je ne dévoilerai pas ton secret ! Bonne course !

  2. Hello Martin,
    Tout à fait. J’ai fait en sorte que cette séance se fasse « toutes choses égales par ailleurs » en voulant isoler la seule variable « effet de l’altitude ». Lors de cette semaine aux Saisies je n’ai fait qu’une seule sortie d’endurance et du ski tous les autres jours. Le ski de piste ne sollicite pas vraiment le système cardiovasculaire, en tous cas tel que je l’ai pratiqué cette semaine. Après consultation auprès d’un spécialiste du sport qui a lu mon post, on peut dire sans trop se tromper que la variable explicative est quand même l’hypoxémie (effet de la raréfaction de l’oxygène sur l’organisme).

  3. Je ne suis pas sur que l’altitude des saisies soient suffisantes pour avoir des résultats remarquables… La différence d’altitude avec Paris n’est pas énorme. Je miserai plus sur le repos (et donc une certaine phase d’affûtage) pour expliquer ces résultats.

    Par contre, pour avoir séjourner une dizaine de jours au dessus de 4000m, avec des passages à 5000 et même 6000, lors d’un voyage en inde, au retour, je volais totalement… J’ai même battu mon record de la montée de la côte des gardes (moins de 9min20) sans forcer, ni être essoufflé.

    Pour avoir lu cet article de Sport & Vie, l’auteur insiste sur le fait que les résultats ne sont pas forcement au rendez-vous, et que cela dépend du sujet… détail à mon avis important à souligner.

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